Le parolier de Zebda, Magyd Cherfi, est un drôle de personnage. Excellent poète, avec une culture militante incontestable, il a viré Soc' Dem' et dit tout le mal qu'il pense de Zebda dès qu'il en a l'occasion. Pourtant, il a besoin du groupe pour remplir la marmite, ses disques solo étant régulièrement des bides...
Magyd Cherfi tente pourtant le coup à nouveau en solo, avec ces deux nouvelles chansons... et il va se planter à nouveau, tant la musique est mauvaise! Ses paroles sont toujours aussi belles, mais toujours aussi molles, vu que ni Zebda ni Magyd Cherfi tout seul ne sont les glorieux révolutionnaires qu'ils ont été un jour:
------------------------------------- Back to the USA
Mavis Staples déchire avec Freedom Highway au festival de Coachella:
Jazz et soul dans une vidéo jouissive: Rachelle Ferrell et Ledisi, Summertime and much more (2012)
En 1998, Bobby Womack avait lui aussi réinterprété le classique de Gershwin, Summertime, avec The Roots, sur un album pour informer sur le SIDA, Red Hot + Rhapsody.
Avant de mourir Bobby Blue Bland avait fait un duo avec le rappeur Yo Gotti sur la chanson Ain't No Sunshine:
Suite des hommages à Prince sur la page qui lui est consacrée: Larry Graham, M, Erykah Badu, Bilal, Stevie Wonder, Maxwell, Janelle Monae, Sheila E., Mark Haynes...
--------------------------- Y a pas que les USA dans la vie
Daryl Hall, avec John Oates, avait un groupe à succès dans les années 1980. Il profite maintenant de son fric et de son temps libre pour inviter chez lui des artistes qu'il adore, jouer de la musique, manger avec eux et filmer le tout: le pied! Et en plus il partage ça avec nous...
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Musique américaine
Deux heures d'hommage à Ray Charles (avec Yolanda Adams, Leon Bridges, Andra Day, Anthony Hamilton, Shelea Frazier, Brittany Howard, Demi Lovato, Sam Moore, Jussie Smollett, The Band Perry, Usher, Rickey Minor...) à la Maison Blanche, en février dernier. C'est le dernier concert de Barack Obama... à partir de 1h25 sur la vidéo suivante:
Shelea Frazier qu'on retrouvait déjà pour une musique de film en 2011 (Love Fell On Me), et avec Arturo Sandoval dans Anyone Who Had a Heart de Burt Bacharach and Hal David, à la Maison Blanche en 2012:
Une chanson de Ben Harper de 2014, sur les meurtres policiers racistes: Call It What It Is
Un groupe pakistanais, The Sachal Ensemble,
s'attaque cette année au répertoire populaire américain, avec par exemple ce
classique de 1973 de Allen Toussaint chanté pendant la première campagne de
Barack Obama, Yes We Can Can, avec Bilal. Retour aux années 1970 avec The Meditation Singers (chanteuse: Laura Lee): Good Old Gospel Music
Enfin, l'émission du cubain Pánfilo invite Barack Obama:
--------------------------------- Back to France
Keny Arkana sort un nouvel album court (un "EP") en écoute et téléchargeable à prix libre: Etat d'Urgence https://www.etat-durgence.com/
Du 24 au 26 juin, à La Parole Errante, 9 rue François Debergue à
Montreuil (M° Croix de Chavaux): Festival de la CNT avec des débats (BDS le samedi 25 juin à 15h30), des
projections de films, des concerts (Tarace Boulba, La Canaille,
Serge-Utgé-Royo, La Rabia, Sanseverino...) etc. http://www.cnt-f.org/festival-cnt/
Muhammad Ali, The Greatest, de William Klein (1974)
When We Were Kings, de Leon Gast (1996)
Soul Power de Jeffrey Levy-Hinte (2009)
Enfin, pour se souvenir de ce mec incroyable, politiquement génial et hyper drôle, ces citations traduites en français:
"Je suis si rapide que la nuit derrière, j'ai éteint la lumière dans ma chambre d'hôtel et j'étais dans mon lit avant que la pièce ne soit plongée dans l'obscurité."
"Je suis si méchant que je rend même les médicaments malades"
"Si un jour tu rêves que tu es en train de me battre, tu ferais bien de te réveiller et de venir t'excuser."
"La boxe, c'est juste un boulot. L'herbe pousse, les oiseaux volent, les vagues mouillent le sable, moi, je tabasse des gens."
"La boxe, ce sont de nombreux hommes blancs qui regardent deux hommes noirs se tabasser"
"Je sais que j'ai réussi alors que des masses de noirs vivent l'enfer, mais tant qu'ils ne sont pas libres, je ne suis pas libre"
Au serveur d'un restaurant sudiste qui lui avait dit "On ne sert pas de nègres ici": "Ça tombe bien, je n'en mange pas. Donnez-moi juste un café et un hamburger."
A un journaliste qui lui demandait, quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001, quel effet cela lui faisait de partager sa religion avec Ben Laden: "Et vous, quel effet cela vous fait-il de partager la vôtre avec Hitler?"
"Ma conscience m’interdit d’aller tuer mon frère, ou certaines personnes à la peau plus sombre, des pauvres, des gens affamés dans la boue, pour la puissante Amérique."
"Mon ennemi est le peuple blanc, pas le Vietcong ou le peuple chinois ou japonais. Vous vous opposez à moi quand je veux la liberté. Vous vous opposez à moi quand je veux la justice. Vous vous opposez à moi quand je veux l’égalité. Vous ne levez même pas le petit doigt pour moi en Amérique pour mes croyances religieuses, et vous voudriez que j’aille quelque part et combattre, alors que vous ne bougerez pas quand il s’agit de défendre mes droits ici même."
"Pourquoi devraient-ils me demander de mettre un uniforme et d’aller à 15 000 km de chez moi larguer des bombes et des balles sur des basané-e-s au Vietnam, alors que les Noir-e-s à Louisville sont traité-e-s comme des chiens et privé-e-s de leurs droits humains les plus basiques ? Non, je ne vais pas à 15 000 km de chez moi pour aider à assassiner et brûler une autre nation pauvre juste pour poursuivre la domination des maîtres d’esclaves blancs sur les peuples basanés du monde entier. Ceci est le jour où ces maux doivent cesser. On m’a averti que le fait de prendre une telle position me coûterait des millions de dollars. Mais je l’ai dit une fois et vais le dire à nouveau. Le véritable ennemi de mon peuple est ici. Je ne vais pas déshonorer ma religion, mon peuple ou moi-même en devenant un outil pour asservir ceux qui se battent pour leur propre justice, la liberté et l’égalité. […] Si je pensais que la guerre allait apporter la liberté et l’égalité aux 22 millions des miens, ils n’auraient pas à me convoquer, je m’enrôlerai dès le lendemain. Je n’ai rien à perdre en défendant mes convictions. J’irai donc en prison ? Et alors ? Nous avons été en prison pendant 400 ans."
"On attend de moi d'aller à l'étranger pour aider à libérer des gens dans le Sud Vietnam, alors que pendant ce temps mon peuple ici est brutalisé, oh que non! Je voudrais dire à ceux d'entre vous qui pensent que j'ai beaucoup perdu que j'ai tout gagné. J'ai une conscience libre et claire. Et je suis fier. Je me réveille heureux, je vais au lit heureux, et si je vais en prison, je vais aller en prison heureux"
"Je voudrais qu’on se souvienne de moi comme d’un homme qui a remporté le titre des poids lourds à trois reprises, qui avait de l’humour et qui a traité tout le monde avec justice. Comme un homme qui n’a jamais regardé avec condescendance ceux qui levaient les yeux vers lui. Comme un homme qui s’est battu pour ses croyances. Comme un homme qui a voulu unir toute l’humanité à travers la foi et l’amour. Comme un homme qui s’est battu pour l’égalité. Et cela ne me dérangerait même pas que les gens oublient à quel point j’étais beau gosse"
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Vidéos
Malika Tirolien rend hommage à Michael Jackson et à Prince le 27 mai 2016 à Upstairs, Montréal:
J'y faisais déjà allusion en janvier et en octobre 2014...
Elle sera également en concert gratuit au festival de jazz de Montréal le 3 juillet à 20h et 22h...
Sharon Jones enregistre ce titre méconnaissable des Allman Brothers Band, Midnight Rider, au départ pour une pub, mais en voici la version complète:
S'il n'y a pas eu de chronique la semaine dernière, c'est que j'étais en vacances à New-York. Mais je vous ai rapporté ça: Sharon Jones, le 8 juin 2016 au "BRIC Celebrate Brooklyn! Festival", Prospect Park, New-York:
Dans laquelle il cite cette excellentissime interview de l'incroyable Black Panther, Ahmad Rahman: « La victoire est dans la lutte ». La boucle est bouclée avec Mohamed Ali...
Thomas Frontline, Quartiers XXI, le 30 novembre 2015
Pour finir sur une note romantique, une superbe ballade au titre éminemment classique, I Love You, par Eddie Holman sur son premier disque éponyme sorti en 1969...
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Et sourions avec le contrôle des musulmans (Mohamed Ali, encore...):
Un hommage à David Bowie a été rendu au Carnegie Hall après sa mort (avec Cyndi Lauper, HoLY HoLY, Robyn Hitchcock, Laurie Anderson, Gogol Bordello, Debbie Harry, Matt Katz-Bohen, Joseph Arthur, The Mountain Goats, Michael Stipe, Karen Elson, J. Mascis, Sean Lennon, Bettye LaVette, Perry Farrell, Cat Power, Ann Wilson, Pixies, Rickie Lee Jones, Jakob Dylan, The Flaming Lips...).
Pas mal raté à mon avis, mais on peut sauver les performances de Michael Stipe - Ashes to Ashes:
de Bettye Lavette - It Ain't Easy:
et de Cat Power - Five Years:
En 2009, Bojan Z. lui rendait un meilleur hommage de son vivant avec sa reprise jazz de Ashes to Ashes:
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Encore de la musique avc une très belle chanson du nouveau disque de Michael Kiwanuka (pas encore sorti), Love and Hate:
Musique et politique avecNotre Dame des Oiseaux de Fer, chanté par Mathieu Hamon, Bertrand Cantat,
Emily Loizeau, Marthe Vassallo, Delphine Coutant, Ana Igluka, Mouss et Hakim, Sylvain GirO, Sanseverino et André Minvielle...
Une heure avec The Pretenders en live acoustique, 1995 (avec Damon Albarn en guest à la fin!):
Chanson (aux paroles féministes) chantée par The Pretenders, mais en voici la version originale: Thin Line Between Love and Hate par The Persuaders, et une autre version par le groupe de reggae Black Slate.
Je suis mal à l'aise sur le sujet d'Orelsan, et je ne m'étendrai pas. D'un côté, il ne fait pas de doute que les paroles incriminées des chansons d'Orelsan sont sexistes, et que la légereté avec laquelle il parle de violences faite aux femmes contribue à leur oppression. D'un autre côté, je vois dans certaines des attaques contre Orelsan des ressemblances frappantes avec les attaques contre le rock'n'roll des années 1950. Quand Orelsan est relaxé par la cour d'appel de Versailles en février dernier, j'entends de vieux blancs (oui, la couleur de peau est importante ici aussi) qui dénoncent le rap comme de la musique de sauvages et de malotrus.
Le sexisme de Léo Ferré ou de Jacques Brel n'est pas dénoncé aussi violemment, et j'ai bien peur que si, de plus, Orelsan avait été noir, le tribunal n'aurait pas trouvé autant de circonstances atténuantes (se souvenir du parcours judiciaire de Hamé par exemple).
Je préfère donc attaquer Youtube, pour complicité de banalisation des propos sexistes d'Orelsan. En effet, son clip Saint Valentin, présent sur Youtube depuis 2007 n'a jamais été censuré, ni même été accompagné d'un avertissement ou de limitation aux majeurs.
En revanche, la réponse du groupe féministe C.L.I.T, postée sur Youtube le 8 mars 2016, a été censurée au bout de deux jours pour « contenu sexuellement explicite », puis a été remise en ligne avec un avertissement et une limitation de son visionnage aux majeurs!
Un clip pour la nouvelle chanson de Charles Bradley, Ain't It A Sin:
Une heure avec Roy Ayers à Amsterdam l'été dernier.
I Forgot to be Your Lover, une magnifique chanson de William Bell, qui commence par la phrase "Have I told you lately that I love you", dont Van Morrison fera une chanson...
La vie de la chanteuse Betty Davis mise en BD par Pénélope Bagieu sur son blog dans Le Monde.
Depuis le temps qu'il était malade, Siné avait pas mal pensé à sa mort, à ses obsèques, et aux journaux qui sortiraient après sa mort, y compris cet hors-série qui paraît aujourd'hui: Ma vie, mon œuvre, ma mort !
Bob adorait s'occuper de la musique pendant les fêtes, et il préparait ses playlists avec soin. Sa dernière playlist le démontre, il aimait alterner les rythmes et les styles, et surprendre ses auditeurs.
Ainsi, la playlist de la crémation de Bob commence par le Kol Nidre, une prière juive qu'on chante le soir de Kippour, chanté par le crooner américain Johnny Mathis en 1958. Elle s'enchaîne par deux hymnes politiques de mai 1968 chantés par Dominique Grange (présente en personne pendant la crémation). Si le premier est le plus connu (A Bas l'Etat Policier), le second sonne comme un message aux survivants: Chacun de Vous est Concerné!
La suite du programme évoque les styles musicaux qui ont fait danser Bob toute sa vie et qui continuaient à l'émouvoir à 80 ans passés: la salsa avec Willie Colon (Che Che Cole, 1969), et le jazz sous toutes ses formes avec Nina Simone (Don't Let Me Be Misunderstood, 1964), Frank Sinatra avec l'orchestre de Count Basie (Fly Me To The Moon, 1964), Eddy Louiss (Funky Day, 1987) et bien sûr Billie Holiday, sa préférée, là aussi avec l'orchestre de Count Basie (God Bless the Child, 1952). Les titres et les paroles se prêtent à des obsèques, mais il ne faut pas trop les prendre au pied de la lettre...
Interlude politique encore, avec Dominique Grange, dont le slogan de 1968 est encore d'actualité et à la une de Siné Mensuel (Grève Illimitée, 1968), mais aussi avec l'hymne de Carlos Puebla dédié à Che Guevara, l'un des héros de Bob, mort trop tôt pour avoir retourné sa veste (Hasta Siempre, 1965).
Tous les ingrédients sont là: la musique latino-américaine, le jazz et la politique, mais Bob mettra le soin habituel à en faire le cocktail juste, en soignant les enchaînements, les morceaux connus et les pépites bien cachées: ainsi l'un des premiers titres de Nat King Cole (I'm Lost, 1943) ou celui la chanteuse de gospel Dottie Peoples, qu'il avait découverte pendant le festival de jazz de la Nouvelle Orléans en 1996, alors que ce mécréant ne quittait pas la tente gospel (It's So Hard to Get Along, 1993).
Retour à la politique et, avec La Pègre (1968), Siné termine l'hommage au premier 45 tours politique de Dominique Grange, suivi du classique révolutionnaireLes Mains Blanches, chanté ici par Marc Ogeret, toujours en 1968.
Si l'occasion se prête aux chansons tristes, Lonely Avenue de Ray Charles (1957) ou Ne Me Quitte Pas, en version salsa par Yuri Buenaventura (1996), la rigolade n'est jamais loin, et comment ne pas se souvenir des petits yeux rieurs de Bob, serrant les poings, oscillant et chantant en rythme, à chaque fois que retentissait le Oo-shoo-be-doo-bee par Dizzy Gillespie (1952), ou un bon morceau de soul comme Papa Was a Rolling Stone (1972).
Bob n'était pas hermétique à de nouvelles découvertes et aux métissages, comme le mélange de tango argentin et de musique électronique de Gotan Project (Queremos Paz, 2001), ou le mélange de musique classique (la Passion selon Saint Jean de Bach) et de musique gabonaise de Lambarena (Sankanda, 2009).
Retour aux grands classiques de ses héros la soul, le Try a Little Tenderness, dans sa version par Otis Redding (1966) et le What'd I Say de Ray Charles (1959), avant de céder à l'une des faiblesses de Bob, son amour pour les guimauveries, avec le You are so Beautiful, dans sa version par Joe Cocker (1974), et le Eli Eli, poème religieux juif écrit par Hannah Szenes (exécutée par les nazis en 1944), et chanté ici encore une fois par Johnny Mathis (1958).
A ce qu'on m'a raconté, après cette playlist d'une heure et demi, la foule -la larme à l'oeil- a spontanément enchaîné en entonnant l'Internationale...
Chacun de Vous Est Concerné - Dominique Grange (1968)
Che Che Cole - Willie Colon (1969)
Don't Let Me Be Misunderstood - Nina Simone (1964)
Fly Me To The Moon - Frank Sinatra avec l'orchestre de Count Basie (1964)
Funky Day - Eddy Louiss (1987)
God Bless The Child - Billie Holliday avec l'orchestre de Count Basie (1952)
Grève Illimitée - Dominique Grange (1968)
Hasta Siempre - Carlos Puebla (1965)
I'm Lost - Nat King Cole (1943)
It's So Hard to Get Along - Dottie Peoples (1993)
La Pègre - Dominique Grange (1968)
Les Mains Blanches - Marc Ogeret (1968)
Lonely Avenue - Ray Charles (1957)
Ne Me Quitte Pas - Yuri Buenaventura (1996)
Oo-shoo-be-doo-bee - Dizzie Gillespie (1952)
Papa Was a Rolling Stone - The Temptations (1972)
Queremos Paz - Gotan Project (2001)
Sankanda - Lambarena (2009)
Try A Little Tenderness - Otis Redding (1966)
What'd I Say - Ray Charles (1959)
You Are So Beautiful - Joe Cocker (1974)
Eli Eli - Johnny Mathis (1958)
Autour du cercueil de Siné, hommage des dessinateurs qui se jettent sur cette boîte en bois, avides comme des termites:
Un dernier doigt d'honneur au cimetière Montmartre:
Siné n'était pas très connu aux Etats-Unis et le plus grand journal de BD américain (The Comics Journal) m'a demandé d'écrire une biographie du grand Bob:
Quelques dates de leur prochaine tournée:
26 mai Toulouse (Le Bikini)
30 mai Paris (Le Pan Piper)
14-15 juin Montréal (Francofolies)
17 juin New-York (Drom)
6 juillet Londres (Rich Mix)
Et pour sourire avec la Palestine...
Les soutiens de Benjamin Netanyahu
Le moment Meurice, France Inter, le 12 avril 2016
Dessin issu de Siné Massacre numéro 9, consacré au colonialisme (avril 1963).
11 mai 2016
Très triste de perdre Siné, un ami, une boussole politique, un grand artiste. Très triste de ne pas être en France pour partager la peine et les grandes rigolades qui ne manqueront pas d'arriver lors des réunions de ses ami.e.s, à commencer par celle de ses funérailles aujourd'hui à 16h30 au cimetière Montmartre (30e division). Vêtements noirs et fleurs rouges...
Je pense que ce sont les écrits de Siné qui m'ont rendu anarchiste, ou du moins fan de l'anarchisme, ou allergique à l'autorité (flics, militaires, patrons, curés, État, Nation, et toutes leurs vaches sacrées...). Son cheminement politique, fait de rage, d'intégrité et d'instinct, l'a toujours mené là où il fallait, à commencer par les Algériens et toutes les autres victimes du colonialisme français, puis Malcolm X et les noirs américains. Après 1967, c'est aux côtés des Palestiniens qu'il se placera inconditionnellement, y compris pour les défendre contre Val, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo quand il y écrivait. Cette cause sera tellement importante pour lui qu'il exigera qu'une chronique soit consacrée à la Palestine dans CHAQUE numéro de son journal (hebdomadaire puis mensuel).
C'est Siné aussi qui, à travers ses chroniques, m'a fait découvrir le Flamenco. Car sa colère était compensée par un amour des belles choses de la vie, principalement sa femme, ses amis, les chats, la fête, le vin... et la musique, et en cela aussi il était un modèle. Ca fait tout juste 20 ans que je le connaissais: nous étions tous les deux au Festival de Jazz de la Nouvelle-Orléans de 1996, et je lui avais écrit suite à ses chroniques. Il m'avait alors invité chez lui, on avait surtout parlé de gospel, de jazz, et puis j'avais rejoint le groupe d'amis (y compris de Charlie Hebdo) qu'il aimait inviter pour faire la fête. Les fêtes se sont enchaînées pendant 15 ans, et puis il y a eu l'épisode de l'Hebdo, où il m'a fait confiance pour la chronique musicale pendant un an et demi, alors que je n'avais aucune expérience dans ce domaine. C'est cette confiance quasi-paternelle qui fait qu'encore aujourd'hui, j'écris à droite et à gauche. On se voyait alors souvent, et on parlait encore beaucoup de musique, jazz, soul, funk, flamenco, salsa, musiques africaines... C'est là aussi que je me suis fait un paquet d'ami.e.s, français.es et québécois.es, avec qui je pleure aujourd'hui...
Puis les fêtes s'étaient calmées depuis 5 ans, avec la maladie. On se voyait encore au journal (devenu Mensuel), quand j'y passais (de moins en moins souvent), et si son corps se barrait en couilles, son cerveau, sa verve, sa colère et son amour étaient encore intacts. Il y a deux mois, il portait encore plainte contre BHL et, le mois dernier encore, il pleurait sur la décrépitude de Renaud. Autant ses dessins se passaient parfois de texte, autant ses textes étaient d'une richesse d'adjectifs incroyables, d'expressions créatives et de métaphores hilarantes, jusqu'à celui écrit la veille de sa mort.
Siné, avec d'autres, est largement responsable de ce que je suis aujourd'hui. Contrairement à toutes les prédictions, sa rage ne s'était pas émoussée avec le temps et, jusqu'au bout, personne n'aurait jamais pu le dé-radicaliser. Pour toutes ces raisons, il reste un modèle pour moi, et j'espère comme lui ne jamais ramollir du bulbe...
Brèves: -Inconsolable depuis la mort de Prince, Siné se laisse mourir... -En l'honneur de Siné, l'hôpital Bichat s'appellera dorénavant l'hôpital Bitte Chatte -Charb, rancunier, ne s'associe pas à la pluie d'hommages rendus à Siné
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Tanx s'était engueulée avec Siné. Mais quel talent, ces deux là: Tanx, à rebrousse-poil
Roderic Mounir, Le Courrier (Genève), le 18 mars 2016
Avec tout ça, j'ai aussi eu le temps d'écrire un texte sur Prince et la politique, dans un journal en ligne qui a du mal à joindre les deux bouts, The Dissident:
On se souvient de la chanson Gaza, quasiment improvisée sur une plage à Beyrouth par le collectif Fareeq El-Atrash.
L'un des chanteurs est Chyno, un rappeur libanais d'origine syrienne et philippine, qui a aussi vécu en Arabie Saoudite et en Espagne, c'est ça aussi la mondialisation. Il vogue maintenant en solo, et bénéficie de clips très travaillés:
Le 7 mai, de 13h à 22h, salle Olympes de Gouges (15 rue Merlin, P11): La Fête du NPA, avec un meeting, des débats, à 13h30 la projection du film "Merci patron !" et, à 20h... un concert de Sidi Wacho!
Le 14 mai à 16 heures, à Gibert Joseph Barbès (15 bd Barbès, P18): débat sur Prince avec Frédéric Goaty, Raphael Melki, Laurent Calhoun, Anne B. et Chakib E., spécialistes français de Prince.