mercredi 17 juin 2020

ELO#410 - MOVE


Dror, Entre Les Oreilles, le 17 juin 2020

Une de ces pages sombres de l'histoire des États-Unis qu'une histoire alternative doit préserver de l'oubli...

Aujourd'hui celle de la communauté MOVE de Philadelphie...


Ça commence en 1972, un groupe de Noir.es américain.es décide de s'organiser selon leurs règles. La société ne leur plaît pas, ils  et elles veulent vivre à l'écart du racisme et du capitalisme, en retour à la nature, se laissant pousser les cheveux en dread-locks, végétarien.nes, antimilitaristes, anti-technologie, ils ne boivent pas, ne fument pas, ne se droguent pas, tout en étant très politisé.es dans la mouvance des Black Panthers. Leur "leader" se fait appeler John Africa, et toutes et tous ont pris Africa comme nom de famille.

Révolutionnaires, ils et elles sont proches du christianisme et optent pour la non violence. Illes se font connaître en manifestant contre l'exploitation des animaux, les zoos, le nucléaire, la brutalité policière, mais aussi en intervenant dans des débats publics pour poser des questions gênantes aux conférenciers (comme Jane Fonda, Dick Gregory, Richie Havens, Walter Mondale ou Buckminster Fuller) qui passent en ville. Leur éloquence s'exprime également lors des nombreux procès qu'ils et elles subissent, où illes en profitent pour démonter l'absurdité des accusations dont illes font l'objet. Illes s'occupent aussi des sans abris, des personnes qui sortent de prison, des personnes âgées de leur quartier. Illes offrent de la nourriture et du bois de chauffe à ceux qui en ont besoin... Leur succès auprès des jeunes est vu d'un mauvais œil par les autorités qui vont essayer de leur mettre des bâtons dans les roues, puis dans la gueule, puis finalement des bâtons de dynamite...

Régulièrement ils et elles sont harcelé.es, arrêté;es, battu.es, y compris (et même peut-être "en particulier") les femmes enceintes ou qui portent un bébé dans leurs bras, qui font souvent des fausses couches et qui, en 1976, cause la mort d'un bébé. Suite à une autre bagarre, en 1976, trois membres sont emprisonnés pour de longues peines, et la demande de leur libération devient le combat principal de MOVE. Ils posent avec des armes à feu, le plus souvent factices.

En 1978, première tentative de la police et de la ville de les chasser de la maison qu'ils et elles louent. Un siège de deux mois est imposé pendant lequel l'électricité et l'eau sont coupées, et tout ravitaillement est empêché. Après une négociation, les trois prisonniers sont libérés, les poursuites sont abandonnées, et MOVE accepte de quitter la maison sous 90 jours. 

En mai, la police fouille la maison, constate qu'il n'y a pas d'armes à feu de cachées, et décide à nouveau d'arrêter les membres de MOVE. En août, des centaines de policiers entourent la maison, mais les membres restant (une vingtaine de personnes, hommes, femmes, enfants) refusent de se rendre. La police commence par des gaz lacrymogènes, et puis une fusillade survient. Alors que les membres de MOVE affirment qu'aucune de leurs armes à feu n'était fonctionnelle ce jour là, un policier meurt par balle (aujourd'hui on pense qu'il est mort d'un tir "ami"). Lorsque les tirs s'arrêtent, les membres de MOVE sortent et sont immédiatement arrêtés et tabassés. Pour ce policier mort d'une seule balle, neuf membres de MOVE, dont une femme enceinte, Debbie Africa, seront condamnés à des peines de 30 à 100 ans de prison. Des bulldozers ayant immédiatement rasé la maison, plus aucune preuve ne pouvait innocenter les membres de MOVE de l'accusation de tir. De nombreuses tentatives d'appel du jugement furent néanmoins testées, sans succès, mais ce n'était que le début.....

Deux des neuf prisonniers mourront en prison (Phil Africa, un jeune homme, et Merle Africa, une jeune femme, en pleine forme, dans des conditions étranges), et la plupart y passeront plus de 40 ans, refusant de renier leur engagement auprès de MOVE. La femme enceinte, Debbie Africa, et son compagnon, Mike Africa, n'auront connu leur fils né en prison, Mike Africa Jr., qu'à 39 ans. Quelques mois après leur libération, ils se marient. Le dernier des neuf n'est sorti qu'en février 2020 (pour rentrer en confinement un mois plus tard!), après 42 ans de prison!


Anecdote: à Philadelphie, parmi les intellos noirs de la ville séduits par MOVE et les Black Panthers, on trouve le jeune journaliste Mumia Abu-Jamal qui a couvert l'affaire de 1978. Lui aussi sera accusé d'avoir tué un flic, en 1981, et attend depuis près de 40 ans qu'on découvre qu'il n'est pas le coupable... Mais ça n'est pas tout...

Le comble de l'histoire se déroule en mai 1985: la police et la ville veulent en finir avec MOVE qui, entre temps, à déménagé dans une nouvelle maison. Ayant un mandat d'arrêt pour certains membres, pour des incidents mineurs (du genre "trouble sur la voie publique"), 500 policiers entourent la maison. A nouveau, coupure d'eau et d'électricité, les flics forcent la porte, mais les membres de la communauté refusent de se rendre et se réfugient dans le sous sol de la maison. Après les gaz lacrymogènes, la police décide d'inonder le sous sol pour forcer la douzaine de personnes (hommes, femmes, enfants) à sortir. Plus de dix-mille coups de feu seront tirés, et il est probable que tous émanent de la police. Un policier témoignera qu'il a installé une mitraillette face à la maison, avant de se rétracter le jour du procès. Pour une simple bande de hippies qu'ils n'arrivent pas à déloger, le chef de la police franchit une étape de plus dans la folie et demande à un hélicoptère de la police de larguer une bombe sur le toit de la maison. Après l'explosion, un incendie se déclare, et le chef de la police demande au chef des pompiers de laisser la maison brûler. 65 maisons seront détruites par le feu, empêchant encore une fois de recueillir des preuves pour un éventuel procès. 11 personnes seront assassinées, dont John Africa, et 5 enfants... Des soupçons existent quant à la présence de policiers en embuscade, chargés de tirer sur les membres qui sortiraient de la maison, pour les forcer à retourner dans la maison et y mourir. Seule une femme, Ramona, et un enfant, Birdie, survivront. Ramona Africa sera condamnée à 7 ans de prison, et elle les effectuera jusqu'au dernier jour. Dix ans plus tard, l'action de la police sera jugée "excessive", mais aucun policier ni membre de la mairie ne sera condamné à un seul jour de prison.


Incroyable, non?

Si mon petit résumé ne vous suffit pas, un site web entier leur est consacré:
http://www.move-thestory.com/accueil.html

Un documentaire en français de 20 minutes, centré sur l'histoire de Debbie et Mike est ici:

Et un documentaire d'une heure et demi, déprimant:

Pour un lien avec la musique, quand même, même si aucune chanson à ma connaissance ne fait encore allusion à cette histoire, Mike Jr. est un rappeur. On l'a vu récemment aux manifestations pour George Floyd, et il n'a pas la langue dans sa poche: Time To Rise
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Aretha Franklin


Un set gospel de 2005 en hommage à Sam Cooke:
Precious Memories
https://www.youtube.com/watch?v=oWid-rcDsGM
I Came to Lift Him Up
https://www.youtube.com/watch?v=FyJ64grg7Ss
He Never Lost a Fight
https://www.youtube.com/watch?v=_lawzFkxBao
A Change Is Gonna Come (avec Solomon Burke)
https://www.youtube.com/watch?v=0Mjacsxtnd4
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Agenda culturel, militant et scientifique!


Selon le calendrier Maya, la fin du monde est pour cette semaine:
Alternate reading of Mayan calendar suggests end of the world is next week
Paula Froelich, The New-York Post, le 13 juin 2020
https://nypost.com/2020/06/13/reading-of-mayan-calendar-suggests-end-of-the-world-is-next-week/

Pour celles et ceux qui s'intéressent à l'histoire de la colonisation du Canada et à l'oppression des populations autochtones, ce documentaire en retrace un épisode méconnu, et il est gratuit jusqu'au 30 juin:
The Pass System (Alex Williams / Canadá / 2015 / 51 ' / English)
https://vimeo.com/ondemand/thepasssystemfilm
Code: justice (attention, ce n'est pas un "code VIP", il faut faire comme si vous vouliez louer le film, et juste à la fin, au lieu de payer, vous mettez le code)

19 juin 18h: conférence virtuelle de Belkacem Meziane sur Gil Scott-Heron
https://www.facebook.com/events/843461242845302/
   
19 juin 20h: projection suivie d'un débat, du documentaire Demain est si loin de Muriel Cravatte (2019, France, 88 min)
https://www.facebook.com/events/1165149137184372/

20 juin 14h Place de la Nation: manifestation "Sans-Papiers: si le pouvoir n’entend pas il faut crier plus fort !"
https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/090620/20-juin-plus-nombreux-et-nombreuses-encore-avec-les-sans-papiers

25 juin 15h: webinaire scientifique avec Robert Penner "Backbone free energy estimator, a new geometric tool in structural biology"
https://us02web.zoom.us/j/81758211118?pwd=c0ZTZ2V0bTMwcWJvamxrUm40aFRKdz09

27 juin, 15h M° Barbes: Marche unitaire pour la Palestine, contre l'annexion de la Vallée du Jourdain par israel
https://www.facebook.com/events/266656274678637/

mercredi 10 juin 2020

ELO#409 - Vérité et Justice pour Adama


Dror, Entre Les Oreilles, le 10 juin 2020

Samedi prochain, 13 juin, 14h30, Place de la République: nouvelle manifestation en direction de l'Opéra, pour réclamer Vérité et Justice pour Adama Traoré et toutes les victimes des violences policières racistes en France et ailleurs...
https://www.facebook.com/events/265954444710791/

Soutenez l'appel d'Omar Sy: #ReveillonsNous
https://www.change.org/p/soutenez-l-appel-d-omar-sy-reveillonsnous

Vidéos en hommage à George Floyd et Eric Garner, Adama Traoré et Gabriel, et les autres...

Cody ChesnuTT - Experiment Number One
https://www.youtube.com/watch?v=KDfXpD0Mjpc

Pussy Riot - I Can’t Breathe
https://www.youtube.com/watch?v=dXctA2BqF9A

India.Arie - Breathe
https://www.youtube.com/watch?v=8v-bsi5dyOE

Ledisi - I Can’t Breathe
https://soundcloud.com/therealledisi/i-cant-breathe

HK - Je suis
https://www.youtube.com/watch?v=lJuGIc7PCEI

Mick Jenkins - Drowning
https://www.youtube.com/watch?v=PsIiwHHiT3o

Spike Lee - 3 Brothers - Radio Raheem, Eric Garner and George Floyd
https://twitter.com/SpikeLeeJoint/status/1267269978320826368

Durand Jones & the Indications - Everybody's Got a Right to Live
https://www.youtube.com/watch?v=YvwgdjJ_OJg

Black Lives Matter - Rest in Power, Beautiful
https://vimeo.com/425981516

Les Goguettes - Les gens qui meurent
https://www.youtube.com/watch?v=eYY15t9XjP8
Pussy Riot (Russie), Parcas, Dillom et Muerejoven (Argentine) - 1312
https://www.youtube.com/watch?v=Pm1wkT1vgH0

Kenny Sway - Lean On Me
https://www.youtube.com/watch?v=cCsl_wij9Xs

Trey Songz - 2020 Riots: How Many Times
https://www.youtube.com/watch?v=DWZkjXCU-ds

La Rumeur : « L’affaire George Floyd est un miroir tendu par les Etats-Unis »
Stéphanie Binet, Le Monde, le 5 juin 2020
https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/06/05/la-rumeur-l-affaire-george-floyd-est-un-miroir-tendu-par-les-etats-unis_6041875_3246.html

Samedi suivant 20 juin 14h Place de la Nation: La Marche des Solidarités organise une autre manifestation: Sans-Papiers: si le pouvoir n’entend pas il faut crier plus fort ! Pour la régularisation de tou.tes les Sans-Papiers et Migrant.es, la fermeture des CRA et le logement pour tou.tes ! Pour l’égalité des droits et la fin des discriminations ! Pour la liberté !
https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/090620/20-juin-plus-nombreux-et-nombreuses-encore-avec-les-sans-papiers

Alors que la messe, le Puy du Fou, les promenades dans les parcs sont autorisés, les manifestations politiques qui critiquent le gouvernement sont interdites pour raisons sanitaires. Même alors que l’État d'Urgence Sanitaire va bientôt s'arrêter, quelques exceptions sont prévues dont "la possibilité de « limiter ou d’interdire les rassemblements sur la voie publique ainsi que les réunions de toute nature », pour une durée de quatre mois à l’issue de l’état d’urgence sanitaire, soit jusqu’au 10 novembre."
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Tonton du Bled


La chanson du 113 se trouve décortiquée par l'Histgeobox:

Quand le rap du 113 éclaire de façon originale les enjeux d'identités des vacances au bled.
L'Histgeobox, le 3 juin 2020
https://lhistgeobox.blogspot.com/2020/06/quand-le-rap-du-113-eclaire-de-facon.html

Et une version symphonique:
https://www.youtube.com/watch?v=-TGIp9mMWZM
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Le Jour d'Après

1) Le 17 juin – Agir contre la réintoxication du monde
https://17juin.noblogs.org/

2) Le Conseil National de la Nouvelle Résistance
https://www.facebook.com/ConseilNationalDeLaNouvelleResistance/

3) Se fédérer
http://www.contretemps.eu/se-federer/

As It Used To Be (Clement Gonzalez, 2013, 8 minutes, anglais sous-titré en français)
https://vimeo.com/57814889
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Aucun rapport

Covid-19 : Les prisonniers d’opinion égyptiens en danger !
https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/petitions/covid-19-les-prisonniers-dopinion-egyptiens-en-danger

Marie Curie découvre internet et Google:
https://www.youtube.com/watch?v=xwLcB1QEPm4

mercredi 27 mai 2020

ELO#408 - Mory Kante... à qui le tour?

Mory Kanté, Youssou Ndour, Ouzin Ndiaye, Jacques Higelin, Bercy 1985

Dror, Entre Les Oreilles, le 27 mai 2020

Pas une semaine sans qu'une star de la musique ne succombe à la morosité mondiale... Manu Dibango, Bill Withers, Idir, Tony Allen, Millie Small, Little Richard, Betty Wright, Lucky Peterson...

En 1985, Jacques Higelin est au sommet de sa popularité et il prend le risque de réserver le Palais Omnisports de Paris Bercy pendant un mois, du 12 septembre au 12 octobre. Ce sera un échec relatif, mais il jouera quand même devant plus de 200.000 spectateurs! Autre innovation, il ne joue pas sur la scène, mais directement sur la piste en bas, immense scène et immense mise en scène, avec des trappes d'où arrivent les musiciens... Higelin revient aussi d'une tournée en Afrique, et il décide d'inviter deux stars africaines à peu près inconnues en France. Ces invités ne sont pas des "premières parties", mais font partie intégrante de son spectacle. Et c'est ainsi qu'en septembre 1985 des centaines de milliers de spectateurs (dont moi) découvrent un drôle d'instrument, la Kora, et un fantastique chanteur, Mory Kante, en ouverture du spectacle, avec le morceau Ygare (l'autre invité est Youssou N'Dour presque aussi peu connu en France):

Je dois dire que je ne suis pas un fan de ce qu'a produit Mory Kanté par la suite, Yéké Yéké et autres tubes afro-pop des années 1980. En revanche, j'ai découvert par la suite le Rail Band, le groupe malien où Salif Keita et Mory Kante ont fait leurs débuts. On trouve des disques qui prétendent les réunir tous les deux, mais je crois qu'ils sont mensongers, Salif Keita étant parti peu de temps après l'arrivée de Mory Kante (pour aller rejoindre les encore plus géniaux Ambassadeurs), je ne crois pas qu'ils aient enregistré ensemble. Ici une version de 27 minutes de Soundiata en 1974 avec Mory Kante au chant.

Mory Kante est mort du colonialovirus qui fait que la France exploite les richesses de l'Afrique en y maintenant sa domination et sans la payer en retour. Ainsi la plupart des hôpitaux du continent sont sous équipés et, lorsqu'un Africain tombe gravement malade, il meurt s'il n'a pas les moyens de venir se faire soigner (à grands frais) en France. Indirectement, à cause de la pandémie de Covid-19, Mory Kante n'a pas pu venir se faire soigner en France cette fois ci, et il est mort de complications d'une maladie chronique dont il souffrait. Il avait 70 ans...
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Bonus


Un petit concert d'une heure de James Brown à la télévision en 1987, avec ses amis en pleine forme (Wilson Pickett, Billy Vera, Joe Cocker, Robert Palmer, Aretha Franklin):

Lea Tsemel, avocate (ADVOCATE), un film de Rachel Leah Jones et Philippe Bellaïche (CANADA/ISRAËL/SUISSE | 2019 | DOCUMENTAIRE | 108 MINUTES)
https://www.france.tv/documentaires/societe/1492893-lea-tsemel-avocate.html

Foyers, CRAs, sans-papiers: des mesures immédiates contre la bombe sanitaire
https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/280420/foyers-cra-sans-papiers-des-mesures-immediates-contre-la-bombe-sanitaire

Manifestations prévues dans toute la France
le 30 mai 2020, à Paris de la place de la Madeleine à la place de la République, de 14h00 à 18h00...
 

mercredi 20 mai 2020

ELO#407 - Coronavirus Blues


Dror, Entre Les Oreilles, le 20 mai 2020

Coronavirus Blues: je découvre ce morceau en même temps que j’apprends la mort de Lucky Peterson (à 55 ans, d'un AVC). Bluesman américain mais qui venait très souvent en France, virtuose de la guitare électrique et de l’orgue, au talent un peu gâché par un esprit cabotin qui privilégiait parfois la frime... 

50 ans de carrière, car il a effectivement commencé à jouer et chanter à 5 ans !
https://www.youtube.com/watch?v=Pc5ssfTksZg
https://www.youtube.com/watch?v=gruI4_C4MQA

Et il sait tout faire:

Un classique du blues, Who's Been Talkin, en 1992:
https://www.youtube.com/watch?v=TikCAoicQbA

Un peu plus funky avec Compared To What, en 1993:
https://www.youtube.com/watch?v=JZF4gcSrPm0

Un slow indémodable avec A Change Is Gonna Come, en 1995:
https://www.youtube.com/watch?v=e6VZlF_Y9fE

Un jazz bluesy avec Abbey Lincoln, Hey Lordy Mama en 1995:
https://www.youtube.com/watch?v=mNEjoRMWKJ0

Une demi heure de Gospel avec Mavis Staples en 1998 où, comme Mahalia Jackson, ils enchaînent Motherless Child et Summertime:
https://www.youtube.com/watch?v=hvkAVQzFNyY

De la soul avec Why Can’t We Live Together en 1999
https://www.youtube.com/watch?v=2_oeu0_qpLk

Une heure au New Morning en 2004, avec un bel hommage à Johnny Guitar Watson:
https://www.youtube.com/watch?v=alzAG7rCAQA

Encore un peu de gospel jazzy avec Nobody Knows The Trouble I've Seen, en compagnie de Wynton Marsalis à Marciac en 2012 (j'y étais!)
https://www.youtube.com/watch?v=bBa5HynDByw

Retour au blues avec I'm Still Here en 2014:
https://www.youtube.com/watch?v=TI5GHHYE6Ko

Hommage jazz à Jimmy Smith en 2017, avec Archie Shepp au sax ténor et au chant (j'espère qu'il se lave bien les mains lui...):
https://www.youtube.com/watch?v=i9mMzGdmwEQ

Il fêtait ses 50 ans de carrière il y a quelques mois à peine :
https://www.youtube.com/watch?v=pR9RQf_EBZ0

Il semblait pourtant en forme, il va nous manquer...

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Palestine

Plus de 350 artistes (dont Ariane Ascaride, Alain Damasio, Rokhaya Diallo, Brian Eno, Annie Ernaux, Peter Gabriel, Naomi Klein, Mike Leigh, Lluís Llach, Ken Loach, Marinah, Massive Attack, Vic Mensa, Thurston Moore, Gérard Mordillat, Viggo Mortensen, Mireille Perrier, Ernest Pignon-Ernest, Roger Waters...) appellent à mettre fin au siège de Gaza par Israël et soutiennent l’appel d’Amnesty International pour imposer un embargo militaire à Israël jusqu’à ce qu’il respecte pleinement ses obligations selon le droit international:
https://liftthesiege.com/fr

Plus de 160 personnalités du monde arabe (dont Yadh Ben Achour, Abdullah Hammoudi, Ibrahim Nasrallah, Ahmed Nagy, Anouar Brahem, Omaima El Khalil, Saleh Bakri, Pierre Abi Saab, Khaled Al-Balshi, Hanan Ashrawi, Nabil Shaath, Omar Barghouti, Mokhtar Trifi...) appellent à la libération des prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes et des prisonniers d’opinion dans le monde arabe:
https://orientxxi.info/magazine/covid-19-la-double-peine-des-prisonniers-palestiniens-et-arabes,3887
 
Des masques en keffieh produits dans les camps de réfugiés palestiniens du Liban (mais vous pouvez aussi vous en faire vous même ici...):

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Bonus

Une chanson contre Bolsonaro:  

Flavia Coelho - Cidade Perdida (2019)

mercredi 13 mai 2020

ELO#406 - Trois musiconécrologies en une semaine!


Dror, Entre Les Oreilles, le 13 mai 2020


D'abord Millie Small, décédée le 5 mai 2020...

Connue pour un seul titre, My Boy Lollipop, en 1964, son parcours est néanmoins intéressant puisqu'elle est Jamaïcaine (son interprétation est d'ailleurs un mélange de pop et de ska), mais qu'elle part en Angleterre à 16 ans pour chercher et obtenir le succès, succès qui deviendra international, bien qu'éphémère...


En 1970, elle sort un dernier disque, plus clairement reggae, et qui contient un titre contre le politicien raciste Enoch Powell, mais sans grand succès... 
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Puis Little Richard le 9 mai, l'inventeur en à peine 3 ans de la musique et de l'esprit rock'n'roll...

Avant qu'il ne soit connu, Little Richard's Boogie en 1953, son premier tube, Tutti Frutti en 1956 (qui était au départ une chanson pornographique (et homosexuelle: Tutti Frutti, good booty, if it don't fit, don't force it, you can grease it, make it easy...), mais Dorothy LaBostrie lui a donné ses paroles définitives, chastes et néanmoins absurdes), et en 1959 il quitte (temporairement) la musique du diable et interprète ce gospel, Troubles of the World...

Il revient ensuite à la musique et embauche un jeune guitariste inconnu, Jimi Hendrix, sur ce morceau, I Don't Know What You've Got (But it's got me) en 1965.

Après, on peut dire qu'il a vécu sur sa réputation et son humour éternel...

Rue Sésame en 1994:
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Enfin, Betty Wright, disparue le 10 mai...

Elle sort son premier 45 tours en 1966, elle à 12 ans, elle sort son premier 33 tours à 14 ans, sur lequel elle chante avec une incroyable maturité, pour lequel elle écrit déjà un morceau et en co-écrit un deuxième, et qui contient aussi son premier tube, le pas très féministe Girls Can't Do What the Guys Do. A 17 ans elle sort son plus grand tube Clean Up Woman, sur les femmes qui ramassent tous les mecs des femmes qui ne s'en occupent pas assez bien... pas très féministe non plus! Sa chanson est restée célèbre en particulier parce qu'elle a été samplée par Mary J. Blige sur son Real Love...

Mais Betty Wright, pour moi, c'est l'auteur d'une des plus belles chansons de dépucelage, son fameux Tonight's the Night (elle a 20 ans quand elle la chante!). La chanson apparaît aussi (enchaînée avec Pure Love) sur un disque live de 1978 que j'aime bien, même si le son est bizarre, et pour cause, c'est un faux live, les bruits du public ont été ajoutés artificiellement sur la bande son!

J'aime bien You Can't See for Lookin' en 1977, mais après on la perd un peu de vue. Elle continue de composer des morceaux, de produire ses disques, de donner des concerts, mais aussi de faire les chœurs derrière de grandes stars (Stevie Wonder, Peter Tosh, Jimmy Cliff, Bob Marley....). Dans les années 2000, elle commence aussi à produire des disques pour les autres, dont Tom Jones, et elle aide entre autres à lancer la carrière de la jeune anglaise Joss Stone (que je déteste, mais bon...).

Elle sort enfin un très bon disque en 2011, accompagné par le groupe The Roots, avec l'excellente Old Songs, mais aussi Tonight Again, la suite de Tonight's the Night où elle fait encore, à 57 ans, son "sifflement" hyper aigu pendant 14 secondes. Le dernier morceau de son dernier disque est Go!, une chanson contre les violences conjugales enregistrée live en 2010...

J'avais quasiment déjà écrit tout ça en 2012!: 
https://entrelesoreilles.blogspot.com/2012/09/elo117-betty-wright.html

Et j'en profite donc pour rajouter ces liens vers deux concerts, en 1992 et 2012:


Il reste qui des historiques de la soul?

Shirley Brown, Betty Harris, Millie Jackson, Chaka Khan, Gladys Knight, Martha Reeves, Diana Ross, Valerie Simpson, Mavis Staples, Candi Staton, Carla Thomas, Irma Thomas, Tina Turner, Dionne Warwick...

William Bell, George Benson, Jerry Butler, Clarence Carter, George Clinton, Bootsy Collins, Eddie Floyd, Larry Graham, Al Green, Ronald Isley, Latimore, Eddie Levert, Jerry Lee Lewis, Sam Moore, Smokey Robinson, Joe Simon, Stevie Wonder...
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Et pour revenir à l'actualité, nouveau clip de Sidi Wacho avec Olivier Besancenot, sur leur titre Que de l'Amour:

Sinon, une remontée dans le temps... Fred Vargas avait prévu la pandémie de covid-19 en 2006:

....et la fin du monde en 2008 (ce texte lu par Charlotte Gainsbourg en 2018 a été écrit par Fred Vargas en 2008 pour la campagne électorale européenne de 2009 de Europe Ecologie Les Verts):

mercredi 6 mai 2020

ELO#405 - L'hécatombe


Dror, Entre Les Oreilles, le 6 mai 2020

Ce blog est en train de se transformer en rubrique nécrologique... Je n'arrive pas en ce moment à assurer une régularité hebdomadaire, mais je met régulièrement à jour la compilation des chansons sur le coronavirus...

Alors bon, moi je pleure Idir cette semaine, qui était surtout connu pour ses belles chansons douces comme A Vava Inouva (1975, sa première chanson) ou Assendu (1976), mais on oublie souvent qu'il est aussi l'auteur d'une des chansons les plus joyeuses que je connaisse, Zwit Rwit (1975, sa deuxième chanson!), connue aussi par sa reprise par Khaled et Amar sous le nom El Harba Wein (1995), ou par sa version (médiocre) en français dans La France des Couleurs (2007), avec Idir et, entre autres, Grand Corps Malade, Jean-Jacques Goldman, Magic System, Tunisiano, Yannick Noah, cette période où tout le showbiz voulait apparaître à ses côtés...

Le mieux, c'est quand il était sur scène, tout seul (sans les minables charognards de la chanson française qui le parasitaient), comme ce concert de 2004 d'une heure et demi à Puteaux (à 22 minutes, un bel hommage à Matoub Lounes): 



Un documentaire d'une heure tourné par Jean-Paul Miotto à la même époque, avec une visite de Ménilmontant, des apparitions de Khaled et Higelin, Fellag, Tinariwen, Mouss et Hakim, et plein de beaux moments...

Et à la fin je découvre aussi qu'il a adapté en kabyle les Trompettes de la Renommée de Brassens.

Un peu de Politique quand même:
Tagrawla (Révolution) (1976)
Marche Sur Jerusalem (2007), avec Akhenaton

Et quelques reprises:
100% collègues - Assendu (1996)
Draganov - A Vava Inouva (2020)


Mais on pleure aussi Tony Allen, génial batteur qu'on retrouve ici avec Dele Sosimi et Ginger Baker, sur Egbe Mi O (2013), ou là avec Oumou Sangaré sur Fadjamou (2017)...

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Des assos qui aident celles et ceux qui en ont besoin pendant cette pandémie

1) Les Marmoulins de Ménil:
https://www.helloasso.com/associat…/les-marmoulins-de-menil/
2) La Cantine des Pyrénées:
https://www.helloasso.com/ass…/les-pieds-sur-la-table-75020/
Comme souvent, ils préfèrent des dons par virement direct:
Titulaire du compte: Les pieds sur la table
IBAN: FR76 1027 8060 4900 0206 6220 111
BIC: CMCIFR2A
3) Les Brigade de Solidarité Populaire:
https://www.lepotsolidaire.fr/pot/ebnv1fg9
4) Les Midis du Mie
https://www.helloasso.com/associations/les-midis-du-mie/
5) Utopia 56
https://www.helloasso.com/associations/utopia56/
6) L'Atelier des Artistes en Exil:
https://campagne.aa-e.org/
7) Emmaüs:
https://emmaus-france.org/
8) Le Refuge Solidaire de Briançon:
https://www.helloasso.com/…/refuges-solidaires/formulaires/1
Et en bonus
9) le Lieu-Dit, café militant de Ménilmontant qui va avoir du mal à survivre:
https://www.leetchi.com/c/soutien-au-lieu-dit
Comme souvent, il préfère un virement direct:
IBAN: FR76 3007 6020 5133 9943 0020 005
BIC: NORDFRPP

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Le Siné Mensuel du mois de mai sort en version numérique

Pour la première fois en version numérique uniquement, pour cause de Covid-19, retrouvez votre journal en intégralité, 32 pages comme toujours. Rire ne peut que nous faire du bien, se moquer, être en rogne, réfléchir à ce monde nouveau, ce ne sont pas les sujets qui manquent ! On ne va pas se laisser abattre par cette saleté de coronavirus.
Facile comme bonjour, cliquez ici :
http://www.sinemensuel.com/sm96

mercredi 15 avril 2020

ELO#404 - Mazette


Dror, Entre Les Oreilles, le 15 avril 2020

Je vous ai déjà parlé de Mazette, un magazine de BD numérique libre et sans pub, satirique, écologique et drôlatique pour 3 euros par mois... Si vous n'êtes pas déjà abonné.s, vous attendez quoi?!

Pour vous faire une idée, voici le numéro 1.

Et puisqu'on en est au numéro 8 de Mazette, il est temps que je vous fasse partager mes 7 premières contributions. Sur le site de Mazette, vous aurez en plus les versions audio, c'est à dire mes chroniques lues par des voix suaves...

Septembre 2019 

La fin du monde est reportée:


La Chanson Politique du Mois:  Lee Fields - Wake Up




Octobre 2019

Idiocratie:



Athéisme radical:



La Chanson Politique du Mois:  Lizzo - Tempo



Novembre 2019

Le racisme, c'était mieux avant:



La Chanson Politique du Mois:  Léonie Pernet - Auaati



Décembre 2019

La Chanson Politique du Mois:  Keb' Mo' - Oklahoma



Janvier 2020

J'ai décidé d'arrêter:



La Chanson Politique du Mois:  Kerry James - Amal




Février 2020

Un bon plan pour les vacances:



La Chanson Politique du Mois:  Almuarri - On All Fronts


Mars 2020

La Chanson Politique du Mois:  Sidi Wacho - Elegante


mercredi 8 avril 2020

ELO#403 - Sunshine When He's Gone


Dror, Entre Les Oreilles, le 8 avril 2020

Bon apparemment, ça n’a rien à voir avec le cocovivi, c’est juste la mort qui est venu relever les compteurs à 81 ans... Bill Withers est mort cette semaine...

L’un de mes héros musicaux, ce mec est aussi l’un de mes héros tout court, pour l’intégrité de son parcours.

Son premier disque était un peu un accident, il n’était plus si jeune et voulait surtout écrire pour les autres, mais ses « démos » étaient tellement bonnes qu'une maison de disque à décidé de l’enregistrer lui même... Il a ensuite fait 8 disques en 8 ans. Un par an entre 1971 et 1978, dont un live au Carnegie Hall (super d’ailleurs, de même que son passage au Zaïre pour le concert accompagnant le match de boxe de Mohamed Ali...).

Au début des années 1980, une nouvelle maison de disque lui confie un nouveau directeur artistique qui veut changer son style de musique. Dégoûté, il quitte le milieu.

Mais ses 8 disques recèlent un nombre incroyable de chansons qui sont de véritables écrins mélodieux, des bijoux de simplicité, de justesse et de beauté qui, forcément, s’impriment dans votre mémoire dès la première écoute. Elles sont aussi de gourmandes tentations pour d’autres chanteur.ses qui se sont précipités dessus pour les reprendre. Avec ça, il gagnait très correctement sa vie, par les simples droits d’auteur qu’il percevait.

Alors plutôt que de courir après l’argent, ou après le succès, en pervertissant ce qu’il avait envie de dire, il finissait par reconnaître avec modestie qu’il n’avait peut-être en fait plus grand chose de nouveau à dire, et qu’il ne voulait pas se contenter de ressasser ses vieux succès sans cesse... Timide, il en avait assez de forcer sa nature alors... il n’a plus jamais rien fait de commercial, ni chanson, ni concert. Rien (ou presque).

Il a décidé de vivre sa vie d’être humain, et pas de star, avec sa femme et ses deux enfants, dans un certain confort mais bien en dessous de ce à quoi il aurait pu prétendre, refusant toutes les perches qu’on lui tendait, en cherchant un bonheur aussi simple qu’étaient ses mélodies, dans l’anonymat, la tranquillité, et la modestie, dans tous les sens du terme.

A l’approche de ses 70 ans, il y a une dizaine d'années donc, Bill Withers se laisse interviewer, revient sur les différentes étapes de sa vie, son enfance, son bégaiement, son passage à l’armée, et des réflexions, toujours aussi savoureuses... Il en résulte un chouette documentaire d’une heure, Still Bill, où on le voit entre autres retourner en Virginie, discuter avec Cornel West et Tavis Smiley, invité par une fondation pour jeunes bègues, passer une soirée avec eux et verser une larme, puis une autre larme quand sa fille chante, puis écrire une chanson avec Raùl Midon, enfin le soir où il accepte de rejoindre son ami guitariste Cornell Dupree sur scène pour chanter juste deux couplets de son morceau Grandma’s Hands. A un moment, sa femme dit qu’il y a chez lui plein de cassettes où il a enregistré des choses...

Still Bill - The Bill Withers Story (1h10, 2009, USA, réalisé par Damani Baker et Alex Vlack)


En effet, depuis peu, le showbiz s’est mis à le célébrer, lui donner des prix, l’inviter à des cérémonies. La plupart du temps il refuse, mais parfois il vient et alors tout le monde se demande s’il va monter sur scène. Et puis non. Il est bien dans le public, simple spectateur, simple humain.

Il donne quand même quelques interviews, et on découvre en plus, que c’était quelqu’un de très drôle et un très fin analyste de la situation mondiale, tant au niveau du showbiz que de la politique, et c’était toujours un plaisir de le lire ou de l’écouter...

En quelque sorte, ça faisait 40 ans qu’il était confiné chez lui, en Californie. Et c’est maintenant que le monde entier se confine, qu’il décide de tirer sa révérence. Bon, ça ne changera pas grand chose pour nous puisqu’il ne chantait plus, mais je suis triste, et en plus je n’ai pas tant de disques que ça pour m’y plonger.

Cela dit, avec Bill Withers, il se passe toujours la même chose. Les gens disent : « qui ça ? je ne connais pas » et puis on passe 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 chansons, et en fait les gens les connaissent toutes, mais ne savent pas qu’elles étaient de lui... On essaye ?

Who is He (And What Is He to You ?), que vous connaissez sûrement par la BO de Jackie Brown

Ain’t No Sunshine (When She’s Gone)
Lonely Town Lonely Street
Grandma’s Hands (très belle chanson sur sa grand mère)
Use Me
Let Me In Your Life
Lean On Me (chanson d'amitié)
Harlem
Pour ces morceaux, il y a ce fameux concert d’une demi heure à la BBC en 1973, donc à la même période que le concert au Carnegie Hall.

Friend of Mine (version Carnegie Hall)

Better Off Dead (version Carnegie Hall)

I Can’t Write Left-Handed (chanson sur la guerre du Viet Nam, version Carnegie Hall)

Hope She’ll Be Happier (version au Zaïre):

The Same Love That Made Me Laugh

Hello Like Before

Lovely Day

Just the Two of Us (en fait un morceau de Grover Washington, le saxophoniste)

Allez, une petite dernière, pas sa meilleure, Apple Pie avec... Michel Berger !

Du coup, j’avoue que pour une fois je vous conseille un best of, ou le Live at Carnegie Hall qui est, en quelque sorte, un best of aussi...

Bonne écoute !