mercredi 25 janvier 2012

ELO#87 - Johnny Otis et Etta James, RIP...


Mercredi 25 janvier 2012

Mort de Johnny Otis à 90 ans le 17 janvier 2012, encore un géant, moins connu que les autres car il n'était pas sur le devant de la scène, mais connu quand même parce que derrière la scène depuis très longtemps, et derrière les plus grands, qu'il a découvert (Hank Ballard, Esther Philips, Big Mama Thornton, Little Richard, les Coasters, Etta James, Jackie Wilson...), et pour qui il a écrit et produit de fabuleux moments de musique noire, jazz, blues, rock, rythm and blues, soul, funk...

Grec d'origine et mat de peau comme on peut le voir sur la photo ci dessus, ses voisins noirs croyaient qu'il était l'un des leurs, un peu métissé, et il n'a jamais quitté leur monde musical, au point de ne plus se souvenir qu'il n'en n'était pas... A côté de la musique, il a aussi fait un peu de politique avec les démocrates américains... Le voici dans l'un de ses seuls tubes, Willie and the Hand Jive en 1958 (que vous connaissez peut-être par Eric Clapton?).

Il est surtout à l'origine des premiers tubes de Little Esther (avec qui il jouait encore trente ans plus tard, sous le nom de Esther Phillips), Big Mama Thornton, Little Richard ou Etta James.

Cette même Etta James qui vient de mourir, à 73 ans, le 20 janvier, trois jours après Johnny Otis qui l'avait découverte et l'avait fait chanter il y a près de 60 ans, alors qu'elle avait 14 ans et lui avait fait connaître la scène, les tournées, le succès, l'alcool, le sexe, la drogue (un peu comme avec Little Esther quelques années auparavant). A l'inverse de Johnny Otis, Etta James arborera longtemps des perruques blondes provocatrices, comme en témoigne déjà la photo ci dessus, prise en 1955, à l'époque où elle fréquente l'orchestre de Johnny Otis... Mais sa carrière prend vraiment son envol un peu plus tard, lorsqu'elle signe sur la maison de disque Chess où elle connaîtra ses plus grand succès mérités.

Ce qui me plait au delà de tout chez Etta James, c'est qu'à l'instar des autres chanteuses de soul de cette époque, elle chante des chansons parfois sirupeuses, parfois dansantes, mais toujours avec sa voix rauque de chanteuse de blues. Même dans ses premiers tubes comme Pushover, qui datent d'avant la soul, à l'époque "doo wop", sa voix contraste avec celle de ses contemporaines, ce n'est pas une voix de petite fille, et quand elle affirme quelque chose, on la croit! Cette voix rauque séduit tellement qu'on lui fait chanter chaque chanson, 6, 10, 20 fois, jusqu'à ce qu'elle soit épuisée et en colère: c'est là que sa voix sonne le mieux!

Alors bien sûr, son premier grand tube, le slow At Last, marquera les esprits et accumulera les reprises, mais il est à mon avis loin, très loin de lui permettre de montrer son talent autant qu'elle le fera par la suite. La grande qualité de ce slow, comme celle de nombre de ses titres, est sa durée. Ils sont si courts, toujours moins de 3 minutes, qu'on en sort frustrés et qu'on en redemande, on veut le ré-écouter 2, 3, 4 fois et on ne s'en lasse pas, on aimerait que ça dure des heures.

En 1964 elle publie un disque live, Etta James Rocks the House. Je ne comprends pas qu'il ne soit pas plus donné en exemple. On cite toujours James Brown comme le premier artiste à avoir pressenti l'intérêt du disque live, avec son fameux Live at the Appolo de 1963. Sauf que, pour moi qui suis pourtant un énorme fan de James Brown et qui adore par dessus tout ses disques live, le premier "Appolo" de 1963 est surtout une curiosité historique, mais l'un de ses disques que j'écoute le moins. A l'inverse, Etta James Rocks the House est fabuleux de la première note jusqu'à la dernière, elle, ses musiciens, le public, tout est excellent. D'ailleurs, elle chante de la soul, mais aussi de bons vieux blues de Jimmy Reed, Ray Charles, BB King, Willie Dixon, d'autant qu'à l'époque elle n'a pas encore beaucoup de tubes à son crédit sauf Something's Got a Hold on Me qu'elle a co-écrit et qui ouvre l'album.

Après cette date, elle enchaîne les tubes (au sens de morceaux indémodables qui mériteraient d'être des tubes, mais son plus grand succès au "Top 50" est Tell Mama, avec une modeste 23ème place...), enchaînant les morceaux rapides, comme l'hymne de toutes les fêtes In the Basement, en duo avec Sugar Pie de Santo, ou les blues comme I Prefer You. Le sommet est atteint entre 1967 et 1968, lorsqu'elle enregistre à la Mecque de la soul de l'époque (Muscle Shoals), avec les meilleurs musiciens possibles et un groove irrésistible: Tell Mama, Security, I Got You Babe, You Got It, Do Right Woman, Do Right Man, et l'un des plus beaux slows de tous les temps: I'd Rather Go Blind.

Je ne dis pas qu'après, ce qu'elle a fait n'a aucun intérêt, et au contraire on trouve ici ou là de très belles pépites, y compris encore récemment alors que sa voix est dégradée par tous ses excès (exemple avec ces reprises de The Sky Is Crying de Elmore James en 2004 et de It's a Man's Man's World de James Brown en 2006), mais c'est quand même à la décennie 1960-1970 qu'on revient toujours...

Une petite sélection qui, si ce ne sont pas nécessairement les meilleurs choix à mon avis, démontre l'étendue du talent d'Etta James en une heure et 18 vidéos...
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Al Green, dans le plus beau costume de toute l'histoire de la musique soul, et son émule, Barack Obama.

Une incroyable vidéo de 10 minutes tournée dans les studios de Stax et de Fame en 1969, avec Brook Benton (la chanson est la très rare She Knows What To Do For Me), Eddie Hinton, Booker T and the MGs, Steve Cropper, Duck Dunn, Al Jackson, Isaac Hayes (au Baryton!), The Emotions (la chanson est So I Can Love You). A l'origine, c'est un extrait de l'émission de télé A l'affiche du monde du 19 avril 1969.

Une nouvelle version acoustique dans une chambre d'hôtel pour Lovin You Baby de Charles Bradley.

Gloria Gaynor, Chaka Khan, les Pointer Sisters, Sister Sledge et quelques autres ont participé au défilé d'Etam lingerie. Voici donc une vidéo qui donne un nouveau sens à l'expression We Are Family par les Sister Sledge.

Une playliste d'une demi heure en l'honneur de Martin Luther King:
Bobby Porter - Let's Make That Dream Come True
James Chapman - In Memory of Dr. Martin Luther King
Solomon Burke - It's Been a Change
The Impressions - We're a Winner
George Perkins & The Silver Stars - Crying In The Streets
Roy C. - Open Letter to the President
James & Bobby Purify - Section C
The Staples Singers - Long Walk to D.C.
Willie Hightower - Time Has Brought About a Change
Kim Weston - Lift Ev'ry Voice and Sing
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Ca résiste au Maroc. Des nouvelles du rappeur Lhaqed (auteur de Mgharba Iqu = Marocains, réveillez vous!):
http://solidmar.blogspot.com/2012/01/maroc-ces-rappeurs-qui-enervent.html
http://www.youtube.com/watch?v=0Sv5W7yx7Ds

Des militants libanais veulent et obtiennent que Lara Fabian annule ses concerts après son concert pro-israélien:
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11691
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11693

A partir du 25 janvier, dans plusieurs cinémas à Paris et dans toute la France: le festival "Cinéma Tahrir, la révolution continue". Le programme:
http://egyptesolidarite.wordpress.com/2012/01/19/cinema-tahrir-demandez-le-programme/

mercredi 18 janvier 2012

ELO#86 - Encore des voeux... révolutionnaires


Mercredi 18 janvier 2012

On a tout le mois de janvier pour faire de nouveaux voeux, alors en voici que j'ai reçu pour 2012 et que j'endosse: Que les puces d'un millier de chiens galeux infestent le cul de celui qui vous gâchera une seule seconde de votre année, et que les bras de cet abruti deviennent trop courts pour qu'il ne puisse jamais se le gratter...

Que les milliers de puces infestent aussi les culs de ceux qui ont ouvert la prison de Guantanamo il y a exactement 10 ans, et de ceux qui ne l'ont pas fermée, et que les bras de celui qui a reçu le prix Nobel pour ça deviennent trop courts...

Que des milliers de puces infestent les culs de ceux qui se sont enrichis au fur et à mesure que s'est créée la dette haïtienne, depuis 200 ans, et de ceux qui continuent à le faire, par exemple ceux qui n'ont tenu aucune des promesses d'aides faites il y a exactement deux ans, après le séisme qui a tué plus de 200.000 personnes. Que leurs bras deviennent trop courts de continuer à profiter de leur misère pour mieux les exploiter.

Que d'autres milliers de puces infestent les culs des banquiers qui ont incité les pays à s'endetter au profit de leurs copains, pour ensuite les contrôler, et aujourd'hui continuer de les inciter à s'endetter, toujours au profit des mêmes, a Haïti, en Afrique et maintenant aussi en Europe. Que les bras de ceux à qui cela profite, les marchands d'armes par exemple, deviennent trop courts.

Illustration avec la Grèce où le nouveau budget "d'austérité" inclut la commande d'avions de combats, de frégates, de patrouilleurs, d'hélicoptères militaires, pour plus de 10 milliards de dollars, directement dans la poche de marchands d'armes allemands, français, américains, les mêmes qui "prêtent" l'argent...
Et, en fait, qui détient la dette française?
Contre le discours dominant sur la dette publique
Dette? Mais de quelle dette parlent-ils?
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Vous êtes dégoutés et vous cherchez l'inspiration?
The Beatles - Revolution (1968)
Nina Simone - Revolution (1969)
Gil Scott-Heron - The Revolution Will Not Be Televised (1971)
Ten Years After - I'd Love to Change the World (1971)
T. Rex - Children of the Revolution (1972)
Bob Marley - Revolution (1974)
The Clash - Revolution Rock (1979)
Tracy Chapman - Talkin bout a revolution (1988)
Arrested Development - Revolution (1992)
Steve Earle - The Revolution Starts Now (2004)
Eric Clapton - Revolution (2005)
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Jane Birkin a fini par chanter en israel. Elle a déclaré "pourquoi faire souffrir les gens ?". J'ai cru qu'elle voulait dire qu'elle renonçait à leur infliger sa voix de casserole, mais en fait elle croit que priver les israéliens d'un concert de Jane Birkin relève de la privation des biens essentiels et de la violation de la convention de Genève. Elle a aussi dit qu'elle donnerait un concert à Ramallah... sauf qu'elle n'y est pas invitée! Motif de satisfaction quand même, ce refus de boycotter à longuement été débattu dans la presse généraliste, et le message BDS est d'autant mieux diffusé auprès du grand public...

Pour ce qui est de musiciens un peu plus engagés, un reportage sur les Punks contre l'Apartheid, et sur le mouvement BDS, vu d'un quotidien suisse: Pas de pogo en Israël

Une violoniste anglaise, suspendue pour s'être exprimée contre le concert de l'OPI à Londres, porte plainte pour atteinte à la liberté d'opinion.

La bonne nouvelle de la journée: la campagne BDS convainc Jacques Rancière!

Et un peu de poésie à Gaza.
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Un peu de poésie aussi avec Siné croqué par Francis Marmande "Un des monuments du siècle avec l'Abbé Pierre et Malcolm X":
Siné exhibe ses cocktails Molotov de tendresse à l'Ecole Estienne
Francis Marmande, Le Monde

Notre meilleur ennemi est de retour, avec toujours les mêmes obsessions au sujet desquelles il s'était déjà engueulé avec notre Siné:
Le coup bas intellectuel de Michel Onfray
La rédaction du Monde Diplomatique

Un chouette reportage de Pierre Souchon en Tunisie, avant les élections. Souchon (aucun rapport avec le chanteur) avait déjà publié quelques chouettes articles écrits pendant son séjour en Tunisie dans le journal Fakir, en voici un de plus dans le journal Article 11...
Tunisie : la révolution n'est pas une randonnée de gala
Pierre Souchon, Article 11

L'AFP est prise en flagrant délit de manipulation sur Chavez et Ahmadinejad.
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Un peu de musique avec Jimmy Castor qui vient de mourir:
Troglodyte
King Kong
Bertha Butt Boogie

La Nouvelle Orléans est sacrément à la mode en ce moment: un chouette morceau produit par Mark Ronson avec Erykah Badu, Trombone Shorty, Mos Def, ZigabooModeliste et quelques Dap Kings !

Une chouette version de Whole Lotta Love, le tube du Led Zep, par Michael Kiwanuka avec d'excellents musiciens (même si, dans la version originale, ils faisaient autant de bruit à 4...).

mercredi 11 janvier 2012

ELO#85 - Bilan Musical 2011

Mercredi 11 janvier 2012

Comme prévu, c'est le monde arabo-musulman qui domine le monde en 2011 ! Avec le blues berbère de Bombino (Touareg du Niger, photo ci dessus) et le blues arabe de Aziz Sahmaoui (Gnawa marocain), mais aussi avec l'hommage aux chanteuses arabes donné par la tunisienne Dorsaf Hamdani: à voir en concert en 2012... Spéciale dédicace aussi à Abu Ali, fabuleux disque de soul arabe de Ziad Rahbani, le fils de Fairouz, en 1979 (mais que je n'ai découvert que cette année): on se croirait avec Starsky et Hutch au Liban ! Hors catégorie, le nouveau disque de Tom Waits, qui ne m'a pas déçu. Enfin, une dernière petite pensée pour tous les artistes ayant refusé de se rendre en israel dans le cadre de la campagne de Boycott culturel de ce pays de merde...

Bombino: Agadez (2011), avec le titre Tar Hani
Aziz Sahmaoui: University of Gnawa (2011)
Dorsaf Hamdani: Princesses du Chant Arabe (2011)
Ziad Rahbani: Abu Ali (1979) avec un extrait...
Tom Waits: Bad as me (2011)

En matière de soul, en 2011, l'écurie Daptone est toujours au top, avec un excellent premier disque de Charles Bradley et une chouette compil de Sharon Jones, qui montre que même les fonds de tiroir y sont de bonne qualité. Vivement leur retour sur scène en France en 2012. Aaron Neville nous sort également un très beau disque gospel-soul néo-orléanaise, et US3 un bon disque de rap-soul énervé. En option, les Espagnols des Excitements nous refont le coup de la Sharon Jones espagnole...

Charles Bradley: No Time For Dreaming (2011), avec le titre Heartaches and Pain
Aaron Neville: I know I've been changed (2010)
Sharon Jones: Soul Time (2011)
US 3: Lie, Cheat and Steal (2011)
The Excitements: The Excitements (2011), avec une petite vidéo marrante sur le titre Wait a Minute

Quelques belles compiles et rééditions soul en 2011, à commencer par celle de la maison Ace consacrée aux reprises de Bob Dylan, mais aussi d'excellents fonds de tiroir de Swamp Dogg et Darondo. Une compile permet enfin d'accéder aux premiers enregistrements d'Aaron Neville.

Ace: How Many Roads (2010), avec par exemple cette version de All Along the Watchtower par Bobby Womack
Swamp Dogg: It's all good (2011)
Darondo: Listen to my song (2011)
Aaron Neville: The Minit and Sansu Sessions (2011)

Magnifique dernier disque soul jazz tranquille de feu Cornell Dupree, et super disque funky jazz de Eric Legnini. Jazz plus classique avec Frank Woeste relevé par la voix de Magic Malik.

Cornell Dupree: I'm alright (2011), avec cette vidéo de Rainy Night in Georgia prise quelques temps avant sa mort
Eric Legnini: The Vox (2011)
Frank Woeste: Double You (2011)

En France, on retrouve les mêmes que l'an dernier! Il faut dire que depuis 2009, Casey enchaîne les projets en solo, au théâtre et avec Zone Libre, qui sort son deuxième album et sa deuxième tournée de concerts, avec toujours ce rap-rock méchant et envoûtant. Dans un genre proche, Saïdou sort momentanément du MAP pour son projet ZEP toujours aussi juste politiquement. Enfin, dans un autre genre, Richard Desjardins a également enchaîné les projets, en solo, en groupe ou avec un orchestre symphonique et tourné en France. Son nouvel album vaut le détour.

Zone Libre: Les contes du chaos (2011), avec le titre Aiguise moi ça
ZEP: Zone d'Expression Populaire (2011)
Richard Desjardins: L'Existoire (2011)
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Bon, c'est l'année 2012 qui commence, par quoi on peut commencer?
-LA pub pour 2012: l'autre pays du fromage...
-Une liste des 10 meilleurs titres de 2011 selon Que Tal Paris
-Un groupe de hard rock engagé qui met son disque en téléchargement gratuit: Death Grips, Ex Military
-Erykah Badu chante du Coltrane avec Robert Glasper: Afro Blue
-Un petit extrait du prochain album de Sandra Nkaké, Candy Says, des Velvet Underground
-El Gusto, un orchestre de Chaabi algérois qui mélange des musiciens juifs et musulmans
-Un joli petit reportage de 5 minutes en anglais sur Rufus Thomas
-Muscle Shoals: l'autre capitale de la soul sudiste
-Encore une belle page sur Otis Redding
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-L'affaire Sophia Aram / Morano / Val
-La suite dans la zone de Siné cette semaine
-Il annonce aussi la projection ce soir à 20h au cinéma La Clef (M° Censier-Daubenton) de La Bataille d'Alger, super film de Gillo Pontecorvo sur la génèse de la Guerre d'Algérie, entre 1954 et 1957 à Alger, avant que le conflit ne s'étende à tout le pays. Ou comment une défaite peut en fait etre le prémisse d'une victoire. Primé à Venise, Cannes, aux Oscars, ce film fut pourtant interdit ou censuré en France de 1966 à 2004!!! Il est projeté ici pour cracher sur la tombe du général Bigeard...
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-Un film de Palestine en 1896
-Une BD palestinienne
-Un concours pour vos amis artistes: faites un poster pour illustrer l'apartheid israélien et gagnez quelques centaines d'euros...
-Suite à la lettre que Jane Birkin a reçu des activistes Catalans leur demandant d'annuler son concert en israel, elle a annulé son concert... à Barcelone! Soit elle n'a pas compris la lettre qu'elle a reçu de BDS Catalogne (!), soit elle est vraiment malade (les concerts en israel sont toujours prévus...), soit elle a une maladie diplomatique qui la conduira à annuler le concert de Barcelone suivi de ceux prévus en israel... Espérons que ce soit la troisième solution qui soit la bonne et, dans ce cas là seulement, souhaitons lui un prompt (mais pas trop) rétablissement! En attendant, elle a reçu une 6ème lettre, émanant cette fois ci de Boycott From Within, c'est à dire le groupe d'israéliens éclairés qui demandent à ce qu'on boycotte leurs pays tant qu'il ne respecte pas le droit international...
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-Et si l’on privatisait les funérailles de Margaret Thatcher ? (Sophie Chapelle)
-Bakchich fait condamner un acteur clé de l'affaire Karachi (Xavier Monnier)
-« 17 filles » et pas mal d’objections (Mona Chollet)
-Et pour vous changer les idées, quelques petits films de RSA animate traduits en Français:
Sur internet
La motivation
Le capitalisme
L'éducation
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Un petit Taratata spécial Manu Chao de 2008, avec Amazigh et Tiken Jah Fakoly:
-Manu CHAO : A cosa / Crève la vie / Pinocchio
-Manu CHAO / Amazigh KATEB : Put it on
-Manu CHAO : Porque te vas
-Manu CHAO : La vida tombola
-Manu CHAO / Amazigh KATEB / Tiken JAH FAKOLY : Politic kills

mercredi 4 janvier 2012

ELO#84 - Bilan 2011

Mercredi 4 janvier 2012

Bonne année 2012 solidaire, rebelle, juste, révolutionnaire, indignée, décolonisée, populaire, anarchiste, boycotteuse, dénucléarisée, libre, amoureuse, amicale, musicale et pêchue!



La bonne surprise de l'année 2011: les révolutions, Tunisie et Egypte en tête, tout le monde arabe, et ensuite les indignés du monde entier, avec Madrid et New-York en tête.

Le vocabulaire de l'année 2011: al shaab yourid isqat al nizam (le peuple demande la chute du régime) et Irhal (dégage, c'est aussi le titre de la chanson de l'égyptien Ramy Essam, dans laquelle les deux sont prononcés, et ici une version le jour de l'an 2012 sur la place Tahrir au Caire, on sent qu'entre temps les égyptiens ont bien appris les paroles...)

Les bonnes surprises en France: le retour de Zebda, la victoire de Denis Robert, l'arrivée de Siné Mensuel, le BDS culturel, le passage du Sénat à gauche.

La mauvaise surprise de l'année 2011: la modernité qui tue encore à Fukushima



La manipulation de l'année 2011, et on n'en a pas fini: la Crise... installons vite un autre système...

Les morts de l'année 2011: Gil Scott-Heron, Cornell Dupree, Amy Winehouse, Cesaria Evora, John Barry, Al Green (des Green Brothers), J. Blackfoot, Marvin Sease, Pinetop Perkins, Bobby Purify, Howard Tate, Jerry Ragovoy, Nick Ashford, Jerry Lieber, Joe Frazier, Ben Laden, Khadafi, Vaclav Havel, Kim Jong Il...

Les bons débarras de l'année 2011: DSK et Berlusconi

En France, on aimerait bien s'en débarrasser aussi: la guerre en Afghanistan, les responsables de l'affaire Karachi, les mouillés de l'affaire Takieddine, tous les fachos de l'UMP, Nicolas SSarkkkozy, Claude Guéant, Brice Hortefeux, Eric Besson, Thierry Mariani, Eric Raoult, les membres de la droite populaire, et j'en oublie certainement...

La semaine prochaine, mon palmarès musical 2011...
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Quelques autres bilans:
Apocalyptique, par James Petras
Variante avec Didier Super, On va tous crever
Economique, par Frédéric Lordon
Anarchiste, par Pavillon Noir
Variante avec John Lennon et ce Happy Christmas, the war is over...
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Bon alors, d'abord de bonnes nouvelles: Etta James va un peu mieux et Aretha Franklin va se marier pour la troisième fois. En revanche, dernier mort 2011 de la galaxie des soulmen, Bobby Purify (le premier du nom):
I'm Your Puppet
Shake a Tail Feather
Let Love Come Between Us

Lhasa est morte il y a deux ans exactement. Elle s'engageait dans de belles causes. Juste avant sa mort elle avait signé l'appel au boycott d'israel, avec 500 autres artistes Montréalais. Quelques année auparavant, en 2006, elle s'était engagée contre la peine de mort, et avait participé à un petit concert de soutien à Farley Matchett condamné à mort au Texas. Deux chansons de ce concert intimiste à Montréal, avec le guitariste Thomas Hellman ont été immortalisées et publiées sur Youtube. L'image n'est pas fantastique, mais le son est bon, et le document est émouvant. Malheureusement, Farley Matchett était assassiné une semaine après ce concert...

Espérons que son exemple soit suivi par Jane Birkin qui reçoit maintenant une cinquième lettre d'Espagne, en Catalogne, où elle doit donner un concert en Janvier, avant de s'envoler vers israel... sauf si elle annule comme on le lui demande:
1) en Palestine
2) en France et en Belgique
3) en France et en Belgique encore
4) au Maroc
5) en Espagne
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Enfin, un dernier article publié par Emmanuel Dror (aka, moi!)

Rythmes révolutionnaires malgré eux
Emmanuel Dror, Le Courrier (Genève)
SAMEDI 31 DéCEMBRE 2011
http://www.lecourrier.ch/rythmes_revolutionnaires_malgre_eux


Retour sur les révoltes de 2011, portées par de nouveaux sons comme le Grime.

La musique annonce puis accompagne souvent les révolutions par des chants engagés, écrits par des artistes visionnaires. On a pu le voir cette année encore lors des révolutions arabes, avec le rappeur tunisien El General, le chanteur égyptien Ramy Essam, l’humoriste yéménite Adrei, le chanteur algérien Amazigh Kateb, le rappeur marocain emprisonné Lhaqed, ou le compositeur syrien Ibrahim Qachouch, assassiné en juillet dernier. Le plus étonnant est que la musique peut parfois soutenir les révolutions, indépendamment de sa qualité musicale, de la profondeur de ses textes ou même de la volonté de ses auteurs.

En effet, le propre des «musiques de jeunes» est de ne pas plaire aux vieux. La musique qui plaît aux vieux d’aujourd’hui ne plaisait pas aux vieux d’hier, quand les vieux d’aujourd’hui étaient jeunes... Vous suivez? C’est vrai partout et en tout temps. Ainsi, la Soul du chitlin’ circuit américain fut qualifiée de rudimentaire, avec un usage excessif de synthétiseurs et des textes creux, au même titre que la Tecnobrega brésilienne, le Reggaeton portoricain, le Raï algérien, l’Arabesk turc ou, dans une moindre mesure, le Rebetiko grec. Aujourd’hui on entend les mêmes reproches prononcés à l’encontre du Turbo-folk serbe, du Pop-folk bulgare, du Manele roumain, ou de la Pop chinoise. Il est d’ailleurs inutile de chercher des arguments pour défendre tel ou tel style, puisque déplaire est une condition nécessaire afin qu’un nouveau courant s’impose.

Le «grime» dérange

Dans un premier temps, ces musiques sont boudées par les grands médias, voire interdites, avant de devenir des succès populaires, et même financiers. Alors qu’au départ le Ragga a déçu les fans de Reggae, que le Rap n’a pas plu aux amateurs de Funk et que la Techno a choqué les aficionados de Rock, aujourd’hui en Grande-Bretagne, le Grime – littéralement «crasse» –, un mélange ultra vitaminé de tous ces styles, ne plaît ni aux uns ni aux autres. Le Grime, comme le Rap en son temps, a subi les foudres de divers politiciens et des pressions afin d’interdire son passage en radio. Peu importe, encore une fois, que certaines des critiques puissent être justifiées – oui, le Grime utilise une imagerie violente et machiste dans ses clips vidéo –, elles ont pour conséquence d’opposer automatiquement ses fans à une classe qui ne les comprend pas. Une classe politique, sociale et générationnelle qui ignore à quel point la musique n’est que le reflet d’un quotidien, il est vrai, pas toujours rose. A David Cameron qui critiquait son style musical, le «grimeur» Lethal Bizzle répond qu’il a plus d’influence sur les jeunes que le premier ministre britannique, parce qu’il les comprend mieux. Ce type d’opposition frontale a pour effet de placer les musiciens et leurs fans sur la défensive, prêts à accompagner tout mouvement de rébellion quand il se déclenche.

Ensuite, la popularité de ces styles influencera des artistes qui, par ailleurs, ont des choses à dire. Ainsi, de même que le chanteur kurde Ahmet Kaya chante un Arabesk engagé, ou que l’Algérien Cheb Hasni utilise le Raï pour raconter la misère de l’immigration dans sa chanson «El Visa», Lowkey ou le So Solid Crew s’essaient à un Grime qui dénonce le racisme et la violence policière, notamment sur le titre «Broken Silence». Mais paradoxalement, c’est avec un morceau de Grime aux paroles complètement superficielles, «Pow» de Lethal Bizzle, que les étudiants anglais ont protesté en décembre 2010 contre l’augmentation des frais d’inscription à l’université.

Quand les émeutes enflamment à nouveau la Grande-Bretagne l’été dernier, c’est encore au son du Grime. Cette fois, l’insurrection fait suite à l’assassinat du jeune noir Mark Duggan par la police, comme s’il avait été prédit par la chanson du So Solid Crew... Et, alors qu’en février 2011, Bizzle mettait en garde le premier ministre Cameron («il devrait vraiment avoir peur»), en août, il semble complètement dépassé par ce que les jeunes font de sa musique, et il appelle au calme... D’autres «grimeurs» plus politisés justifient eux les incendies et les pillages, face à l’escalade de la violence policière et à la corruption des politiques. Sur ces thèmes, et dans le feu de l’action, Reveal publie le titre «I Predict a Riot».

A propos de la musique populaire actuelle au nord du Brésil, le journaliste Vladimir Cunha explique: «La Tecnobrega n’a pas besoin de messages politiques ou sociaux pour être subversive. L’existence même de cette musique moche et mal faite, qui confronte l’élite locale à des aspects qu’elle préfère ignorer, est déjà en soi une subversion». On découvre ainsi, à côté de la puissance des textes, le pouvoir révolutionnaire de la musique, des mélodies et des rythmes. Si l’on ne peut pas prévoir d’où proviendra la prochaine émeute ou la prochaine révolution, on sait déjà que la musique qui l’accompagnera sera dépréciée, et c’est bien ce qui fait sa force...

Et la musique qui va avec:
El General: Rayes le Bled
Ramy Essam: Irhal
Adrei
Lhaqed: Mgharba Iqu
Amazigh Kateb: 155 Milliards
Ibrahim Qachouch: Irhal
Cheb Hasni: El Visa
So Solid Crew: Broken Silence
Lethal Bizzle: Pow
Reveal: I Predict a Riot