mercredi 22 juin 2016

ELO#235 - Aaron chez Daryll



22 juin 2016

Vous pouvez passer une heure avec la voix magique de Aaron Neville dans cette émission de Daryl Hall que j'adore: Live From Daryl's House

Daryl Hall, avec John Oates, avait un groupe à succès dans les années 1980. Il profite maintenant de son fric et de son temps libre pour inviter chez lui des artistes qu'il adore, jouer de la musique, manger avec eux et filmer le tout: le pied! Et en plus il partage ça avec nous...
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Musique américaine

Deux heures d'hommage à Ray Charles (avec Yolanda Adams, Leon Bridges, Andra Day, Anthony Hamilton, Shelea Frazier, Brittany Howard, Demi Lovato, Sam Moore, Jussie Smollett, The Band Perry, Usher, Rickey Minor...) à la Maison Blanche, en février dernier. C'est le dernier concert de Barack Obama... à partir de 1h25 sur la vidéo suivante:

Shelea Frazier qu'on retrouvait déjà pour une musique de film en 2011 (Love Fell On Me), et avec Arturo Sandoval dans Anyone Who Had a Heart de Burt Bacharach and Hal David, à la Maison Blanche en 2012:


Une chanson de Ben Harper de 2014, sur les meurtres policiers racistes: Call It What It Is

Un groupe pakistanais, The Sachal Ensemble, s'attaque cette année au répertoire populaire américain, avec par exemple ce classique de 1973 de Allen Toussaint chanté pendant la première campagne de Barack Obama, Yes We Can Can, avec Bilal. Retour aux années 1970 avec The Meditation Singers (chanteuse: Laura Lee): Good Old Gospel Music

Enfin, l'émission du cubain Pánfilo invite Barack Obama:
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Back to France 

Keny Arkana sort un nouvel album court (un "EP") en écoute et téléchargeable à prix libre: Etat d'Urgence
https://www.etat-durgence.com/

Deux interviews:

Keny Arkana: « Sans un effort de bienveillance, la guerre civile nous attend »
Barnabé Binctin et Vladimir Slonska-Malvaud, Reporterre, le 17 juin 2016
https://www.reporterre.net/Keny-Arkana-Sans-un-effort-de-bienveillance-la-guerre-civile-nous-attend

Keny Arkana ou la vie sauvage
Matthieu Bidan, Tomas Statius et Pierre Gautheron, Street Press, le 17 Juin 2016
http://www.streetpress.com/sujet/1466331150-keny-arkana-interview-lacrim-marcos-zad
 


Du 24 au 26 juin, à La Parole Errante, 9 rue François Debergue à Montreuil (M° Croix de Chavaux): Festival de la CNT avec des débats (BDS le samedi 25 juin à 15h30), des projections de films, des concerts (Tarace Boulba, La Canaille, Serge-Utgé-Royo, La Rabia, Sanseverino...) etc.
http://www.cnt-f.org/festival-cnt/

mercredi 15 juin 2016

ELO#234 - Comme des mouches...


15 juin 2016

Siné, Prince, Mohamed Ali: mes héros tombent comme des mouches...

Sa proximité avec les musiciens était énorme, à commencer par Sam Cooke avec qui il avait voulu enregistrer un disque, mais Sam Cooke est mort avant:

En témoignent aussi toutes ces photos:







 




A propos du combat au Zaïre en 1974, trois films à voir:
Muhammad Ali, The Greatest, de William Klein (1974)
When We Were Kings, de Leon Gast (1996)
Soul Power de Jeffrey Levy-Hinte (2009)

Enfin, pour se souvenir de ce mec incroyable, politiquement génial et hyper drôle, ces citations traduites en français:

"Je suis si rapide que la nuit derrière, j'ai éteint la lumière dans ma chambre d'hôtel et j'étais dans mon lit avant que la pièce ne soit plongée dans l'obscurité."

"Je suis si méchant que je rend même les médicaments malades"

"Si un jour tu rêves que tu es en train de me battre, tu ferais bien de te réveiller et de venir t'excuser."

"La boxe, c'est juste un boulot. L'herbe pousse, les oiseaux volent, les vagues mouillent le sable, moi, je tabasse des gens."

"La boxe, ce sont de nombreux hommes blancs qui regardent deux hommes noirs se tabasser"

"Je sais que j'ai réussi alors que des masses de noirs vivent l'enfer, mais tant qu'ils ne sont pas libres, je ne suis pas libre"

Au serveur d'un restaurant sudiste qui lui avait dit "On ne sert pas de nègres ici": "Ça tombe bien, je n'en mange pas. Donnez-moi juste un café et un hamburger."

A un journaliste qui lui demandait, quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001, quel effet cela lui faisait de partager sa religion avec Ben Laden: "Et vous, quel effet cela vous fait-il de partager la vôtre avec Hitler?"
   
"Ma conscience m’interdit d’aller tuer mon frère, ou certaines personnes à la peau plus sombre, des pauvres, des gens affamés dans la boue, pour la puissante Amérique."

"Mon ennemi est le peuple blanc, pas le Vietcong ou le peuple chinois ou japonais. Vous vous opposez à moi quand je veux la liberté. Vous vous opposez à moi quand je veux la justice. Vous vous opposez à moi quand je veux l’égalité. Vous ne levez même pas le petit doigt pour moi en Amérique pour mes croyances religieuses, et vous voudriez que j’aille quelque part et combattre, alors que vous ne bougerez pas quand il s’agit de défendre mes droits ici même."

"Pourquoi devraient-ils me demander de mettre un uniforme et d’aller à 15 000 km de chez moi larguer des bombes et des balles sur des basané-e-s au Vietnam, alors que les Noir-e-s à Louisville sont traité-e-s comme des chiens et privé-e-s de leurs droits humains les plus basiques ? Non, je ne vais pas à 15 000 km de chez moi pour aider à assassiner et brûler une autre nation pauvre juste pour poursuivre la domination des maîtres d’esclaves blancs sur les peuples basanés du monde entier. Ceci est le jour où ces maux doivent cesser. On m’a averti que le fait de prendre une telle position me coûterait des millions de dollars. Mais je l’ai dit une fois et vais le dire à nouveau. Le véritable ennemi de mon peuple est ici. Je ne vais pas déshonorer ma religion, mon peuple ou moi-même en devenant un outil pour asservir ceux qui se battent pour leur propre justice, la liberté et l’égalité. […] Si je pensais que la guerre allait apporter la liberté et l’égalité aux 22 millions des miens, ils n’auraient pas à me convoquer, je m’enrôlerai dès le lendemain. Je n’ai rien à perdre en défendant mes convictions. J’irai donc en prison ? Et alors ? Nous avons été en prison pendant 400 ans."

"On attend de moi d'aller à l'étranger pour aider à libérer des gens dans le Sud Vietnam, alors que pendant ce temps mon peuple ici est brutalisé, oh que non! Je voudrais dire à ceux d'entre vous qui pensent que j'ai beaucoup perdu que j'ai tout gagné. J'ai une conscience libre et claire. Et je suis fier. Je me réveille heureux, je vais au lit heureux, et si je vais en prison, je vais aller en prison heureux"

"Je voudrais qu’on se souvienne de moi comme d’un homme qui a remporté le titre des poids lourds à trois reprises, qui avait de l’humour et qui a traité tout le monde avec justice. Comme un homme qui n’a jamais regardé avec condescendance ceux qui levaient les yeux vers lui. Comme un homme qui s’est battu pour ses croyances. Comme un homme qui a voulu unir toute l’humanité à travers la foi et l’amour. Comme un homme qui s’est battu pour l’égalité. Et cela ne me dérangerait même pas que les gens oublient à quel point j’étais beau gosse"
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Vidéos

Malika Tirolien rend hommage à Michael Jackson et à Prince le 27 mai 2016 à Upstairs, Montréal:

J'y faisais déjà allusion en janvier et en octobre 2014... 

Elle sera également en concert gratuit au festival de jazz de Montréal le 3 juillet à 20h et 22h...

Sharon Jones enregistre ce titre méconnaissable des Allman Brothers Band, Midnight Rider, au départ pour une pub, mais en voici la version complète:

S'il n'y a pas eu de chronique la semaine dernière, c'est que j'étais en vacances à New-York. Mais je vous ai rapporté ça: Sharon Jones, le 8 juin 2016 au "BRIC Celebrate Brooklyn! Festival", Prospect Park, New-York:

Sharon Jones, le 16 avril 2016 à Seattle:

Elle sera également en concert gratuit au festival de jazz de Montréal le 29 juin à 21h30

Excellente interview d'un non moins excellent rappeur, Rocé: « Noyer le poisson dans l’identité »
Ballast, le 26 mai 2016

Dans laquelle il cite cette excellentissime interview de l'incroyable Black Panther, Ahmad Rahman: « La victoire est dans la lutte ». La boucle est bouclée avec Mohamed Ali...
Thomas Frontline, Quartiers XXI, le 30 novembre 2015

Pour finir sur une note romantique, une superbe ballade au titre éminemment classique, I Love You, par Eddie Holman sur son premier disque éponyme sorti en 1969...
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Et sourions avec le contrôle des musulmans (Mohamed Ali, encore...):
Le moment Meurice, Youtube, le 17 mai 2016

mercredi 1 juin 2016

ELO#233 - David Bowie encore




1er juin 2016

Un hommage à David Bowie a été rendu au Carnegie Hall après sa mort (avec Cyndi Lauper, HoLY HoLY, Robyn Hitchcock, Laurie Anderson, Gogol Bordello, Debbie Harry, Matt Katz-Bohen, Joseph Arthur, The Mountain Goats, Michael Stipe, Karen Elson, J. Mascis, Sean Lennon, Bettye LaVette, Perry Farrell, Cat Power, Ann Wilson, Pixies, Rickie Lee Jones, Jakob Dylan, The Flaming Lips...).

Pas mal raté à mon avis, mais on peut sauver les performances de Michael Stipe - Ashes to Ashes:

de Bettye Lavette - It Ain't Easy:

et de Cat Power - Five Years:

En 2009, Bojan Z. lui rendait un meilleur hommage de son vivant avec sa reprise jazz de Ashes to Ashes:
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Encore de la musique avc une très belle chanson du nouveau disque de Michael Kiwanuka (pas encore sorti), Love and Hate:

Musique et politique avec Notre Dame des Oiseaux de Fer, chanté par Mathieu Hamon, Bertrand Cantat, Emily Loizeau, Marthe Vassallo, Delphine Coutant, Ana Igluka, Mouss et Hakim, Sylvain GirO, Sanseverino et André Minvielle...

Deux heures et demi de concert de Maceo Parker en Pologne début mars 2016.

Une heure avec The Pretenders en live acoustique, 1995 (avec Damon Albarn en guest à la fin!):

Chanson (aux paroles féministes) chantée par The Pretenders, mais en voici la version originale: Thin Line Between Love and Hate par The Persuaders, et une autre version par le groupe de reggae Black Slate.
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Le nouveau Siné Mensuel vient de sortir, le premier après la mort de Siné...

Tanx mise à nu
Yves Frémion, Le Monde, le 27 mai 2016
http://bandedessinee.blog.lemonde.fr/2016/05/27/tanx-mise-a-nu/

Un jour, mon Prince reviendra
Eric Sintès, Gonzai, le 26 mai 2016
http://gonzai.com/un-jour-mon-prince-reviendra/
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Pour sourire un peu:
Il y a de l’eau sur Mars. Mais y a-t-il une forme de vie intelligente sur Terre ?

Et la photo du bébé:

mercredi 25 mai 2016

ELO#232 - Orelsan, les femmes et youtube


25 mai 2016

Je suis mal à l'aise sur le sujet d'Orelsan, et je ne m'étendrai pas. D'un côté, il ne fait pas de doute que les paroles incriminées des chansons d'Orelsan sont sexistes, et que la légereté avec laquelle il parle de violences faite aux femmes contribue à leur oppression. D'un autre côté, je vois dans certaines des attaques contre Orelsan des ressemblances frappantes avec les attaques contre le rock'n'roll des années 1950. Quand Orelsan est relaxé par la cour d'appel de Versailles en février dernier, j'entends de vieux blancs (oui, la couleur de peau est importante ici aussi) qui dénoncent le rap comme de la musique de sauvages et de malotrus.

Le sexisme de Léo Ferré ou de Jacques Brel n'est pas dénoncé aussi violemment, et j'ai bien peur que si, de plus, Orelsan avait été noir, le tribunal n'aurait pas trouvé autant de circonstances atténuantes (se souvenir du parcours judiciaire de Hamé par exemple).

Je préfère donc attaquer Youtube, pour complicité de banalisation des propos sexistes d'Orelsan. En effet, son clip Saint Valentin, présent sur Youtube depuis 2007 n'a jamais été censuré, ni même été accompagné d'un avertissement ou de limitation aux majeurs.

En revanche, la réponse du groupe féministe C.L.I.T, postée sur Youtube le 8 mars 2016, a été censurée au bout de deux jours pour « contenu sexuellement explicite », puis a été remise en ligne avec un avertissement et une limitation de son visionnage aux majeurs!

Voici donc ce clip sur vimeo:

A ce propos, voici la playliste de la manif féministe de mars dernier:

Et une autre playlist, de femmes chanteuses de reggae, The Best Of Studio One Women:
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Un clip pour la nouvelle chanson de Charles Bradley, Ain't It A Sin:

Une heure avec Roy Ayers à Amsterdam l'été dernier.

I Forgot to be Your Lover, une magnifique chanson de William Bell, qui commence par la phrase "Have I told you lately that I love you", dont Van Morrison fera une chanson...

La vie de la chanteuse Betty Davis mise en BD par Pénélope Bagieu sur son blog dans Le Monde.

A propos de la bande dessinée Quoi de plus normal qu'infliger la vie? d'Oriane Lassus, voici une interview...

Et pour sourire, DJ Jesus:

mercredi 18 mai 2016

ELO#231 - Sa dernière playlist: Tchao Bob!


18 mai 2016

Depuis le temps qu'il était malade, Siné avait pas mal pensé à sa mort, à ses obsèques, et aux journaux qui sortiraient après sa mort, y compris cet hors-série qui paraît aujourd'hui: Ma vie, mon œuvre, ma mort !

Bob adorait s'occuper de la musique pendant les fêtes, et il préparait ses playlists avec soin. Sa dernière playlist le démontre, il aimait alterner les rythmes et les styles, et surprendre ses auditeurs.

Ainsi, la playlist de la crémation de Bob commence par le Kol Nidre, une prière juive qu'on chante le soir de Kippour, chanté par le crooner américain Johnny Mathis en 1958. Elle s'enchaîne par deux hymnes politiques de mai 1968 chantés par Dominique Grange (présente en personne pendant la crémation). Si le premier est le plus connu (A Bas l'Etat Policier), le second sonne comme un message aux survivants: Chacun de Vous est Concerné!

La suite du programme évoque les styles musicaux qui ont fait danser Bob toute sa vie et qui continuaient à l'émouvoir à 80 ans passés: la salsa avec Willie Colon (Che Che Cole, 1969), et le jazz sous toutes ses formes avec Nina Simone (Don't Let Me Be Misunderstood, 1964), Frank Sinatra avec l'orchestre de Count Basie (Fly Me To The Moon, 1964), Eddy Louiss (Funky Day, 1987) et bien sûr Billie Holiday, sa préférée, là aussi avec l'orchestre de Count Basie (God Bless the Child, 1952). Les titres et les paroles se prêtent à des obsèques, mais il ne faut pas trop les prendre au pied de la lettre...

Interlude politique encore, avec Dominique Grange, dont le slogan de 1968 est encore d'actualité et à la une de Siné Mensuel (Grève Illimitée, 1968), mais aussi avec l'hymne de Carlos Puebla dédié à Che Guevara, l'un des héros de Bob, mort trop tôt pour avoir retourné sa veste (Hasta Siempre, 1965).

Tous les ingrédients sont là: la musique latino-américaine, le jazz et la politique, mais Bob mettra le soin habituel à en faire le cocktail juste, en soignant les enchaînements, les morceaux connus et les pépites bien cachées: ainsi l'un des premiers titres de Nat King Cole (I'm Lost, 1943) ou celui la chanteuse de gospel Dottie Peoples, qu'il avait découverte pendant le festival de jazz de la Nouvelle Orléans en 1996, alors que ce mécréant ne quittait pas la tente gospel (It's So Hard to Get Along, 1993).

Retour à la politique et, avec La Pègre (1968), Siné termine l'hommage au premier 45 tours politique de Dominique Grange, suivi du classique révolutionnaire Les Mains Blanches, chanté ici par Marc Ogeret, toujours en 1968.

Si l'occasion se prête aux chansons tristes, Lonely Avenue de Ray Charles (1957) ou Ne Me Quitte Pas, en version salsa par Yuri Buenaventura (1996), la rigolade n'est jamais loin, et comment ne pas se souvenir des petits yeux rieurs de Bob, serrant les poings, oscillant et chantant en rythme, à chaque fois que retentissait le Oo-shoo-be-doo-bee par Dizzy Gillespie (1952), ou un bon morceau de soul comme Papa Was a Rolling Stone (1972).

Bob n'était pas hermétique à de nouvelles découvertes et aux métissages, comme le mélange de tango argentin et de musique électronique de Gotan Project (Queremos Paz, 2001), ou le mélange de musique classique (la Passion selon Saint Jean de Bach) et de musique gabonaise de Lambarena (Sankanda, 2009).

Retour aux grands classiques de ses héros la soul, le Try a Little Tenderness, dans sa version par Otis Redding (1966) et le What'd I Say de Ray Charles (1959), avant de céder à l'une des faiblesses de Bob, son amour pour les guimauveries, avec le You are so Beautiful, dans sa version par Joe Cocker (1974), et le Eli Eli, poème religieux juif écrit par Hannah Szenes (exécutée par les nazis en 1944), et chanté ici encore une fois par Johnny Mathis (1958).

A ce qu'on m'a raconté, après cette playlist d'une heure et demi, la foule -la larme à l'oeil- a spontanément enchaîné en entonnant l'Internationale...

Sa dernière playlist: Tchao Bob
https://www.youtube.com/playlist?list=PLrge6p12LY30j9J0TxsEyfiaqAvLaKFcs

Kol Nidre - Johnny Mathis (1958)
À Bas L'Etat Policier - Dominique Grange (1968)
Chacun de Vous Est Concerné - Dominique Grange (1968)
Che Che Cole - Willie Colon (1969)
Don't Let Me Be Misunderstood - Nina Simone (1964)
Fly Me To The Moon - Frank Sinatra avec l'orchestre de Count Basie (1964)
Funky Day - Eddy Louiss (1987)
God Bless The Child - Billie Holliday avec l'orchestre de Count Basie (1952)
Grève Illimitée - Dominique Grange (1968)
Hasta Siempre - Carlos Puebla (1965)
I'm Lost - Nat King Cole (1943)
It's So Hard to Get Along - Dottie Peoples (1993)
La Pègre - Dominique Grange (1968)
Les Mains Blanches - Marc Ogeret (1968)
Lonely Avenue - Ray Charles (1957)
Ne Me Quitte Pas - Yuri Buenaventura (1996)
Oo-shoo-be-doo-bee - Dizzie Gillespie (1952)
Papa Was a Rolling Stone - The Temptations (1972)
Queremos Paz - Gotan Project (2001)
Sankanda - Lambarena (2009)
Try A Little Tenderness - Otis Redding (1966)
What'd I Say - Ray Charles (1959)
You Are So Beautiful - Joe Cocker (1974)
Eli Eli - Johnny Mathis (1958)

Autour du cercueil de Siné, hommage des dessinateurs qui se jettent sur cette boîte en bois, avides comme des termites:
Un dernier doigt d'honneur au cimetière Montmartre:

Siné n'était pas très connu aux Etats-Unis et le plus grand journal de BD américain (The Comics Journal) m'a demandé d'écrire une biographie du grand Bob:

A World Without Siné
Dror, The Comics Journal, le 16 mai 2016

Je l'ai traduite en français et publiée aussi dans The Dissident:

Le monde sans Siné
Dror, The Dissident, le 16 mai 2016
http://the-dissident.eu/10661/le-monde-sans-sine/

Un bel hommage musical lui avait été rendu par Jacques Périn dans Soul Bag le 6 mai dernier, mais je l'avais raté:

Siné
Jacques Perrin, Soul Bag, le 6 mai 2016
http://www.soulbag.fr/news/index/pn/3/type/news

Et les reportages de Serge Quadruppani:

Merci Bob
Serge Quadruppani, le 11 mai 2016

Ciao
Serge Quadruppani, le 12 mai 2016

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#NuitDebout - Plus jamais couchés!


Tout le monde déteste la police:

Par précaution, quelques conseils en manif
Rebellyon, le 14 mars 2016
https://rebellyon.info/Conseils-en-manif-mars-2016-15935

Les gaz lacrymogènes : petit guide pratique de secourisme
Mars Infos, le 12 mai 2016
https://mars-infos.org/les-gaz-lacrymogenes-petit-guide-1124

Nuit Debout : le mois le plus long
Ferdinand Cazalis, CQFD, mai 2016
http://cqfd-journal.org/Nuit-Debout-le-mois-le-plus-long

La "nasse", ou l'importation du "kettling"
Lundi Matin, le 9 mai 2016
http://lundi.am/Kettling

A quoi jouent les forces de l’ordre depuis le début du mouvement ?
Paris-Luttes Info, le 10 mai 2016
https://paris-luttes.info/a-quoi-jouent-les-forces-de-l-5647?lang=fr
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Quelques nouveaux titres de blues-rap par Scarecrow (sortie du disque le 24 juin):
http://blueshiphop.bandcamp.com/album/left-behind-2015

Quelques dates de leur prochaine tournée:
26 mai Toulouse (Le Bikini)
30 mai Paris (Le Pan Piper)
14-15 juin Montréal (Francofolies)
17 juin New-York (Drom)
6 juillet Londres (Rich Mix)

Et pour sourire avec la Palestine...

Les soutiens de Benjamin Netanyahu
Le moment Meurice, France Inter, le 12 avril 2016

mardi 10 mai 2016

ELO#230 - Sans Siné


Dessin issu de Siné Massacre numéro 9, consacré au colonialisme (avril 1963).


11 mai 2016

Très triste de perdre Siné, un ami, une boussole politique, un grand artiste. Très triste de ne pas être en France pour partager la peine et les grandes rigolades qui ne manqueront pas d'arriver lors des réunions de ses ami.e.s, à commencer par celle de ses funérailles aujourd'hui à 16h30 au cimetière Montmartre (30e division). Vêtements noirs et fleurs rouges...

Je pense que ce sont les écrits de Siné qui m'ont rendu anarchiste, ou du moins fan de l'anarchisme, ou allergique à l'autorité (flics, militaires, patrons, curés, État, Nation, et toutes leurs vaches sacrées...). Son cheminement politique, fait de rage, d'intégrité et d'instinct, l'a toujours mené là où il fallait, à commencer par les Algériens et toutes les autres victimes du colonialisme français, puis Malcolm X et les noirs américains. Après 1967, c'est aux côtés des Palestiniens qu'il se placera inconditionnellement, y compris pour les défendre contre Val, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo quand il y écrivait. Cette cause sera tellement importante pour lui qu'il exigera qu'une chronique soit consacrée à la Palestine dans CHAQUE numéro de son journal (hebdomadaire puis mensuel).

C'est Siné aussi qui, à travers ses chroniques, m'a fait découvrir le Flamenco. Car sa colère était compensée par un amour des belles choses de la vie, principalement sa femme, ses amis, les chats, la fête, le vin... et la musique, et en cela aussi il était un modèle. Ca fait tout juste 20 ans que je le connaissais: nous étions tous les deux au Festival de Jazz de la Nouvelle-Orléans de 1996, et je lui avais écrit suite à ses chroniques. Il m'avait alors invité chez lui, on avait surtout parlé de gospel, de jazz, et puis j'avais rejoint le groupe d'amis (y compris de Charlie Hebdo) qu'il aimait inviter pour faire la fête. Les fêtes se sont enchaînées pendant 15 ans, et puis il y a eu l'épisode de l'Hebdo, où il m'a fait confiance pour la chronique musicale pendant un an et demi, alors que je n'avais aucune expérience dans ce domaine. C'est cette confiance quasi-paternelle qui fait qu'encore aujourd'hui, j'écris à droite et à gauche. On se voyait alors souvent, et on parlait encore beaucoup de musique, jazz, soul, funk, flamenco, salsa, musiques africaines... C'est là aussi que je me suis fait un paquet d'ami.e.s, français.es et québécois.es, avec qui je pleure aujourd'hui...


Puis les fêtes s'étaient calmées depuis 5 ans, avec la maladie. On se voyait encore au journal (devenu Mensuel), quand j'y passais (de moins en moins souvent), et si son corps se barrait en couilles, son cerveau, sa verve, sa colère et son amour étaient encore intacts. Il y a deux mois, il portait encore plainte contre BHL et, le mois dernier encore, il pleurait sur la décrépitude de Renaud. Autant ses dessins se passaient parfois de texte, autant ses textes étaient d'une richesse d'adjectifs incroyables, d'expressions créatives et de métaphores hilarantes, jusqu'à celui écrit la veille de sa mort.

Siné, avec d'autres, est largement responsable de ce que je suis aujourd'hui. Contrairement à toutes les prédictions, sa rage ne s'était pas émoussée avec le temps et, jusqu'au bout, personne n'aurait jamais pu le dé-radicaliser. Pour toutes ces raisons, il reste un modèle pour moi, et j'espère comme lui ne jamais ramollir du bulbe...

Brèves:
-Inconsolable depuis la mort de Prince, Siné se laisse mourir...
-En l'honneur de Siné, l'hôpital Bichat s'appellera dorénavant l'hôpital Bitte Chatte
-Charb, rancunier, ne s'associe pas à la pluie d'hommages rendus à Siné
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Tanx s'était engueulée avec Siné. Mais quel talent, ces deux là: Tanx, à rebrousse-poil
Roderic Mounir, Le Courrier (Genève), le 18 mars 2016

Un article sur la bonne santé de la BD en arabe: Ebullition!
Emmanuel Haddad, Le Courrier, le 1er avril 2016
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Avec tout ça, j'ai aussi eu le temps d'écrire un texte sur Prince et la politique, dans un journal en ligne qui a du mal à joindre les deux bouts, The Dissident:

Un Prince engagé
Dror, The Dissident, le 5 mai 2016

Vous pouvez chercher sur internet le clip de Face Down (1996), et trouver la suite des hommages à Prince mis à jour sur ma chronique...


mercredi 4 mai 2016

ELO#229 - Rap mondial

4 mai 2016

On se souvient de la chanson Gaza, quasiment improvisée sur une plage à Beyrouth par le collectif Fareeq El-Atrash.


L'un des chanteurs est Chyno, un rappeur libanais d'origine syrienne et philippine, qui a aussi vécu en Arabie Saoudite et en Espagne, c'est ça aussi la mondialisation. Il vogue maintenant en solo, et bénéficie de clips très travaillés:

O.P.P. (2013):

Fight or Flight (2014):
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Autre musique:

Voici deux nouveaux morceaux québecois, Ain't Going Nowhere, un funk de Fredy V. et Helicopters on the Nightshift, un beat de DJ Sandhill et Stefan Christoff.

Voici 20 minutes de blues avec un jeune musicien, Jamell Richardson.

Et voici une version d'Amy Winehouse d'une chanson dont j'ai déjà parlé ici, I Love You More Than You'll Ever Know, morceau de Blood, Sweat and Tears (et non pas de Donny Hathaway)...

Le 7 mai, de 13h à 22h, salle Olympes de Gouges (15 rue Merlin, P11): La Fête du NPA, avec un meeting, des débats, à 13h30 la projection du film "Merci patron !" et, à 20h... un concert de Sidi Wacho!

Le 14 mai à 16 heures, à Gibert Joseph Barbès (15 bd Barbès, P18): débat sur Prince avec Frédéric Goaty, Raphael Melki, Laurent Calhoun, Anne B. et Chakib E., spécialistes français de Prince.

Le 27 mai à 20h30, Upstairs (1254 MacKay, Montréal, QC): Malika Tirolien Quintet
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Palestine:

Une seule solution pour BDS: l'ironie?


Ou alors le soutien d'artistes comme Narcy, un rappeur canadien lors d'une soirée pro-palestinienne de Montréal:


La Palestine à #NuitDebout: le 15 avril, le 16 avril, le 21 avril, le 22 avril, et encore le 22 avril!

Et Beyoncé place de la République le 1er mai dernier:
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Mes dernières contribution dans le Psikopat:

Février 2016:
Mars 2016:
Mon article d'Avril 2016 a été censuré, mais il a été publié par le Couac à Montréal:

mercredi 27 avril 2016

ELO#228 - Prince


27 avril 2016

Ma période préférée de Prince est celle où il commence à faire de la vraie soul/funk, en particulier avec la section de cuivre dirigée par Eric Leeds dans l'impeccable album Parade (1986). A cause des attentats à Paris, il annule sa tournée en France, puis change d'avis à la dernière minute et organise un concert au Zénith en plein mois d'août. Pendant ce concert, il enregistre la chanson It's going to be a beautiful night, qu'il publiera l'année suivante sur l'album Sign of the Times, 1987.

Ca continue un peu dans le même style avec les albums qui suivent, The Black Album (1987, mais qui ne sortira qu'en 1994, avec par exemple Rock Hard in a Funky Place), Love Symbol (1992) et, dans une moindre mesure, Lovesexy (1988) et Diamonds and Pearls (1991), ainsi que la plupart des chansons du disque Old Friends 4 Sale, sorti en 1999 mais enregistré bien avant...

J'ai aussi toujours aimé le courage de Prince à interpréter des slows, a priori ridicules mais avec tellement de sincérité qu'ils devenaient émouvants. Il y en a quasiment un par album, et si son plus connu est probablement Purple Rain (1984), mon préféré est sans doute Adore (1987)...

Sans être considéré comme un chanteur engagé, Prince s'est souvent exprimé sur des questions politiques dans ses chansons, en particulier contre le racisme d'un système capitaliste dont il estimait être victime. Si certaines de ses chansons engagées sont disponibles sur des albums officiels (Partyup (anti guerre, 1980); Ronnie, Talk to Russia (anti guerre, 1981); Annie Christian (anti corruption, 1981); Sign ‘O’ the Times (anti pauvreté, 1987); Dance On (anti pauvreté, 1988); Money Don’t Matter 2 Night (anti pauvreté, 1991, vidéo de Spike Lee); We March (anti pauvreté, 1995, avec Nona Gaye); Face Down (anti racisme, 1996); Dear Mr. Man (anti pauvreté, 2004, avec Cornel West); Dreamer (anti racisme, 2009); Ol' Skool Company (anti corruption, 2009) ou Baltimore (anti racisme, 2015, en duo avec Eryn Allen Kane, on y entend le slogan "if there is no justice then there is no peace" et les noms de Michael Brown et Freddie Gray...)), d'autres sont plus rares: Hello (anti pauvreté, 1985); Animal Kingdom (protection animale, 1998); 2045 Radical Man (anti racisme, 2001, sur la BO de Bamboozled de Spike Lee); Avalanche (anti racisme, 2002, avec la phrase "Abraham Lincoln was a racist"); United States Of Division (anti guerre, 2004) ou SST (au profit des victimes de Katrina, 2005).

En vieillissant, Prince a influencé de nombreux artistes qui lui rendent hommage aujourd'hui, mais il a, lui aussi, rendu hommage à ses héros lorsqu'ils disparaissaient, en reprenant leurs titres pendant des concerts. Il a d'ailleurs repris des dizaines de titres de ses artistes préférés, mais en particulier What I'd Say, de Ray Charles (Saint Paul, le 16 juin 2004, 6 jours après sa mort), While My Guitar Gently Weeps, de George Harrison (lors de l'hommage qui lui est rendu au Rock'n'roll Hall of Fame en 2004, avec Tom Petty, Jeff Lynne, Steve Winwood, Dhani Harrison, Billy Preston, Scott Thurston, Steve Ferrone, Jim Capaldi et Marc Mann, 3 ans après sa mort), There was a Time, de James Brown (à Las Vegas, le 29 décembre 2006, 3 jours après sa mort), Outta Space, de Billy Preston (à Las Vegas, le 14 janvier 2007, 6 mois après sa mort), I Want You Back, de Michael Jackson (à Paris, le 12 octobre 2009, 3 mois après sa mort), Love is a Losing Game, de Amy Winehouse, en duo avec Andy Allo (le 24 juillet 2011, soit dès le lendemain de sa mort), Heroes, de David Bowie (à Toronto, le 25 mars 2016, deux mois après sa mort, puis plus longuement à Atlanta, le 14 avril 2016, lors de son avant-dernier concert).

En 1983, James Brown invite Michael Jackson, au sommet de sa gloire, à le rejoindre sur scène. Hommages croisés, Michael lui souffle à l'oreille que Prince est dans la salle et il les rejoint à son tour, complètement cocaïné. Malheureusement, cette scène a été coupée du DVD de James Brown, à la demande de Prince. Ces trois "hardest working men in the showbusiness" en sont morts...

Qui aujourd'hui sera à la hauteur pour lui rendre hommage? Purple Rain par:
1) Jennifer Hudson et Cynthia Erivo:

2) Bruce Springsteen:

3) Gregory Porter:

Autres hommages, de Soul Bag, FIP, Arte, BBC...

Ajouts ultérieurs: 

Jazz at the Blues House, une heure de jazz à la Maison Blanche pour le International Jazz Day, avec Wayne Shorter, Marcus Miller, Buddy Guy, Trombone Shorty, Robert Glasper, Hugh Masekela, Dee Dee Bridgewater, Jamie Cullum, Al Jarreau, Diana Krall, Dianne Reeves, Sting, mais aussi Aretha Franklin et Herbie Hancock en ouverture pour chanter A Song For You à Barack Obama, et qui revient vers 1h12 pour rendre hommage à Prince:

Stevie Wonder à la Nouvelle Orléans pour le Festival de Jazz a du annuler sa prestation à cause de la pluie, mais il a participé brièvement à un concert le soir, avec encore deux hommages à Prince:

Mavis Staples, Purple Rain:

Ben Harper, Purple Rain:

Gregory Porter, Purple Rain (entre temps il a appris les paroles!):


Paul MacCartney (ou plutôt son groupe, car il ne connaît pas les paroles!), Let's Go Crazy:

Anthony Hamilton, Adore (bien meilleur choix, à mon avis!!!):

D'Angelo (enfin!), Sometimes it Snows in April (avec des paroles légèrement adaptées):

Nouvelle version par fDeluxe de Nothing Compares 2U, en hommage à Prince:

Malika Tirolien rend hommage à Prince le 27 mai 2016 à Upstairs, Montréal avec How Come U Don't Call Me Anymore:

 
De plus en plus de pirates circulent sur internet depuis que les avocats de Prince peinent à tous les interdire:https://www.facebook.com/joshcap/videos/10209474044468489/https://www.youtube.com/user/purplemonster047/videos
https://www.youtube.com/channel/UCdTxXD0m2eRpQPzRoXGDqgw/videos

J'ai eu le temps d'écrire un texte sur Prince et la politique, dans un journal en ligne qui a du mal à joindre les deux bouts, The Dissident:

Un Prince engagé
Dror, The Dissident, le 5 mai 2016
http://the-dissident.eu/10558/un-prince-engage
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Mort aussi, cette semaine, de Papa Wemba - Fa Fa Fa (avec Juliet Roberts):


de Billy Paul - Me And Mrs Jones:


Et de Lonnie Mack - I Found a Love

Une première chanson (assez nulle) pour #NuitDebout: