mercredi 18 janvier 2017

ELO#262 - Plein de musique pour commencer 2017


18 janvier 2017

Des chansons et des clips du monde arabo-musulman, de pays dont on n'a pas l'habitude d'écouter la musique:

Du Soudan: Alsarah - Ya Watan (2016)

D'Arabie Saoudite: Majedalesa - Hwages (2016)

Du Sahara Occidental: Aziza Brahim - Calles de Dajla (2016)

D'Algérie: Imarhan - Imarhan (2016)

Du Liban: Mashrou' Leila - Bahr 360 (2016)

Et de Palestine: Dabke dans un lycée de jeunes palestiniennes de Jérusalem (2016)
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Donald

Bonne nouvelle, Aretha Franklin, Madonna, Cher, John Legend, Justin Timberlake, Bruno Mars, Elton John, Celine Dion, Moby, Jennifer Holliday, R Kelly, The Bee Gees, The B Street Band, Andrea Bocelli et Garth Brooks ont refusé de chanter pour l'investiture de Trump cette semaine.

Stevie Wonder, on ne lui a même pas demandé parce qu'il était occupé à écrire des chansons pour Michèle Obama, Isn't She Lovely / My Cherie Amour:

Et Aretha Franklin, le jour de Thanksgiving 2016, transformait l'hymne national américain en chant gospel à l'occasion d'un match de la NFL dans sa ville de Detroit:

Allez, pour faire bonne mesure, le bilan d'Obama:

Obama, entré dans l’histoire sans la changer
Laura Raim, Regards, le 13 janvier 2017
http://www.regards.fr/web/article/obama-entre-dans-l-histoire-sans-la-changer
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Musique plus ancienne
 

De France: Soviet Suprem Party (2014):

Du Pérou: des claquettes de Eusebio Sirio et Caitro Soto (1983):

Et de Jamaïque: trois morceaux des Beatles en reggae: Ob La Di Ob La Da par Joyce Bond, Don't Let Me Down par Marcia Griffiths et Here Comes The Sun par Peter Tosh, les trois reprises dans l'année qui a suivi la sortie de l'originale (soit entre 1968 et 1970)!
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USA toujours

Une incroyable petite vidéo de 5 minutes a fuité du Pentagone pour se retrouver sur le site du magazine américain The Intercept.

Elle décrit le futur vu par l'armée américaine, les bouleversements climatiques, économiques, sociaux, l'urbanisation galopante, mais aussi les tensions criminelles, ethniques et culturelles, réelles ou fantasmées, les dangers qui les accompagnent... et la nécessité, pour l'armée américaine, d'y faire face.

Terrifiante mais magnifique, cette vidéo situe (encore une fois) la fin du monde vers 2030 (on est donc bien tous d'accord!), date à laquelle la situation sera tellement tragique qu'il faudra se battre, ou changer de planète...

Megacities: Urban Future, the Emerging Complexity
Pentagon's Joint Special Operations University, Youtube, le 14 octobre 2016

mercredi 11 janvier 2017

ELO#261 - George Michael et la Politique!


11 janvier 2016

C'est un défi que je me suis lancé, d'écrire un article sur George Michael et la Politique:

Si George Michael commence avec des chansons légères et dansantes (et pas géniales musicalement) dans une Angleterre déprimée par Thatcher, ce n'est pas pour glorifier le régime, mais au contraire, pour célébrer le DHSS, le RSA anglais de l'époque. Ensuite il défend le sexe contre une morale et des tabous conservateurs et hypocrites. Dix ans plus tard, dans Outside, il prône encore l'amour libre et se moque de son arrestation pour attentat à la pudeur dans un lieu public aux USA par un policier déguisé en homosexuel, avec un clip très drôle.
-Wham Rap! (1982)
-I Want Your Sex (1987)
-Outside (1998):


Très vite, il se spécialiste dans les chansons mélancoliques et aborde les difficultés de la vie. Praying for Time peut faire partie, en bonne place, de la compilation des chansons pour la Fin du Monde, que je suis en train de préparer (!). La troisième est plus spécifiquement sur le SIDA, et la quatrième sur le suicide.
-Hand to Mouth (1987)
-Praying for Time (1990):
 
-Spinning The Wheel (1996)
-My Mother Had A Brother (2004)

Dans le fameux concert de 1988 pour les 70 ans de Nelson Mandela, alors toujours en prison, George Michael chante Village Ghetto Land de Stevie Wonder, If You Were My Woman de Gladys Knight, et Sexual Healing de Marvin Gaye, donc trois interprètes Noirs:

Il s'exprime aussi très explicitement contre la guerre, en plein pendant les guerres en Irak où l'Angleterre de John Major et Tony Blair est impliquée, aux côtés de George Bush, père et fils. Si, là encore, je ne trouve pas que ce soit très réussi musicalement, Shoot The Dog, avec son clip, est particulièrement violente contre George Bush traité d'idiot, et contre Tony Blair traité de petit chien de Bush, et dont il souhaite la mort. En concert, le petit chien en question suce la bitte de Bush, sous forme de poupées gonflables géantes. En interview sur la BBC, il s'exprime contre la guerre en Irak et les bombardements de la Cisjordanie par Ariel Sharon, et il n'hésite pas à demander à ce qu'on s'occupe de la Palestine. Les deux dernières chansons sont des reprises de chansons contestataires, de Don McLean et Rufus Wainwright respectivement.
-Mother's Pride (1991)
-Shoot The Dog (2002 et 2007):


-Interview (2003):

-The Grave (2003)
-Going To A Town (2014)

Enfin quand, en 1999, il décide de faire un album de reprises jazzy (Songs from the Last Century), il reprend des chansons assez sérieuses, dont certaines politico-sociales comme Brother, Can You Spare a Dime Roxanne ou Miss Sarajevo.
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Autres morts de 2016

La dernière mort célèbre de 2016, après celle de George Michael, fut celle de Pierre Barouh, le 28 décembre. Figure sympathique et discrète, mais qui a fait beaucoup pour la chanson française et brésilienne en France, auteur de la musique de Un Homme et Une Femme, il a utilisé cet argent pour faire découvrir la Bossa Nova, des chansons et des artistes brésiliens, mais surtout pour créer la maison Saravah (« Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire ») qui a lancé plein de jeunes musiciens, dont Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, Areski Belkacem, Pierre Akendengué, Naná Vasconcelos, Maurane, Allain Leprest ou Bïa... J’adore sa version française de Samba Saravah où il s’explique à ce sujet.

Ce qui donne un bilan morbide pour 2016:
–Musique : Otis Clay, David Bowie, Blowfly, Maurice White, Gianmaria Testa, Gato Barbieri, Prince, Alan Vega, Papa Wemba, Billy Paul, Leonard Cohen, Leon Russell, Sharon Jones, Joe Ligon, George Michael, Pierre Barouh...
–Dessin : Siné, Chimulus, Puig, Gotlib, Mix-et-Remix...
–Autre : Mohamed Ali, Abbas Kiarostami, André Clergeat, Jean-Pierre Bony, Adama Traoré, Abdirahman Abdi, Roland Agret, Dario Fo, Fidel Castro...
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Les hommages aux disparus en 2016 continuent

Reprise par Stevie Wonder de Someday we'll all be free, de Donny Hathway, suivi par son Superstition, chantées au concert hommage à Prince:


Walk a Mile in My Shoes par un all-stars en hommage à Otis Clay, au profit d'une bonne cause.

George Michael est mort le 24 décembre 2016, soit dix ans jour pour jour après le départ de James Brown sur une île déserte. Pour commémorer ces 10 ans, Arte diffuse Mr. Dynamite : The rise of James Brown, de Alex Gibney (2014, USA, 115', VOSTF), et le Mellotron nous concocte près de deux heures de mix en hommage.
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Agenda

En Palestine il n'y a pas que des morts, il y a aussi des prisonniers. Et il n'y a pas que des prisonniers, il y a aussi des prisonnières. Leurs histoires sont peu racontées, alors allez voir 3000 Nuits, le film de Mai Masri (2015, Palestine, 103', VOSTF), dans une cinquantaine de salles en France dont, à Paris, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, à l'Espace Saint Michel et au Cinq Caumartin.

Le film contient une chanson, L'Obscurité de la Prison (Ya Zalam As Sijn), composée en 1922 par Najib ar-Rayyis, un intellectuel syrien alors emprisonné par le mandat français... En voici une version par la chanteuse jordanienne Macadi Nahhas:

18 janvier Gaité Lyrique (Paris): projection du documentaire Black Panthers: Vanguard of a Revolution, de Stanley Nelson (2015, Etats-Unis, 115', VOSTF)

20 janvier - 8 mars 2017 Tournée du Théâtre National Palestinien pour la pièce Des Roses et du Jasmin, de Adel Hakim, à Ivry, Strasbourg et Genève

mercredi 21 décembre 2016

ELO#260 - New-York, USA


21 décembre 2016

Décidément, Will Eisner m'aura poursuivi cette année (voir cette chronique de septembre)...

La gentrification de New-York qu'il raconte dans sa BD est l'histoire des premiers migrants (allemands, hollandais...) aux Etats-Unis, à la fin du 19ème siècle, qui achètent des immeubles pour loger (à prix d'or dans des logements exigus et au confort minimum), la vague suivante de migrants (irlandais, russes, juifs, italiens...).

Or cette première vague de migrants allemands, c'est celle de Friedrich Trump, qui émigre de Kallstadt à New-York en 1885, où il achète son premier immeuble en 1908. Son fils, Fred Trump, héritera de sa fortune à 13 ans et deviendra l'un des plus grands propriétaires immobilier de New-York (non sans avoir été membre du Ku Klux Klan, ami de Benjamin Netanyahu, logé plus de 27000 familles pauvres dans les années 50 et poursuivi pour escroqueries et pour avoir refusé de loger des noirs). Parmi ses locataires, le jeune Woody Guthrie (dont on parlait la semaine dernière) qui écrit le poème Old Man Trump sur son propriétaire raciste en 1950.

En juillet 2016, Ryan Harvey met ce poème en musique pendant la campagne électorale américaine, et chante cette chanson avec Ani Di Franco et Tom Morello (de Rage Against the Machine) pour une campagne de Droit Au Logement (mais Freddie Gray est aussi mentionné dans le clip):


Fred Trump lègue alors sa fortune (estimée à 300 millions de dollars) à Donald, dont la richesse demeure principalement son patrimoine immobilier, et qui va devenir le prochain président des Etats-Unis...

Sur le même thème, voici la bande annonce d'un film sur le droit au logement en Espagne: Afectados de Silvia Munt:



Et à propos de dessinateurs, il n'en restera plus beaucoup en 2017 après les morts de Siné, Chimulus, Puig, Gotlib et, hier, de Mix-et-Remix...
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Encore de la musique américaine




Y a du wifi au paradis, Sharon Jones, nous envoie sa nouvelle vidéo: Please Come Home For Christmas qui, par ailleurs, est la plus belle et la plus triste chanson de Noël de tous les temps, à l'origine par Charles Brown...

Nouveau clip pour la chanson de John Legend, Love Me Now, dont le principal intérêt est qu'il rend hommage, entre autres, aux réfugiés d'Irak et aux autochtones qui luttent au Dakota du Nord contre la construction d'un nouveau pipeline:



Même s'ils viennent de remporter une victoire, dédions leur aussi ce blues de 1963, Help Me, par Sonny Boy Williamson...

Et sinon: Les Inrockuptibles n'aiment pas les noirs, ni le jazz!!!
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Cinéma



Les 18 fugitives, de Paul Cowan et Amer Shomali (Palestine, Canada, France, 2014, 75 minutes):

En 1987, les dirigeants palestiniens demandent à la population locale de développer des alternatives locales aux produits israéliens. Dans le village de Beit Sahour, en Cisjordanie, un groupe d’activistes composé d’intellectuels et de militants décide de lancer une coopérative laitière. Ils ne sont pas fermiers mais peu importe, après l’achat de 18 vaches dans un kibboutz israélien et leur transfert en contrebande jusqu’à leur village, les apprentis éleveurs se forment et apprennent à produire ce lait qui sera distribué dans toute la région de Bethléem. L’armée la plus puissante du Moyen-Orient part alors à la chasse des 18 vaches.

A propos de Beit Sahour l'Association Gières Palestine lance, jusqu'au 15 janvier, une campagne de financement participatif pour que 16 collégiens palestiniens de Beït Sahour puissent rendre visite à leurs correspondants français de 3ème du collège Le Chamandier de Gières en avril 2017. Pour beaucoup, il s'agit d'une occasion unique de sortir de leur (beau) pays, et de découvrir le monde:
https://fr.ulule.com/gieres-palestine/
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Donnez, donnez, donnez... et bonne année à tou.te.s!

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L'heure est aux bilans, et on n'aura pas beaucoup à se forcer pour faire la liste des pires événements de 2016 alors, pour commencer, voici une vidéo des meilleurs moments de 2016:

mercredi 14 décembre 2016

ELO#259 - Prix Nobel de littérature 2016


14 décembre 2016

Immortalisé par le Prix Nobel, Bob Dylan n'a pas pu se rendre à Stockholm pour recevoir son prix, pour conflit d'emploi du temps (pourtant sur sa page web il n'a aucun concert de prévu avant le mois d'avril prochain...). Du coup c'est Patti Smith qui a été invitée à chanter une chanson de Dylan, l'un de ses premiers succès, A Hard Rain's Gonna Fall. Tout le monde parle de son trou de mémoire ou d'émotion. J'adore Patti Smith, mais même au delà de cette hésitation, ça n'est pas sa meilleure prestation...

C'est l'occasion de revenir sur la carrière "politique" de Bob Dylan. Intronisé roi des protest-singers, il écrit en effet entre 1962 et 1964 une série de chansons folk abordant les questions de racisme et de mouvement pour les droits civils (The Ballad of Emmett Till, Oxford Town, Paths of Victory, Only a Pawn in Their Game, The Lonesome Death of Hattie Carroll, Who Killed Davey Moore), de pauvreté (North Country Blues), contre l'extrême-droite (Talkin’ John Birch Society Blues, With God on Our Side), contre la guerre sous toutes ses formes (Let Me Die in My Footsteps, A Hard Rain’s a-Gonna Fall, Talkin’ World War III Blues, Masters of War), ou plus généralement pour le changement social (When the Ship Comes In, Blowin’ in the Wind, The Times They Are a-Changin’ - version ci-dessous).

Dès 1963, il exprime son malaise à être le porte-parole d'un mouvement et, en 1964, il écrit My Back Pages qui reproche aux slogans manichéens leur naïveté.

En 1965 il change de style musical (il découvre l'électricité) et essaye d'expliquer pourquoi il ne croit plus à l'engagement politique, pourquoi il revendique une liberté de parole, sans obéir aux ordres, à la morale ou à la propagande (Subterranean Homesick Blues, Maggie's Farm, It's Alright Ma, I'm Only Bleeding), mais aussi tout en restant lucide sur la situation politique, il dénonce la naïveté d'espérer changer les choses (Tombstone Blues, Highway 61 Revisited).

Cela ne l'empêchera pas, de temps en temps, de composer quelques titres engagés: pour les immigrés (I Pity the Poor Immigrant en 1967), pour le Black Panther George Jackson (1971), ou pour le boxeur noir condamné à tort, Rubin Hurricane Carter (Hurricane, 1975).

Ce genre de chansons se fera de plus en plus rare et, en 1983, après sa "période chrétienne", il reviendra même avec des chansons plutôt réactionnaires: pessimiste (License to Kill), protectionniste (Union Sundown), ou même sioniste (Neighborhood Bully)...
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Maison blanche


Après Barack Obama, on regrettera les concerts à la Maison Blanche. Voici deux extraits d'un concert qui date d'octobre 2016, avec Jill Scott, et Common avec Yolanda Adams.

Et Bob Dylan dans cette maison immaculée, pour chanter The Times They Are A-Changing, en 2010:

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Soul posthume


Quelques reprises de Sharon Jones, en commençant par celle qui l'a rendue célèbre en 2002, What Have You Done For Me Lately, de Janet Jackson, transformée en funk brûlante des années 1970 (au point que certains ont pensé que c'était Janet qui reprenait Sharon...), puis le folk This Land is Your Land de Woody Guthrie, là aussi avec un supplément d'âme en 2004, cette version extraordinaire de Sweet Jane avec Lou Reed en 2007, et cette émission avec Daryl Hall en 2010 (avec Do What You Want, Be, What You Are et It’s Uncanny de Hall and Oates et Hot Fun In The Summertime de Sly and the Family Stone)...

Et la boucle de 2016 est bouclée avec cette vidéo de Sharon Jones reprenant (avec Iggy Pop) le Tonight de David Bowie, en hommage plus tôt cette année:

Allez, un mort de plus en 2016, Joe Ligon, chanteur de gospel des Mighty Clouds of Joy, que Aretha Franklin présente ici comme l'une des plus voix les plus émouvantes du XXème siècle: I've Been In The Storm Too Long, dans le concert de 1987, One Lord, One Faith, One Baptism.

On le voit ici chanter cette même chanson dans une église, probablement à la même période, donc la fin des années 1980 ou début des années 1990, et probablement à Chicago puisqu'on voit dans les premiers rangs le jeune Barack Obama, encore lui, et Michelle, qu'il venait de rencontrer...:


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Politique

Je ne sais pas si vous savez qu'il existe en France un Collectif de Lutte Anti-Sexiste Contre le Harcèlement Sexuel dans l'Enseignement Supérieur (CLASCHES).

Ils/Elles viennent de sortir une série d'affiches pour aller contre les idées reçues en matière de harcèlement sexuel à l'Université... intelligent et utile...
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Et le saint communiste
Floréal, le 13 septembre 2016

mercredi 7 décembre 2016

ELO#258 - Tout le monde déteste la police


7 décembre 2016

Tags antipolice à l’université Paris Tolbiac : Bernard Cazeneuve porte plainte
France Info, le 12 octobre 2016

L'un de ces tags est: « J’ouvre une bouteille à chaque fois qu’ils ferment le cercueil d’un flic », c'est une citation de Sombre, morceau de rap de Kaaris (de son premier disque, Or Noir, en 2013), en concert à Montréal cette semaine...

Voici quelques autres morceaux qui abordent la question de la violence policière, souvent raciste, ce qui me donne l'occasion de mettre à jour ma liste de chansons anti-flics qui atteint bientôt les 70 pièces:

Celui ci date pourtant d'une mixtape obscure de Lil Boosie Badazz en 2008, mais il est régulièrement utilisé lors des manifestations de Black Lives Matter aux Etats-Unis: Fuck The Police.

Celui ci date aussi de 2008, mais il a beaucoup servi dans les manifestations étudiantes à Montréal en 2012, Matraque-Moi par le groupe Mise en Demeure.

Celui ci, du rappeur québécois Emrical, Combien de morts (2012), écrit suite à l'assassinat de Fredy Villanueva par la police de Montréal.

Celui ci est un vieux morceau de soul de l'Américain Syl Johnson, repris en reggae par le jamaicain Ken Boothe, puis par l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly (il faut croire que c'est un thème qui franchit les frontières): Is It Because I'm Black, dans son album de reprises (Racines, sorti l'an dernier en 2015).

Enfin, ce nouveau rap de D' De Kabal intitulé 19 juillet, c'est à dire la date de naissance et la date de mort de Adama Traoré (bon, j'avoue aussi que je ne trouve pas que ce soit son meilleur morceau...):

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Soul music


Encore un grand chanteur de la maison Daptone qui souffre d'un cancer, 25 minutes avec Charles Bradley, dans un contexte intime, interview et quelques titres en acoustique.

Erykah Badu accompagne India Arie sur son Breathe lors de la cérémonie des Soul Train Awards.
 
Un peu plus d'une heure de Meshell Ndegeocello en concert au festival Banlieues Bleues, en avril 2016.

Nouvelle série télé, The Get Down, qui se déroule dans le Bronx dans les années 1970 et dans laquelle la musique est très présente. En témoigne cette reprise des Temptations par Leon Bridges, Ball of Confusion, aux paroles qui résonnent avec le temps présent, 45 ans après son écriture originale...

Reprise encore, par le bluesman Roy Buchanan d'un super morceau du soulman Tyrone Davis, Can I Change My Mind.

Reprise toujours, par le crooner Frank Sinatra du Isn't She Lovely de Stevie Wonder.
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Théâtre politique

Un petit reportage vidéo de 10 minutes qui date de 1983, à l'époque où la CFDT est encore de gauche, où elle réfléchit au sens du travail, du capital, de la qualité de vie, et où elle collabore en ce sens avec les artistes les plus progressistes du temps, tel Augusto Boal et son Théâtre Forum...
http://www.ina.fr/video/CAB8302210101/la-cfdt-video.html
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Dernière minute


Otis Clay, David Bowie, Blowfly, Maurice White, Gianmaria Testa, Gato Barbieri, Prince, Papa Wemba, Billy Paul, Leonard Cohen, Leon Russell, Sharon Jones d'une part... Siné, Mohamed Ali, Abbas Kiarostami, André Clergeat, Jean-Pierre Bony, Adama Traoré, Abdirahman Abdi, Chimulus, Roland Agret, Puig, Dario Fo, Fidel Castro, Gotlib de l'autre...

La carrière productive de Gotlib n'aura pas été très longue, 1965-1985 en gros, et ça fait 30 ans qu'il était à la retraite, mais d'abord quelle œuvre: Les Dingodossiers, les Rubrique A Brac, l'Echo des Savanes, Fluide Glacial, Gai Luron, Rhââ Lovely, Superdupont, Hamster Jovial, Pervers Pépère, Isaac Newton, les brocolis, la coccinelle...

Et ensuite, à titre personnel, je crois que ce sont ses bandes dessinées (achetées par mon grand frère à l'époque) qui m'ont initié à la bande dessinée, à la bande dessinée humoristique et à la bande dessinée pour adulte (même alors que j'étais enfant). Comme souvent avec ces héros qui meurent, c'est un peu notre enfance et notre jeunesse qu'on pleure, et cette année, qu'est-ce qu'on aura pleuré. Putain, plus que 24 jours avant 2017, restez couverts...
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12 décembre 19h Institut du monde arabe: projection du film dont on a déjà parlé ici, Obliterated Families, suivi d'un débat avec Anne Paq et Ala Qandil, Hélène Legeay, Mahmoud Abu Rahma et Ramsis al-Kilani
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Comme, je l'espère, vous avez pu le constater, je crois que j'ai trouvé une solution pour ressusciter les liens vers les morceaux que vous pouvez à nouveau télécharger. C'est un peu long, donc je vais le faire petit à petit, en commençant par novembre et en remontant progressivement jusqu'au mois d'avril où tout a commencé. Si vous avez la même patience, vous pourrez télécharger toutes les pépites de 2016, et signalez moi si j'ai laissé passer un lien. Si vous n'avez pas cette patience, vous pouvez pendant une semaine télécharger ici un dossier contenant les 71 fichiers postés depuis les 8 derniers mois...

Si jamais ça ne marche pas et que vous vous retrouvez sur une adresse du type:
https://app.box.com/s/xxxxxx (où xxxxxx sera remplacé par d'autres lettres)
Remplacez la par une adresse du type:
https://m.box.com/shared_item/https%3A%2F%2Fwww.box.com%2Fs%2Fxxxxxx
(en remplaçant xxxxxx par les mêmes lettres)...

mercredi 30 novembre 2016

ELO#257 - Magyd Cherfi encore


30 novembre 2016

Un petit article sur Magyd Cherfi qui plonge toujours plus profondément dans le trahison des classes populaires dont il est issu, après avoir trahi les Motivé-e-s et rejoint le PS:

Toulouse. Le livre de Magyd Cherfi passe mal dans son quartier
Nadir Dendoune, le Courrier de l'Atlas, le 28 octobre 2016

En même temps, si on se souvient bien, la déliquescence est assez ancienne, dans ses autres bouquins il disait déjà des horreurs, et même en 2002:

Entretien avec Magyd Cherfi
Marlène Coulomb-Gully, Mots 70:125-131 (2002)
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Musique d'ailleurs


Calypso Rose, l'une des reines encore vivante du Calypso de Tobago, dans Leave Me Alone (avec Manu Chao)

Carlos Puebla, Y en eso llego Fidel (Cuba, 1959).

Sabah, la grande chanteuse libanaise chante ici en anglais, Maximum you can touch me, du film A Man from Tehran, 1966:
 
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Présidentielles en France


François Fillon président, ça veut dire Renaud ministre de la culture?

Pour réduire en cannelle la campagne pestilentielle, appel à l’entartage fripon de tous les candidats
George Le Gloupier, Andrea Gandolfo et Jean Voglio, Lundi Matin, le 30 octobre 2016

et

Recommandations de base aux vaillants entarteurs
Noël Godin, Lundi Matin, le 30 octobre 2016
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A propos de bouffe

...on me signale enfin l'existence d'un bon restaurant palestinien à Paris:

Au Pain du Cavalier
39 rue Joseph Kessel
75012 Paris

mercredi 23 novembre 2016

ELO#256 - Sharon Jones


23 novembre 2016

Sharon Jones est probablement l'une des artistes dont j'ai parlé le plus souvent ici. C'est elle qui représente le retour sur le devant de la scène, depuis les années 2000, d'une musique soul-funk de qualité qui ne se contente pas de reprendre les vieux tubes. Sa mort, bien qu'attendue, est une immense tristesse et je me contenterai de vous renvoyer vers d'autres nécrologies, et les archives de ce blog...

Sharon Jones, 1956-2016
Frédéric Adrian, Soul Bag, le 19 novembre 2016
http://www.soulbag.fr/news/index/type/news/id/3558

Dans le LA Times, Bosco Mann, son producteur, raconte sa dernière semaine, hospitalisée suite à une attaque subie en regardant le résultat de l'élection de Trump (!), avec tous ses musiciens qui se succédaient à son chevet, fredonnant avec elle des chansons gospel, même quand elle ne pouvait plus prononcer un mot. Dans le numéro 83 de Siné Hebdo, je vous conseillais d'aller la voir en concert et d'écouter ses disques quand elle serait morte. Eh ben voilà, c'est le moment...

Sharon Jones affirmait son double héritage africain et amérindien, et leurs influences combinées sur sa façon de danser, sur scène, dans Got to be the way it is en Hollande en 2010:

De la même tournée, voici une heure et quart à la télé allemande de Sharon Jones, Live à Bonn en octobre 2010, et une dernière petite chanson, Mama Don't Like My Man...

Quatre ans plus tard, plus d'une heure et demi sur fip, de Sharon Jones, Live à Munich en mai 2014.
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Musique et politique
 

Nouveau titre par la rappeuse anglaise, Kate Tempest (soutien par ailleurs du boycott culturel d'israel...), pour un morceau très politique et très Brexit: Europe Is Lost, issu de son album Let Them Eat Chaos.

Et un petit reggae de Burning Spear, Columbus, pour rappeler que Christophe Colomb n'est qu'un menteur, qu'il n'a pas découvert mais colonisé l'Amérique (Hail Him, 1980).
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Musique et cinéma
 

Un film sur Arif Mardin, producteur de disque des années 1960 jusqu'à sa mort en 2006:

Le film est tourné en grande partie par son fils, la dernière année de sa vie, alors qu'il enregistre son dernier disque, All My Friends Are Here, avec Bette Midler, Chaka Khan, David Sanborn, Nicki Parrott, Raul Midon, Dianne Reeves, Danny O'Keefe, Carly Simon, Norah Jones, Joe Lovano, John Faddis, Amy Kohn, Dr. John, Willie Nelson, Phil Collins, Lalah Hathaway, Cissy Houston, Randy Brecker, Jewel, Katreese Barnes, Hall and Oates, Barry and Robin Gibb, The Rascals, The Average White Band... Le disque, comme le film, est finalement sorti en 2010, et le film comprend aussi des interviews avec Aretha Franklin, George Martin, Phil Ramone, Quincy Jones...
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Vive la France...

...mais attention, pas n'importe quelle France, un article a priori banal sur la disparition d'une femme dans Paris et sa famille qui part à sa recherche, sauf que devant l'impuissance des services publics, la famille se tourne vers les SDF, les moins que rien de la société, les rebuts, les handicapés, les immigrés roumains, polonais ou algériens, les hommes et les femmes qui n'ont pas réussi leur intégration dans notre société de merde...

Merci de nous avoir aidés à retrouver Laure perdue dans Paris
Anne Crignon, L'Obs, le 5 septembre 2016
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1556469-merci-de-nous-voir-aides-a-retrouver-laure-perdue-dans-paris.html

Un autre au titre explicite: Pourquoi j'ai secouru des réfugiés
Pierre-Alain Mannoni, Médiapart, le 11 novembre 2016
https://blogs.mediapart.fr/pierre-alain-mannoni/blog/111116/pourquoi-j-ai-secouru-des-refugies

A l'inverse, parmi des milliers de témoignages de Calais, celui là m'a particulièrement bouleversé: Le récit de H. M. réfugié afghan à Calais
Yeti Blog, le 3 novembre 2016
http://yetiblog.org/index.php?post/2049
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Un peu d'humour

Il est temps de vérifier si la fable de La Fontaine / Ésope n'était pas basée sur des préjugés:

mercredi 16 novembre 2016

ELO#255 - Mauvaises nouvelles d'Amérique


16 novembre 2016

Deuil oblige, on passera sur les épisodes sionistes de la vie de Leonard Cohen, et même sur certaines de ses musiques soporifiques, pour insister sur sa poésie envoûtante, mais qu'à mon avis la plupart de ses fans ne comprenait pas, en particulier les francophones. C'est ce que dit Pierre Tevanian dans ce bel article: Depuis plus de vingt ans que je l’écoute, je ne sais pas exactement ce que raconte Leonard Cohen, où exactement il veut en venir, mais ce que je comprends me parle et m’aide – et je ne pense pas être le seul dans ce cas.

Car Leonard Cohen était d'abord un poète, comme le montre ce reportage de trois quarts d'heure alors qu'il avait 30 ans, en 1964 à Montréal. A cette époque, il n'est pas encore chanteur, mais déjà talentueux, drôle et célèbre. On le voit quand même fredonner, mais juste pour lui....

Et puis chacun a ses chansons préférées, et certaines sortent du lot, comme ce morceau pornographique, drôle et funky de 1977, de son disque le plus décrié pour sa production par Phil Spector: Don't go home with your hard-on

Ou celui ci, en 1989, où il est accompagné par Was Not Was, et Sonny Rollins au saxophone: Who by fire
 

Suzanne par Leonard Cohen n'est pas ma chanson préférée, mais elle devient sympathique par Nina Simone en 1969, Roberta Flack en 1973, Geoffrey Oryema en 1991, Alain Bashung en 2008, ou Meshell Ndegeocello en 2013...

Alors on termine sur une chanson de 1967, issue de son premier disque, et So Long Leonard...
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Mort aussi de Leon Russell, pianiste au style honky-tonk, et chanteur très présent sur le Concert pour Bangladesh organisé par George Harrison en 1971, mais aussi très proche des Beatles, des Rolling Stones, de Bob Dylan, Eric Clapton ou Joe Cocker. 

Auteur aussi de la chanson A Song For You, reprise par tant de monde (Donny Hathaway, Aretha Franklin, Ray Charles, Amy Winehouse...).
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Retour en France: Trump existe aussi par chez nous

Un an "après", Sting inaugurait le nouveau Bataclan (avec Vinnie Colauita à la batterie et les Miller père et fils aux guitares). Impossible de ne pas tenir compte du contexte et, pour l'occasion, il invite Ibrahim Maalouf et Maël Guezel, et certaines chansons résonnent spécialement ce soir là, comme Desert Rose ou The Empty Chair. Mais aussi cette chanson, pourtant consacrée aux réfugiés syriens traversant la méditerranée, Inshallah :
 

Si vous avez l'estomac bien attaché, lisez les commentaires, et arrêtez de traiter les américains de fachos. Les fachos sont partout autour de nous...

Le concert en entier, pour ceux que ça intéresse:
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Contrôle au faciès
http://stoplecontroleaufacies.fr/slcaf/

En France aussi, on est beaucoup plus contrôlés par la police si on possède un faciès qu'elle estime refléter un danger imminent, c'est à dire en gros si on est noir ou arabe. Le GISTI en parle depuis longtemps, et on en a déjà parlé ici. Une plainte avait été déposée, rejetée, et un procès en appel avait eu lieu en mars 2015. L’État français avait été condamné en juin, mais avait fait appel.

Bonne nouvelle ces jours ci: L'État définitivement condamné pour des «contrôles au faciès»
Le Parisien, le 9 novembre 2016
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Agenda

 
26 novembre, de 9h à 17h, dans la grande salle de la bourse du travail de Paris, 3 rue du Château d’eau, M° République: Un an d'état d’urgence. La France à l'ère de l'antiterrorisme