dimanche 31 août 2014

ELO#177 - Gaza 2014: les artistes s’expriment



Dimanche 31 août 2014

Gaza 2014: musiciens, cinéastes et dessinateurs s’expriment
Campagne BDS France, Le Courrier (Genève), le 26 août 2014

La Campagne internationale de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) fait le point sur les artistes qui, tous domaines confondus, participent au boycott culturel des institutions israéliennes.

Comme à chaque reprise des bombardements sur Gaza, de nombreux musiciens ne veulent plus voir leur image tachée de sang et préfèrent annuler leurs concerts en Israël. Sans aucun commentaire politique, Neil Young, Paul Anka, Lana del Rey, Cee Lo Green, Wyclef Jean, Kelis, Femi Kuti, Terence Blanchard et les groupes Backstreet Boys, America, Megadeth ou Brian Jonestown Massacre ont annulé leurs visites prévues cet été, pour un total de pertes de 15 millions d’euros (18 millions de francs suisses) pour les promoteurs israéliens (1). Seule Sinéad O’Connor, qui avoue avoir reçu des promoteurs israéliens des propositions financièrement très avantageuses, a eu le courage d’affirmer sa sympathie pour le sort des Palestiniens, et d’accompagner son refus d’une demande de sanctions sur les autorités israéliennes (2).

Le silence habituel des artistes est le résultat des tentatives grandissantes de criminaliser la campagne de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël. En effet, les musiciens craignent les conséquences financières qu’une annulation pour motifs politiques peut leur faire encourir. Des pressions se sont également exercées sur celles et ceux qui ont exprimé, sur leurs pages web ou leurs comptes twitter, leurs émotions face aux massacres à Gaza (Mia Farrow, Madonna, Rihanna, Anoushka Shankar, John Legend, Bryan Adams, Ayelet Waldman, Selena Gomez, Zayn Malik...). Souvent suivies de réponses haineuses, d’injures ou de menaces, les artistes ont parfois été conduits à retirer leurs messages d’internet (3).

On ne peut alors qu’admirer l’intégrité et l’abnégation de ceux qui prennent la peine de s’exprimer sur le sujet en faveur des Palestiniens. Cette année encore, on a retrouvé les habitués du genre, comme Massive Attack, Roger Waters, Peter Gabriel, Brian Eno, Ken Loach, Angela Davis, Naomi Klein, Eduardo Galeano ou Henning Mankell. Ils ont été rejoint par Eddie Vedder, du groupe Pearl Jam, qui s’en est pris à l’armée israélienne pendant un concert (4), ou par Krist Novoselic, ancien bassiste du groupe Nirvana, qui l’a soutenu dans une lettre publiée sur son site web à la suite des réactions hostiles. Une vidéo montée par le collectif Freedom For Palestine a rassemblé une quarantaine de personnalités pour soutenir la Palestine, dont certaines inattendues, comme le rappeur Chuck D du groupe Public Enemy, les réalisateurs Jonathan Demme et Mira Nair, ou les auteurs Tony Kushner et Eve Ensler (5).

Des pétitions plus classiques ont recueilli les signatures des musiciens Nick Cave, Michel Bühler, Pascal Auberson, Serge Teyssot-Gay ou Silvio Rodriguez, des chorégraphes Gilles Jobin et La Ribot, mais aussi de nombreux artistes de cinéma comme le réalisateur espagnol Pedro Almódovar, le couple Javier Bardem et Penelope Cruz (diffamé au point de devoir contester par voie de presse l’accusation d’antisémitisme) ou encore les Suisses Jean-Luc Godard et Alain Tanner (6), le Finlandais Aki Kaurismäki, l’Iranien Asghar Farhadi, le Coréen Park Chan-Wook...

A la suite de la campagne, l’an dernier, contre le sponsoring du Festival de bande dessinée d’Angoulême par la société israélienne Sodastream, les dessinateurs et graphistes sont également en pointe de la solidarité avec la Palestine. Ainsi, outre les dessinateurs Zep et Cosey, signataires de la déclaration de solidarité des 600 acteurs culturels de Suisse avec la Palestine, le projet américain Handala Has a Posse (7) offre des dessins à la campagne BDS, et le projet français Humaginaire (8) publie des affiches de solidarité avec Gaza. Enfin, un collectif français est né, Artistes pour la Palestine, qui vise lui aussi à mettre des œuvres à la disposition ou au bénéfice du mouvement de solidarité avec la Palestine (9). Parmi les premiers signataires de ce manifeste, on trouve le peintre Ernest Pignon-Ernest et le dessinateur Jacques Tardi.

La plupart des demandes de ces musiciens, cinéastes ou dessinateurs ne visent que le respect du droit international, la fin des bombardements et du blocus sur Gaza, l’arrêt de livraisons d’armes à Israël par les gouvernements occidentaux et, plus généralement, la fin de l’occupation qui rend impossible toute solution juste à long terme. Elles visent également à convaincre leurs collègues artistes de rejoindre le boycott culturel des institutions israéliennes, de préférence en s’exprimant publiquement sur le sujet de la Palestine. Mais même silencieuses, ces annulations en masse ne peuvent que faire réfléchir les artistes qui reçoivent des invitations à jouer en Israël: mieux vaut les décliner aujourd’hui plutôt que d’avoir à les annuler péniblement plus tard. C’est également ainsi que progresse la campagne de boycott culturel d’Israël: comme une lame de fond (10).
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Musique et Gaza


Le premier morceau composé pour Gaza 2014, intitulé Boycott Israel, est l'oeuvre du rappeur vétéran Norvégien Don Martin, avec pour invités le rappeur Péruvien-Americain Immortal Technique, Eltipo Este de Cuba, le Sud-Africain Tumi et le Français Tonto Noiza, chacun chantant dans sa langue. A la fin, on entend l'extrait d'un discours de la célèbre écrivaine indienne Arundhati Roy, prononcé en septembre 2002:


Et d'autres:

La Palestine Pleure du Sang, par SLM, un petit groupe de rap francais:


Nakba, par Hamza, un jeune et talentueux rappeur de Lille:


Raise Your Head High, par Mohamed Assaf, le jeune chanteur de Gaza devenu superstar internationale après voir gagné le concours télévisuel Arab Idol, puis être devenu ambassadeur de bonne volonté de l'UNRWA:


Climbing Fences: The Occupation Song, par Sonia Montez:

Au festival de jazz de Marciac, un groupe d'artistes a fait une intervention sur la scène du off, en soutien à Gaza:
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Musique et Palestine: Samih el-Qasim


Mort de Samih el-Qasim, le 19 aout dernier. Moins connu que Mahmoud Darwish, il a aussi donné des poèmes qui ont contribué à soulever les foules en faveur des Palestiniens, aidé par leurs mises en musique, souvent par Marcel Khalife. Ainsi, son poème Muntasib al-Qamati Amshi est un véritable hymne, plus connu sous le nom Ana Amchi (Je Marche), qu'on trouve sur l'album Dreamy Sunrise de Marcel Khalife (1985):

Je Marche

Le corps droit je marche, tête haute je marche
Dans ma main un rameau d'olivier et sur mon épaule mon cercueil
Comme j'ai marché et marché, mon coeur est une lune rouge
Mon coeur est un jardin plein de lycium et de basilic
Mes lèvres sont un ciel où il pleut parfois le feu et parfois l'amour


Un autre, qui résonne si fort qu'il semble provenir directement de Gaza, Rubbama (Peut-être), plus connu sous le nom Saoukawem (Je résisterai), chanté par Julia Boutros (je n'ai pas trouvé de vidéo):

Je résisterai

Tu me dépouilleras peut-être du dernier pouce de ma terre
Tu jetteras peut-être ma jeunesse en prison
Tu éteindras peut-être toute lumière dans ma vie
Tu me priveras peut-être de la tendresse de ma mère
Tu pilleras peut-être l'héritage de mes ancêtres
Tu brûleras peut-être mes poèmes et mes livres
O ennemi du soleil
Je jure que je ne marchanderai pas
Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.


Et un dernier: Mort, je ne t'aime pas

Mort, je ne t'aime pas
Mais je ne te crains pas
Et je sais que mon corps est ta couche
Et mon esprit ton couvre-lit
Je sais que tes berges me sont étroites
Mort, je ne t'aime pas
Mais je ne te crains pas.


Lire aussi cet article:
« Mort, je ne t'aime pas » - dernier poème de Samih al-Qasim
Patrick Strickland, The Electronic Intifada, le 26 août 2014
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Palestine: que faire à part le boycott?


Les crimes d’Israël devant la CPI: Nous sommes près du but; ce qu’il reste à faire
Gilles Devers, le 9 août 2014

Renforcée par cette pétition que vous pouvez signer:

Ca saigne à Liège Airport comme à Gaza 
Les Liliths, le 26 Août 2014

Signez aussi la pétition de soutien à Alain Pojolat, poursuivi pour avoir organisé la manifestation interdite de soutien aux Gazaouis:

Compilation d'appels en soutien à Gaza sur le site de l'AURDIP:
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Etats-Unis


Sur les émeutes raciales aux Etats-Unis, un petit choix de trois articles, dont celui de notre ami Quadru:

Ferguson: comment la police américaine s'est militarisée
Jamelle Bouie, Slate, le 14 août 2014

De notre correspondant sur le front de la guerre sociale aux Etats Unis
Serge Quadruppani, le 15 août 2014

Ferguson: une survivante de l'Holocauste, de 90 ans et pro-palestinienne, arrêtée lors d'une manifestation 
Le Point, le 19 août 2014
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James Brown


Le film (Get On Up) sort à la fin du mois de septembre, mais je l’ai vu en avant-première, et je dois dire que j’ai été très déçu. Les décors et les costumes sont magnifiques, mais le scénario et les dialogues ne sont pas très bons, un peu caricaturaux, à l’américaine, avec trop d’importance donnée à des détails de sa vie privée rendus parfois artificiellement sensationnels.

Musicalement en revanche, c’est un plaisir, avec la plupart des scènes de concerts historiques doublées par la voix de JB lui même, mais il y a quelques morceaux de gospel où il est (très bien) doublé par la voix de Lee Fields. A propos de stars de la musique, c’est Dan Aykroyd qui joue son manager, Jill Scott qui joue la femme de JB, Aloe Blacc l’un de ses guitaristes et Dexter Allen l’un de ses bassistes…

Un extrait du film:

How To Pronounce James Brown:

How To Pronounce Soul:

Des vidéos rares sur le site officiel de James Brown:

James Brown, 4h de mix:

Reprise de Bobby Rush, the Roots et Dan Aykroyd, I'll Go Crazy:

Reprise de Janelle Monae et Stevie Wonder, I Feel Good:


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Autres musiques


Morts en juillet du guitariste de blues Johnny Winter et en août, dans un tout autre genre, de Pierre Vassiliu. Pour la peine, on s'écoute En Vadrouille à Montpellier qui, à l'époque, était sorti en 45 tours, mais pas sur un album. Et correction pour le mois dernier, ce n'est pas Teenie Hodges mais Skip Pitts qui jouait sur le disque de Bernard Lavilliers...

Fontella Bass et Bobby McClure, Don't Mess with a Good Thing (1965):


Al Green avec... Sacha Distel, A Shadow of her smile (1973):

Prince avec Lianna La Havas, Clouds:

Janelle Monae, Electric Lady:


Janelle Monae, Dance Apocalyptic, Live dans la rue à Brooklyn pour Pepsi:


Macy Gray, Bang Bang:

Macy Gray, Stoned:


Ledisi, Pieces of Me, Live dans la rue à la Nouvelle Orléans:

Saun and Starr, Hot Shot:


Deux titres acoustiques de Candi Staton à la radio:



L'album de Candi Staton en entier, :

Erykah Badu essaye de passer à la télé:

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Des concerts récents

Bettye Lavette à Paris, le 14 juillet 2014:

Bettye LaVette à Londres le lendemain, Like a Rock, mais surtout comment elle traite les connards:


Stevie Wonder et Gregory Porter à Jazz à Juan:


1h30 audio de la Daptone Review aux Eurockéennes 2014 (commencer à la 80eme minute):

North Sea 2014:

Porretta 2014:

samedi 5 juillet 2014

ELO#176 - Aretha Franklin à Montréal 2014


Samedi 5 juillet 2014

Ne reculant devant aucun sacrifice, votre chroniqueur préféré est allé jusqu'à Montréal pour faire un compte rendu du concert d'Aretha Franklin un peu plus précis que celui qui en a été fait par la plupart des  journalistes (contrairement à ce que beaucoup écrivent, elle n'a pas chanté The House that Jack built!)...

Le concert commence à 20h30, après une première partie médiocre assurée par le Dizzy Gillespie All Star Band, avec une Aretha en grande forme physique (elle a minci) et vocale qui se lance dans un Higher and Higher de Jackie Wilson, accompagnée d'un groupe de 20 musiciens (toujours dirigés par HB Barnum) qui laisse augurer d'une belle soirée. 

Elle enchaîne avec une très belle version de Angel, et puis arrive la première déception de la soirée...

Extraits des deux premières chansons:

J'ai du mal à comprendre ce qui se passe (j'ai une hypothèse que je partagerai avec vous en fin de message): elle a un groupe de 20 excellents musiciens, mais elle n'a pas de choristes. A ce moment du concert, elle lance donc... une bande playback de Jump to It (avec groupe au grand complet ET les choeurs pré-enregistrés)!!! C'est bien elle qui chante par dessus la bande, mais bien entendu c'est 100 fois moins bien qu'avec un groupe, la dynamique et la synchronisation sont imparfaites, l'implication est réduite... La plupart des journalistes ne s'en rendent pas compte, et pourtant les musiciens, en particulier le bassiste et le batteur, ne font même pas semblant de jouer, à part quelques uns dont je ne sais pas s'ils font 100% semblant ou s'ils rajoutent quelques notes à la bande son pré-enregistrée.

Après cette douche froide, elle enchaîne deux morceaux issus de BO de films sur lesquelles elle a travaillé: Waiting to Exhale et Sparkle (les morceaux sont donc It Hurts Like Hell et Something He Can Feel). Musicalement faibles bien qu'accompagnées par l'orchestre, Aretha continue néanmoins de m'impressionner par sa voix.

Deuxième douche froide: le guitariste entame l'intro inimitable de Chain of Fools. Aretha demande: "cela ne vous rappelle rien?"... avant de lancer, à nouveau, une "piste pré-enregistrée", et ce classique est aussi joué en "mode playback" (attention, pas la voix d'Aretha, mais la bande son des musiciens et des choristes derrière elle, comme une vulgaire chanteuse de supermarché. A $100 la place quand même, un beau cadeau d'anniversaire, on attendait mieux... Cette fois ci les journalistes ne peuvent pas ne pas s'en rendre compte puisque la bande son ne commence même pas au bon moment et que le technicien doit s'y reprendre a deux fois. Néanmoins, la plupart des journalistes croiront qu'il n'y a que les choeurs a être pré-enregistrés, alors que je vous certifie que les autres instruments le sont aussi...

C'est l'heure de l'entracte et Aretha sort se changer pendant que l'orchestre joue une musique de Stevie Wonder, puis débute Happy, de Pharell Williams. Elle revient alors sur scène pour en chanter un couplet.

Elle enchaîne cette fois ci avec Old Landmark... mais a nouveau en "mode playback"! A la fin du morceau, alors que le son baisse sur la bande (!!!), le vrai groupe enchaîne et prolonge le morceau pendant de longues minutes, pendant lesquelles Aretha se lance dans un prêche gospel. Prêche assez émouvant où elle parle du pronostic (non précisé) que lui ont fait les médecins il y a quelques années. Pronostic auquel elle n'a pas voulu croire: elle leur a dit qu'ils se trompaient, qu'ils ne la connaissaient pas, et que ça ne se passerait pas comme ça. Et puis elle est retournée à l'hôpital quelques années après et, miracle: "what they saw on the cat scan then was not there anymore", alleluyah. Je le dis sans moquerie, le prêche gospel correspondait bien à la teneur de ce qu'elle racontait, et ça venait du coeur, contrairement à la plupart des phrases toutes faites qu'elle récitait parfois entre les chansons...

Elle enchaîne ensuite, peut-être un peu trop vite après cette séquence émotion, avec I Never Loved a Man, cette fois ci en "mode orchestre", puis avec Till You Come Back to Me, encore en "mode playback", où la fatigue commence pour la première fois à se faire sentir.

Après un deuxième faux départ de la bande playback qui annonce que le prochain morceau sera Think, elle préfère se mettre au piano pour un morceau (un seul malheureusement, alors que d'habitude c'est le meilleur moment du concert!), peut-être pour se reposer un peu. Toujours aussi divine au piano (à mon goût), elle consacre cette pause à la mémoire de Whitney Houston (je n'ai pas entendu de mention de Bobby Womack), en jouant I Will Always Love You avec des photos kitch de Whitney qui défilent sur un écran sur scène.

Comme annoncé, c'est bien Think, en "mode playback" qui suit, suivi de Freeway of Love en "mode orchestre".

C'est la première fin du concert, mais l'orchestre continue sur un instrumental de Rock Steady en attendant qu'Aretha revienne pour le rappel attendu de Respect, en "mode orchestre", c'est a dire toujours sans choristes, ce qui est bien dommage sur ce morceau!

Elle sort, alors que l'orchestre continue sur un instrumental d'un morceau que je ne connais pas, du style Broadway, mais elle revient saluer et chanter un couplet de ce morceau. Avant de retourner dans les coulisses, elle... jette sa perruque au public, comme pour révéler à moitié le mot tabou, le grand C...

Pendant qu'elle est dans les coulisses et que l'orchestre continue de jouer, on comprend qu'il n'est pas clair pour les musiciens si elle veut continuer de chanter ou terminer le concert. Ils s'arrêtent donc de jouer avant que, pour la dernière fois, une bande son soit lancée par les techniciens, pour qu'Aretha chante sa dernière chanson, The Way We Were... depuis les coulisses!!!

Donc voilà. 18 morceaux, dont 6, mais pas les moindres, en "mode playback": quel intérêt? Cela ne "l'économise" pas puisqu'elle continue à fournir l'effort de chanter pendant que ses musiciens se reposent. Elle ne peut pas se payer 3 choristes de plus? Les musiciens présents ne pouvaient pas apprendre les 6 partitions supplémentaires de ces 6 classiques? Après le concert, j'ai croisé trois musiciens d'Aretha Franklin, et je les ai entendu parler... en québécois! Est-ce cela l'explication? Est-ce qu'elle ne voyage pas (ou en tout cas pas cette semaine) avec un groupe au complet, qu'elle engage sur place une partie des musiciens qui, à la dernière minute, ne peuvent pas apprendre 18 morceaux, en apprennent 12 et se font remplacer par une bande son pour les 6 autres? C'est scandaleux, mais ce serait au moins une explication rationnelle. Sinon, je ne comprends toujours pas. A l'issue du concert, les articles de journaux mentionnent les choeurs pré-enregistrés à deux occasions, mais peu de journalistes et peut-être peu de spectateurs se sont rendu compte qu'il n'y avait pas que les choeurs de pré-enregistrés, que le subterfuge s'est reproduit à 6 reprises, et pas seulement les 2 fois où la bande a commencé trop tôt, ce qui donne raison a Aretha: pourquoi se faire chier pour un public de sourds...

Quel dommage néanmoins. C'est d'autant plus frustrant que c'est la grande Aretha et que, physiquement et vocalement, c'est la meilleure performance que j'ai vu d'elle (à Montréal il y a 6 ans, le set au piano était fantastique, mais le reste était poussif, et à Boston il y a près de 20 ans, tout était de la guimauve, je n'ai jamais eu la chance de la voir avant)... Il n'aurait donc pas fallu grand chose pour qu'il soit génial...

NB: apparemment le lendemain elle a joué à Ottawa en fin de journée et en plein air, et on retrouve les mêmes commentaires:


NB2: sinon, j'ai raté le concert gratuit de Diana Krall, mais grâce à youtube j'ai pu voir le rappel où elle fut rejointe par Elvis Costello:

Ophelia et Whispering Pines (The Band):
Et puis Subterranean Homesick Blues (Bob Dylan):
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Les morts du mois


Horace Silver. Grand pianiste et compositeur de morceaux de jazz teintés de soul, pour lesquels il écrivait toujours des paroles, bien qu'elles n'étaient quasiment jamais chantées, sauf lors de reprises par d'autres! 

Horace Silver dans The Jody Grind:

Horace Silver, en simple accompagnateur de Sonny Rollins, aux côtés d'un autre géant, Thelonious Monk, dans Misterioso:

Dee Dee Bridgewater dans Song for my Father, chanson d'Horace Silver:

Teenie Hodges, guitariste aux côtés de son grand compagnon Al Green, et d'amis plus récents, Cat Power, et même Bernard Lavilliers:

L'énorme Bobby Womack, malade mais programmé pour jouer à Paris cet été, ne viendra finalement pas. Pour se remémorer Bobby Womack, un article et quelques photos:

Bobby Womack était aussi guitariste accompagnateur, par exemple sur ces tubes:

Des chansons jouées pour Bobby Womack le jour de sa mort:

Quelques chansons de Bobby Womack en duo:

Et plus de 9 minutes de Bobby Womack avec (They long to be) Close to you:

Après lui, quels géants de la soul restent vivants? Aretha Franklin, Tina Turner, Diana Ross, Sam Moore, Al Green, Stevie Wonder? Qu'ils chantent encore longtemps!
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Une playlist entière contre le fascisme:

Avec: Marine Le Pen (Katerine), Les loups (Serge Reggiani), J'préfère cent fois (Sinsemilia), Le bruit et l'odeur (Zebda), Le quotidien (Ridan), Lily (Pierre Perret & Les Ogres de Barback), Un jour en France (Noir Désir), Nuit et Brouillard (Jean Ferrat), Amis dessous la cendre (Serge-Utgé-Royo), Voilà, voilà, que ça recommence (Rachid Taha), La Bête (La Tordue), Né quelque part (Maxime Le Forestier), L'aziza (Daniel Balavoine), Le métèque (George Moustaki), Amstrong (Claude Nougaro), Ma ville est malade (Massilia Sound System), Hexagone (Renaud), Le temps ne fait rien à l'affaire (Georges Brassens), Ces gens-là (Jacques Brel), The Trial (Pink Floyd), La jeunesse emmerde le Front National (Béruriers noirs), Halte au front (Les Sales Majestés), "Pas de pleurs, pas de peur" (Pavlos Fyssas alias Killah P), Intro + Ni oubli ni pardon (Sang Mêlé, Mixtape AFA Paris-Banlieue, inclus souvenirs de Clément Méric), Je crois que ça pas être possible (Zebda), Sales racistes (Alpha Blondy), A Las Barricadas (1936), L'affiche rouge (Louis Aragon par Léo Ferré), The Partisan (Leonard Cohen), Motivés en version hommage à Victor Jara (Zebda), 15ème Festival antiraciste de Thessalonique (The Speakieasies), Tout le monde (Zazie), Salut à toi, illustré par des enfants du monde entier (Béruriers noirs)... Des suggestions pour la compléter? Ecrivez à:
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Dessinateurs


A l'occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, découvrez jusqu'au 31 août 2014, la fresque monumentale "Bataille de la Somme 1916" de l'artiste Joe Sacco dans le couloir de la station Montparnasse-Bienvenüe:

Je vous parlais du numéro 8 de l'autobiographie de Siné (disponible uniquement chez votre marchand de journaux), qui parle d'Algérie, de Vergès, de Cuba, de Malcolm X... il en parle aussi dans cette interview pour Paris Match: 

mercredi 4 juin 2014

ELO#176 - Little Miss Cornshucks

Mercredi 4 juin 2014

Il y a une éternité, à l'époque de Siné Hebdo, j'avais écrit une chronique sur la chanson Try a Little Tenderness. L'idée était de montrer que la version la plus connue, celle d'Otis Redding, avait été copiée sur celle de Sam Cooke, qui lui même l'avait copiée sur Aretha Franklin, alors peu connue...

Jeune chroniqueur, cet article m'avait traumatisé parce que j'y avais fait une grosse bourde qui m'avait immédiatement été signalée par un lecteur attentif, André Felder. En effet, en écrivant qu'Aretha Franklin était la première interprète noire de cette chanson, j'oubliais que Little Miss Cornshucks, que je citais pourtant, était tout aussi noire de peau qu'elle. Le fait est que je ne connaissais pas du tout cette Miss Cornshucks et, même si c'est inexcusable, je n'étais pas le seul...

Ca fait donc cinq ans que je veux réparer cette erreur et raconter l'histoire de Little Miss Cornshucks, encore une histoire d'un immense talent passé à deux doigts du succès, mais qui est vite tombé dans l'oubli. Le succès a préféré favoriser ses contemporaines dans un style analogue jazz-blues: Dinah Washington, Esther Phillips, puis Ruth Brown, LaVern Baker et Aretha Franklin, mais son histoire a elle n'a quasiment pas été raconté.


Née Mildred Cummings en 1923, sa carrière commence sur scène en 1940 lorsqu'elle s'invente le personnage de Little Miss Cornshucks (Petite Mademoiselle Grain de Maïs), habillée comme une petite fille naïve de la campagne, pieds nus, avec son panier d'osier, ses pantalons bouffants et un noeud sur la tête. Ceux qui l'ont vue à l'époque ont été marqués, à commencer par Ahmet Ertegun, futur fondateur de la maison de disques Atlantic, et nombreuses sont celles qui ont décidé de copier ce "look", de Ruth Brown à Judy Garland en passant par LaVern Baker.

A Chicago en 1943, elle remporte son premier succès à 20 ans avec la chanson So Long, qui lui permet de tourner pendant plusieurs années, avant de sombrer une première fois dans l'alcoolisme en 1946. De retour en Californie en 1947, elle apparaît dans un film et recommence à se produire sur scène et à enregistrer des chansons telles que Waiting In Vain, reprise quelques années plus tard par James Brown! Le succès la fait à nouveau boire, mais elle entreprend en 1951 l'une de ses séances d'enregistrement les plus productives avec, entre autres, une nouvelle version de So Long et sa première version de Try A Little Tenderness.

Mais Cornshucks est trop imprévisible et souvent introuvable, et Ahmet Ertegun, qui lance son label Atlantic, préfère signer des contrats avec les jeunes Ruth Brown et LaVern Baker, parfaitement capable d'imiter le style vocal et vestimentaire de Little Miss Cornshucks. Brown sort sa propre version de So Long qui est un énorme succès, Baker s'habille sur scène comme Cornshucks, et ce sont elles qui deviendront célèbres dans les années 1950, alors que Miss Cornshucks tombe dans l'oubli, certains la croyant même décédée.


Après une carrière d'à peine dix ans, elle reste donc dans l'ombre une petite dizaine d'années supplémentaires, hormis quelques apparitions sur scène. Elle retourne quand même une dernière fois en studio, et sa voix est intacte, pour enregistrer son seul album, qui sort en 1961, The Loneliest Gal In Town, avec quelques nouvelles chansons ainsi que les reprises de ses anciens succès, So Long, Try A Little Tenderness, etc. C'est probablement cette version que la jeune Aretha Franklin, elle n'a que 20 ans, entend, car sa propre version parue l'année suivante lui ressemble étrangement. Encore une fois, on fait mentir l'adage: le public préfère la copie à l'original...

Little Miss Cornshucks, ou Mildred Cummings, termine donc sa carrière à 38 ans. Elle vivra encore 38 années de plus, voyant ses chansons chantées par d'autres et ses imitatrices connaître le succès à sa place. Après avoir échoué à l'interviewer, le magazine Living Blues annonce sa mort en 1985 alors qu'elle a encore près de 15 ans à vivre, seule, à Dayton, Ohio où elle était née. Sa mort, en 1999, n'a même pas été annoncée dans les journaux...
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Mauvaises nouvelles


Mort de Christine Daure-Serfaty, Résistante et Juste, entre France et Maroc

Au Brésil, la Coupe est Pleine:


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Bonnes nouvelles


Ce n'est qu'après les 25% du FN qu'on trouve dans Le Monde un article intitulé: L'immigration aide l'emploi!

Consolons nous avec le départ de Val de France Inter, les ennuis judiciaires des Balkany, de Copé, de Sakozy, de Guéant, de Dassault, de Peltier, de Bygmalion...

Consolons nous également avec le dénommé Papas Fritas qui, au Chili, a volé et détruit 20.000 documents, annulant ainsi les dettes d'autant d'étudiants.

Je l'avais déjà annoncé, mais maintenant je l'ai lu et je peux vous dire que le volume 8 de l'autobiographie de Siné (disponible uniquement chez votre marchand de journaux) est vraiment excellente (Algérie, Vergès, Cuba, Malcolm X...), et que je vous le recommande chaudement...

12 juin 19h, 27 rue Jacob, P6: Le féminisme aujourd'hui, rencontre entre Mona Chollet (autrice de Beauté fatale), Leïla Miñano et Julia Pascual (co-autrices de La Guerre invisible). Réservation indispensable à: info@27ruejacob.fr
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Musique

Lee Fields, Just Can't Win:


Ledisi, Like This

Et quelques reprises originales, de I Got You Babe en punk rock par les Dictators en 1975, et de A Change is Gonna Come en reggae par Prince Buster en 1988...
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Concerts et Festivals de l'été


Cet été, les intermittents du spectacle perturberont peut-être vos festivals, mais c'est pour mieux préserver leur existence à long terme...

Jusqu'au 30 juillet Lyon: Nuits de Fourvière avec entre autres Bernard Lavilliers, Stromae, ZZ Top, Pixies, Faiz Ali Faiz, Carmen Linares, Juan Gomew Chicuelo, Angus et Julia Stone, Damon Albarn, Catherine Ringer, Buika, Titi Robin, Louis Chedid, Portishead, Dick Annegarn, the Excitements, Nicole Willis, Bobby Womack, Babyshambles...
Jusqu'au 7 juin (le premier samedi de chaque mois, à 16h) Carré Baudoin (121 rue de Ménilmontant, P20): Histoires de jazz et de musiques, conférences

4 juin Folies Bergères: Earth Wind and Fire Experience
5-8 juin La Ferté sous Jouarre: Ferté Jazz avec entre autres Lucky Peterson, Benoit Sourisse, André Charlier, Wayne Shorter, Richard Galliano...
5 juin Maroquinerie: Lee Fields
6-8 juin Andorre: Andorra Red Music Festival avec des rescapés de groupes des années 80 tels que Level 42, Spandau Ballet, Supertramp, Lisa Stansfield, UB40 et Maceo Parker
6-7 juin Montereau: Confluences avec entre autres Simple Minds, Morcheeba, Vigon, Bamy, Jay, Chic, Tom Novembre...
6 juin Grand Rex: Kool and the Gang
7 juin - 27 juillet Parc Floral: Paris Jazz Festival avec entre autres Paolo Fresu, Didier Lockwood, Kamilya Jubran, Kyle Eastwood, Cody Chesnutt, Manu Dibango, Snarky Puppy, Sylvain Luc, Pierre de Bethmann, Marc Ducret, Tigran, Fatoumata Diawara, Roberto Fonseca, Joshua Redman...
9-15 juin Montreuil: Festival Taparole avec entre autres Rocé, HK et les Saltimbanks, Richard Desjardins...
http://www.festivaltaparole.org/
11-15 juin Napa Valley (USA): Jazz getaway avec Eric Benét, Lee Ritenour, Ohio Players, Morris Day and the Time, Mavis Staples, Average White Band, Dirty Dozen Brass Band...
12-14 juin La Villette: Flamenco à la Villette avec entre autres le grand Miguel Poveda et la caompagnie Belen Maya
13-22 juin Montréal: les Francofolies, avec entre autres Stromae, Zaz, Ariane Moffatt, Keny Arkana, Emel Mathlouthi, Loco Locass, Robert Charlebois, Bombino, IAM, Zachary Richard, Lescop, Rachid Taha, la Rue Ketanou, Kery James...
13-15 juin Belleville: Irrueption avec entre autres Rocé, Tarace Boulba, une conférence de Belkacem Meziane et d'autres événements à venir...
http://irrueption-belleville.fr
13 juin BizzArt: Myles Sanko
14 juin Sunside: Enrico Pieranunzi et Simona Severini
16 juin New Morning: Manu Katché
17 juin New Morning: Fred Wesley
20 juin Bizz'Art: Lisa Spada
24 juin New Morning: The Soul Rebels
25-29 juin Samois: Festival Django Reinhardt avec entre autres Pat Metheny, Rodolphe Raffalli, Snarky Puppy...
25-29 juin Enghien: Jazz Festival avec entre autres Ben l'Oncle Soul, Ayo, Richard Bona, Jimmy Cliff, George Benson...
25-28 juin Blainville Crevon: Archeo Jazz avec entre autres Roger Hodgson, Jimmy Cliff, Ibrahim Maalouf...
25-28 juin Orléans: Orléans Jazz avec entre autres Pierre de Bethmann, Ibrahim Maalouf, Gregory Porter, Pat Metheny, Tiken Jah Fakoly...
25-28 juin Wolfisheim: Wolfi Jazz avec entre autres Pat Metheny, Ben l'Oncle Soul, Sanseverino, Ibrahim Maalouf, Electro Deluxe, Blitz the Ambassador, Sandra Nkaké, Lucky Peterson...
http://wolfijazz.com/
26 juin - 8 juillet Vienne (Autriche): Jazz Fest Wien avec entre autres Sharon Jones, Charles Bradley, Antibalas, Sugarman 3, Saun and Starr, Malia, Buika, Al Jarreau, Ambrose Akinmusire, Natalie Cole, Dr. John...
26 juin - 6 juillet Montreal Jazz Fest avec entre autres Ben Harper et Charlie Musselwhite, Buika, Marcus Miller, Marcio Faraco, Buddy Guy, Cécile McLorin Salvant, Ambrose Akinmusire, Cassandra Wilson, Angélique Kidjo, Roy Hargrove, Dianne Reeves, Mike Stern, Bill Evans, Bill Frisell, Elvis Costello, Burning Spear, Sly & Robbie, Bobby McFerrin, José James, Earth, Wind & Fire, Trombone Shorty, Lonnie Smith, Kenny Garrett, Farruquito, Ben Sidran, Aretha Franklin, Monty Alexander, Diana Ross, Gianmaria Testa, Rickie Lee Jones, Snoop Dogg, B. B. King, Gary Clark Jr., Oliver Jones, Mulatu Astatke, Diana Krall, Cody ChesnuTT, Quantic, Bombino, Bachar Khalifé, Lady, Sandra Nkaké, Nicole Willis, Little Freddy King, Terez Montcalm, Da Cruz...
26 juin New Morning: Soul Rebels
26 juin New Morning: Shemekia Copeland
27 juin - 30 aout Trélazé (Maine et Loire, gratuit!): Estival avec entre autres Simple Minds, Joshua Redman, Vigon Bamy Jay, Kool and the Gang, Tom Jones...
http://www.trelaze.fr/
27 juin - 12 juillet Vienne (France): Jazz à Vienne avec entre autres Paolo Conte, Kool and the Gang, the Commodores, Ibrahim Maalouf, Robert Plant, Nikki Yanofsky, Buddy Guy, Ben l'Oncle Soul, Sharon Jones, Charles Bradley, Sugarman 3, Jeff Beck, Jamie Cullum, Richard Bona, Manu Katché, Stefano di Battista, Daniel Humair, Eric Legnini, Bobby Mc Ferrin, Kenny Garrett, Youssou N'Dour, Taj Mahal, Gregory Porter, The Roots, Stevie Wonder...
27 juin - 6 juillet Oloron Ste Marie: Jazz à Oloron avec entre autres Zakir Hussain, Paolo Fresu, Snarky Puppy, Richard Bona, Kenny Garrett...
27-29 juin Marmande: Garorock avec entre autres Massive Attack et FFF
27-29 juin Hippodrome de Longchamp: Solidays avec entre autres La Rue Ketanou, M, Disiz, FFF, Patrice, The Gladiators, Kendra Morris, De La Soul...
27 juin Bizz'Art: Rajdulari
28 juin Olympia: George Benson
28 juin Cabries (Bouches du Rhone): Imagination et Boney Fields
29 juin - 6 juillet La Défense (gratuit): Jazz Festival avec entre autres Sharon Jones, Antibalas, Charles Bradley, Sugarman 3, Staff Benda Bilili, Ambrose Akinmusire...
30 juin - 6 juillet Cognac: Blues Passions avec entre autres Ben l'Oncle Soul, George Benson, Taj Mahal, Robert Plant, Jon Cleary...
30 juin Cigale: George Benson
30 juin le Point Ephémère: Myron E
1 juillet - 4 aout New Morning: All Stars Festival avec entre autres Tony Joe White, Jon Batiste, Take 6, Ambrose Akinmusire, Brooklyn Funk Essentials, the Brecker Brothers, the Souljazz Orchestra, Lonnie Liston Smith, Mike Stern, Bill Evans, Otis Taylor, Keb Mo, John Scofield, Roy Hargrove...
1-8 juillet Paris: Days Off avec entre autres Damon Albarn et Eels
1-3 juillet Duc des Lombards: Lalah Hathaway
1er Juillet Divan du Monde: Nikki Yanofsky
2 juillet Théatre de l'Odéon: Ahmad Jamal
3-6 juillet Nouvelle Orléans: Essence Festival avec entre autres Prince, Charlie Wilson, Lionel Richie, Jill Scott, Ledisi, Erykah Badu, Leela James, Mary J. Blige, Janelle Monae, Nile Rodgers, The Roots, Robert Glasper...
3 juillet Théatre de l'Odéon: Lucky Peterson
4-19 juillet Montreux: Jazz Festival avec entre autres Tiken Jah Fakoly, Buddy Guy, Buika, the Eels, Outkast, Massive Attack, Booker T. Jones, Jamie  Cullum, Stefan Eicher, Robin Thicke, Mulatu Astatke, Monty Alexander, Archive, Dr. John, Sharon Jones, Charles Bradley, Antibalas, Sugarman 3, Saun and Starr, Manu Katché, Van Morrison, Mavis Staples, Stevie Wonder, Michael Kiwanuka, Damon Albarn, Keb Mo, Babyshambles, Herbie Hancock, Wayne Shorter, Morcheeba...
4-6 juillet Belfort: les Eurockéennes avec entre autres Stromae, Sharon Jones, Charles Bradley, Antibalas, Sugarman 3, Gaetan Roussel, the Black Keys, Patrice, Robert Plant...
6-4 juillet Saint Paul: Soul Jazz avec entre autres Raphael Wressing et Sir Joe Quaterman...
7-20 juillet Herault: Festival de Thau avec entre autres les Ogres de Barback, Trombone Shorty, Robin McKelle, Zebda...
7-9 juillet Théâtre de Paris: Lalala Unplugged Festival avec entre autres Keziah Jones, Arthur H, Valerie June, Suzanne Vega, Catherine Ringer, Sinead O'Connor...
8-20 juillet Montréal: Nuits d'Afrique avec entre autres Tiken Jah Fakoly, Nomadic Massive, Sierra Leone Refugee All Stars, Black Bazar, HK et les Saltimbanks, Labess, Le bal de l'Afrique enchantée...  
8-12 juillet Nice: Jazz Festival avec entre autres Patrice, Ben l'Oncle Soul, Keziah Jones, Richard Galliano, Cecile Mc Lorin Salvant, Snarky Puppy, Ibrahim Maalouf, Electro Deluxe, Kenny Garrett, Har Mar Superstar, Dr. John, Robin Mc Kelle, Cody Chesnutt, Joshua Redman, Ed Motta, De La Soul, The Daptone Super Soul Revue, Galactic, Nikki Yanofski...
10-19 juillet Gand (Belgique): Gent Jazz avec entre autres Manu Katché, Bobby Mc Ferrin, Kellylee Evans, Ibrahim Maalouf, Joshua Redman, Charles Bradley, Jose James...
11 juillet - 9 aout Vence: Les Nuits du Sud avec entre autres Garland Jeffreys, Bernard Lavilliers, The Wailers, Bootsy Collins, IAM...
11-20 juillet Perrugia (Italie): Umbria Jazz avec entre autres Sharon Jones, Charles Bradley, Antibalas, Sugarman 3, Saun and Starr, Dr. John, Herbie Hancock, Wayne Shorter, Monty Alexander, Natalie Cole, the Roots...
11-20 juillet Juan: Jazz à Juan avec entre autres Chic, Sly and the Family Stone, George Benson, Jamie Cullum, Manu Katché, Booker T. Jones, Stevie Wonder, Gregory Porter, Naomi Shelton...
11-13 juillet Rotterdam (Pays-Bas): North Sea Jazz Fest avec entre autres Pharell Williams, Mavis Staples, Gregory Porter, Joshua Redman, Robert Glasper, Booker T. Jones, Al Jarreau, Quincy Jones, Nikki Yanofsky, Martial Solal, Snarky Puppy, Ibrahim Maalouf, Kenny Garrett, Outkast, Chic, Hall and Oates, Sharon Jones, Charles Bradley, Antibalas, Sugarman 3, Saun and Starr, Buika, Electro Deluxe, Neneh Cherry, Stevie Wonder, Lalah Hataway, Sheila E, Wolfman Washington, The Rebirth Brass Band, Dr John, Dr Lonnie Smith, Zara McFarlane, Kelis, Natalie Cole, Henry Butler, Ambrose Akinmusire, Bootsy Collins, Galactic, Pharoah Sanders, Robin Thicke, Christian Mc Bride, Manu Katché, Cécile McLorin Salvant, Chucho Valdes...
11 -13 juillet Birmingham: Mostly Jazz, Funk and Soul Festival avec entre autres Earth Wind and Fire Experience, Mavis Staples, Courtney Pine, Ginger Baker, Heliocentrics, Omar Souleyman, Cody Chesnutt...
11 juillet Palais des Sports: les Jacksons!!!
12-19 juillet Sète: Jazz à Sète avec entre autres Jeff Beck, Joshua Redman, Gregory Porter, Dr. John, Nikki Yanofsky, Bettye Lavette...
13-20 juillet Stuttgart (Allemagne): Jazz Open avec entre autres Jimmy Vaughan, Gregory Porter, Snarky Puppy, Van Morrison, Mavis Staples, Jeff Beck, Keb Mo, Herbie Hancock, Wayne Shorter, Jame Cullum, Dr. John, Simone, Cody Chesnutt, Ed Motta, Ledisi..
14-19 juillet Cahors: Blues Festival avec entre autres Johnny Winter, Pura Fé, Toni Green, Eric Burdon, Ben l'Oncle Soul, Otis Taylor...
14 juillet Cabaret Sauvage: Bettye Lavette
15 juillet Cabaret Sauvage: Taj Mahal
16-20 juillet Segré: Saveurs Jazz Festival avec entre autres Maceo Parker et Ibrahim Maalouf
16 juillet Cabaret Sauvage: Moriarty
17-26 juillet Marseille: Jazz des 5 continents avec entre autres Electro Deluxe, Trombone Shorty, Jeff Beck, Lucky Peterson, Ahmad Jamal, Nils Petter Molvaer, George Clinton, Herbie Hancock, Wayne Shorter, Gregory Porter, Ibrahim Maalouf...
17-20 juillet Porretta (Italie): Soul Festival avec Jimmy Hall, Carla Russell, Toni Green, Jerry Jones & Chilly Bill Rankin, Vaneese Thomas, Guitar Shorty, Frank Bey & Anthony Paule Band, Denise LaSalle...
17-20 juillet Carhaix: Les Vieilles Charrues avec entre autres The Black Keys, Stromae, Miossec, Tinariwen, Detroit, Arctic Monkeys, Ky Mani Marley...
17-20 juillet Hôtel de Ville: Fnac Live avec entre autres Arthur H, Gaétan Roussel, Gregory Porter, Ben l'Oncle Soul, Bernard Lavilliers...
20 juillet - 10 aout New York: Lincoln Center Out of Doors avec entre autres Roberta Flack, Davell Crawford, Cassandra Wilson, the Campbell Brothers, Charles Bradley...
20 juillet Cabaret Sauvage: Bunny Wailer
22 juillet Cabaret Sauvage: Oscar D'Leon24 juillet - 8 aout Sète: Fiesta Sète avec entre autres Bootsy Collins, Aziz Sahmaoui, Nino Josele, Keziah Jones, Anthony Joseph, Susheela Raman, Mamani Keita...
24-27 juillet Charlton Park (UK): Womad festival avec entre autres Alice Russell, Mulatu Astatke, Snarky Puppy, Bobby Womack, Manu Dibango, Trombone Shorty, Youssou N'Dour...
24 juillet Cabaret Sauvage: George Clinton
25 juillet Bellevilloise: DJ Spinna, tribute to Stevie Wonder
28 juillet - 15 aout Marciac: Jazz à Marciac avec entre autres Jeff Beck, Lucky Peterson, Chick Corea, Stanley Clarke, Herbie Hancock, Wayne Shorter, Ibrahim Maalouf, Kenny Garrett, Ahmad Jamal, Dee Dee Bridgewater, Cecil McLorin Salvant, Jamie Cullum, Richard Galliano, Wynton Marsalis, Gregory Porter, Jimmy Cliff, Monty Alexander...
28 juillet - 2 aout Vannes: Jazz à Vannes avec entre autres le Bal de l'Afrique Enchantée, Sandra Nkaké, Joshua Redman, René Urtreger, Gregory Porter, Chick Corea, Stanley Clarke, Magic Malik, Ahmad Jamal, Andy Emler...
30 juillet - 2 aout Narbonne: Jazz à l'Hospitalet avec entre autres Maceo Parker, Ben l'Oncle Soul, Boy George...
29 juillet Cabaret Sauvage: Fred Wesley et Bibi Tanga
30 juillet Olympia: Bobby Womack
31 juillet Cabaret Sauvage: Cheick Tidiane Seck
1-2 aout Saint Nazaire: Les Escales avec entre autres Ben l'Oncle Soul, Tinariwen, Bootsy Collins, Keziah Jones, Bobby Womack...
1er août Cabaret Sauvage: U-Roy
7-17 aout La Petite Pierre (Alsace): Au grès du Jazz avec entre autres Paolo Fresu, Keziah Jones, Roy Hargrove, Bireli Lagrène, Gregory Porter...
13 aout Hollywood Bowl (USA): Hommage à James Brown avec D'Angelo, Fred Wesley, Pee Wee Ellis, Jabo Starks, Clyde Stubblefield, Danny Ray, Angélique Kidjo, Bettye Lavette, Aloe Blacc, Christian McBride...
22-24 aout Saint Cloud: Rock en Seine avec entre autres Arctic Monkeys, Blondie, Janelle Monae, Gary Clark Jr, Portishead, Tinariwen, Selah Sue...