mercredi 31 octobre 2012

ELO#125 - Terry Callier


Mercredi 31 octobre 2012

Terry Callier est mort samedi dernier. Inventeur d'une musique soul - folk jouée à la guitare sèche et doté d'une voix magnifique, son heure de gloire n'a duré que deux ans, entre 1972 et 1974, où il a enregistré trois excellents disques Occasional Rain (qui contient mon morceau préféré de lui, Ordinary Joe, mais aussi le très beau Lean On Me...), What Color is Love et I Just Can't Help Myself. Avant cela, il avait enregistré un premier disque en 1964 (avec Spin, Spin Spin qui évoque déjà You Goin' Miss Your Candyman), et s'était fait connaître en écrivant des chansons pour les autres (The Love We Had Stays On My Mind, pour les Dells). Après cela il a encore sorti deux bons disques jusque Turn You To Love en 1978, puis il a connu 20 ans de silence!

Génial inventeur, compositeur, chanteur, apprécié de ses pairs, Terry Callier ne vend pas énormément. Sa première maison de disque essaye d'élargir sa clientèle avec une des pochettes les plus belles que je connaisse, contre l'avis du chanteur. Finalement elle jette l'éponge, comme le fera la suivante après seulement deux disques...

Il est revenu au goût du jour grace aux rappeurs éduqués qui samplaient sa musique, tels que les anglais de Urban Species dans leur tube (avec MC Solaar) Listen, en 1994, qui contient un extrait de You Goin' Miss Your Candyman de 1973. Ils l'invitent même sur leur disque suivant en 1998 pour deux titres, Religion and Politics et Changing Of The Guard. Il reprend alors la route, enregistre des disques et donne de très beaux concerts où sa voix est intacte, comme en témoigne cette ènième version de You Goin' Miss Your Candyman dans les années 2000:



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Siné:

Sur son blog:
http://www.sinemensuel.com/zone-de-sine/
http://www.sinemensuel.com/dessins/

Dans Libé:
http://www.sinemensuel.com/revue-de-presse/liberation/

Dans l'Express:
http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/le-dessinateur-sine-evoque-sa-leucemie-et-revient-sur-son-existence_1181433.html

Dans rue89:
http://www.rue89.com/2012/10/31/meme-presque-mort-sine-bande-encore-236685
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Musique et actualités américaines:

Une pensée pour les victimes haïtiennes de l'ouragan Sandy, avec cette version de We Shall Overcome par Bruce Springsteen en 2010:


Une petite pensée aussi pour Asbury Park, New-Jersey, en état de catastrophe naturelle, avec cette chanson de 1973 de son artiste plus plus célèbre, le même Bruce Springsteen, et dont le titre complet est 4th of July, Asbury Park (Sandy):


Enfin, un titre (assez mauvais) de Stevie Wonder en l'honneur d'Obama: Keep Moving Forward
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Flamenco:

Dans le fameux texte de sa conférence "Jeu et Théorie du Duende" (1933), Federico Garcia Lorca essaye de définir le duende, cet instant de grâce décrit par les amateurs de flamenco, cet esprit qui viendrait prendre le contrôle de certaines maisons, selon son étymologie "dueno de la casa", et que Lorca différencie de l'inspiration de la muse, ou du toucher de l'ange. En voici un extrait:

"Un jour, la chanteuse andalouse Pastora Pavôn, La Niña de los Peines, sombre génie hispanique, d'une capacité de fantaisie équivalente à celles de Goya ou de Rafael el Gallo, chantait dans un petit cabaret de Cadix. Elle jouait de sa voix d'ombre, de sa voix d'étain en fusion, de sa voix couverte de mousse des bois, et elle l'emmêlait dans sa chevelure ou elle la trempait dans du vin de manzanilla, ou elle la perdait dans des labyrinthes obscurs et très lointains. Mais rien ne se passait; pas le moindre effet. Le public ne réagissait pas.

Il y avait là Ignacio Espeleta, beau comme une tortue romaine, à qui l'on a demandé une fois: "Comment se fait-il que tu ne travailles pas?" ; et lui, avec un sourire digne d'Arganthonios, avait répondu : "Comment voulez-vous que je travaille, alors que je suis de Cadix?"

Il y avait aussi Elvira la Caliente, putain aristocrate de Séville, descendante directe de Soledad Vargas, qui en 1930 n'avait pas voulu se marier avec un Rothschild parce qu'il n'était pas à la hauteur de son sang. II y avait les Florida, que les gens croient bouchers, mais qui en réalité sont des prêtres millénaires qui continuent de sacrifier des taureaux à Géryon, et dans un coin, il y avait l'imposant éleveur Don Pablo Murube, avec son air de masque crétois. Pastora Pavôn avait fini de chanter au milieu du silence. Alors un petit homme seul, et plein de sarcasme, un de ces petits bonshommes qui sortent tout à coup en dansant des bouteilles d'eau-de-vie, a dit tout bas: "Vive Paris!", comme pour dire "Nous, on n'est pas là pour du savoir-faire, de la technique, ou de l'habileté. On veut autre chose."

Alors, La Niña de los Peines s'est levée comme une folle, pliée en deux comme une pleureuse médiévale, et elle a avalé d'un trait un grand verre d'anis de Cazalla, brûlant comme le feu, et là elle s'est rassise pour chanter sans voix, sans souffle, sans nuances, la gorge en flammes, mais... avec duende. Elle avait réussi à tuer tout l'échafaudage de la chanson pour laisser place à un duende furieux et dévastateur, ami des vents chargés de sable, qui poussait les gens de l'auditoire à déchirer leurs habits, presque selon le rythme des Noirs antillais de rite lucumi, quand ils se les arrachent pelotonnés devant une statue de sainte Barbe. La Niña de los Peines a dû se déchirer la voix parce qu'elle savait que les plus fins connaisseurs l'écoutaient, qu'ils ne voulaient pas de formes mais la moelle des formes, de la musique pure qui réduit le corps à ce qu'il faut pour rester en suspens. Elle a dû appauvrir son savoir-faire et son assurance; donc, elle a dû éloigner sa muse et demeurer sans défense, pour que son duende vienne et qu'il daigne se battre à mains nues. Et il faut voir comment elle a chanté! Sa voix ne jouait plus, sa voix était un flot de sang, digne, par sa douleur et sa sincérité de s'écarter comme une main à dix doigts sur les pieds cloués mais pleins de tourmente, d'un Christ de Juan de Juni.

L'arrivée du duende implique toujours un changement radical sur toutes les formes. Sur des terrains anciens, il donne des impressions de fraîcheur totalement inédites, et une qualité de création nouvelle, de miracle, qui parvient à produire un enthousiasme presque religieux.

Dans toute la musique arabe, danse, chanson ou élégie, l'arrivée du duende est saluée d'énergiques "Allah, Allah!", "Mon Dieu, mon Dieu!", si proches du "Olé!" des corridas que personne ne sait s'il s'agit de la même chose, et dans tous les chants du sud de l'Espagne, l'apparition du duende est suivie de cris sincères "Viva Dios!", "Dieu soit loué!", cri profond, humain, tendre cri d'une communication avec Dieu par le biais des cinq sens, grâce au duende qui agite la voix et le corps de la danseuse; évasion réelle et poétique de ce monde, aussi pure que celle qu'avait réussie l'excellent poète du XVIIème siècle, Pedro Soto de Rojas à travers sept jardins ou celle de Jean Climaque par une tremblante échelle de larmes.

Naturellement, quand cette évasion est réussie, tout le monde en ressent les effets; l'initié en voyant de quelle façon le style vient à bout d'une matière pauvre, et l'ignorant, dans le je-ne-sais-quoi d'une authentique émotion. Il y a des années, dans un concours de danse à Jerez de la Frontera, une vieille de quatre-vingts ans l'a emporté sur de belles femmes et des jeunes gens cambrés comme de l'eau, par le seul fait de lever les bras, relever la tête, et taper du pied sur la petite estrade, mais dans l'assemblée de muses et d'anges qu'il y avait là, beauté de formes et beauté de sourires, la victoire devait revenir, et elle est revenue à ce duende moribond qui laissait traîner par terre ses ailes aux couteaux rouillés."

Pour écouter de qui il parle, voici une Seguiriya déchirante, El Corazon de Pena, de la Nina de los Peines...
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Agenda:

Mobilisation-réquisition de 100 000 logements vacants, tout de suite:
http://droitaulogement.org/category/cp100/

Face à la multiplication des interdictions de tracter et pétitionner sur les marchés
http://portail.netoyens.info/menacesurlagora/index.php

Non à la venue de Benyamin Netanyahu en France: rassemblement mercredi 31 octobre 2012 à 18h30, place de l'opéra Paris

mercredi 24 octobre 2012

ELO#124 - Saidou poursuivi!

Mercredi 24 octobre 2012

Dix-sept octobre 2012. Cinquante-et-un ans après, le président de la république française François Hollande reconnaît la « sanglante répression » d'une manifestation d'Algériens à Paris qui s'était soldée, selon les historiens, par quelques centaines de morts, sous la responsabilité de la police du Général de Gaulle et de son préfet Maurice Papon. Il est apparemment plus facile de s'excuser un demi siècle après les faits, puisqu'on apprend que, le même jour, l'affaire Ali Ziri, du nom de cet Algérien de 69 ans mort en 2009 après une interpellation « musclée » par la police de Nicolas Sarkozy, aboutit à un non-lieu. La plainte pour outrage à agent déposée contre son ami, un autre Algérien sexagénaire arrêté le même soir, elle court toujours!!!

On apprend aussi que, ce même jour encore, Saïdou, le chanteur du groupe ZEP, et Saïd Bouamama, sociologue, viennent d’être mis en examen pour « injures, discriminations et incitations à la haine raciale » (le fameux "racisme anti-blancs"), proférées dans un livre-disque sorti en 2010. Cet ouvrage, Nique la France - Devoir d’Insolence posait des questions simples telles que « pourquoi Michel peut-il dire qu'il n'aime pas le drapeau et pas Mohamed? » ou « pourquoi Aragon peut-il écrire "je conchie la France impérialiste" et pas Saïdou? ». L'origine maghrébine des « deux Saïds » pose encore la question de l'héritage post-colonial de la France...

Dans un entretien, Saïd Bouamama en profite pour répondre simplement au débat débile sur le « racisme anti-blanc »: "Le FN et Copé mélangent deux choses : d'un côté, les réactions individuelles de quelques jeunes de quartiers minoritaires qui existent, de l'autre un racisme structurel et institutionnel qui fait que tu as 30% moins de chances de trouver un boulot quand tu t'appelles Mohamed ou Mamadou. Le but étant d'invalider l'anti-racisme. On observe le même phénomène pour délégitimiser les féministes : certains prétendent qu'il faut un mouvement « hommiste » pour défendre les hommes battus. Comme si on pouvait comparer les deux."

Le livre incriminé comportait également une série de portraits de personnes connues et inconnues qui tendaient le majeur, en signe d'insolence. Parmi celles ci, le dessinateur Siné qui, depuis son lit d'hôpital, s'indigne d'une telle mise en examen et prévient: « je suis prêt à fournir un tas de dessins violemment antifrançais que j'ai publiés en diverses occasions. Siné, Français de souche, mais pas de cœur! »

A propos de Siné, il me prévenait récemment au téléphone "si la moelle est atteinte, il y a deux risques possibles: la méningite, c'est à dire que le cerveau est atteint, ou alors ce sont les couilles qui sont atteintes". Il avait l'air d'hésiter entre les deux, en rigolant...

Et pour les abonnés au site de Libé:
http://www.liberation.fr/societe/2012/10/22/une-bonne-leucemie-de-derriere-les-fagots-pour-sine_855157
http://www.sinemensuel.com/revue-de-presse/liberation/
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Quant à Plantu, s'il n'a pas directement comparé l'actuel président vénézuelien Chavez et l'ex-dictateur chilien Pinochet... il laisse quand même échapper un: "Pinochet, qui a été un dictateur également ..." (alors que Chavez, à la différence de Pinochet, a toujours été régulièrement élu, et qu'il a même été chassé du pouvoir par un putsch). Et quand Paola Martinez Infante, journaliste chilienne, l'interrompt pour rappeler que "Chavez n'a pas 3.400 morts sur son dos. Pinochet oui.", Plantu rétorque : "Ecoutez quand on voit la violence qui existe à Caracas et quand on voit les sbires qui travaillent pour Chavez dans les rues de Caracas. Il faudra qu'on fasse un bilan un jour. Bien sûr"...
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Encore un excellent numéro de Fakir que celui de Septembre-Novembre 2012

Bien que sévère et déprimant, le constat est implacable sur la crise du poulet Doux: la gauche ne comprenant rien à la détresse des paysans ne leur propose pas les bonnes solutions et n'a aucune chance de les séduire comme ça...

Encore un reportage édifiant dans les centres d'appel en Tunisie.

Toujours aussi intéressantes les archives historiques pour comprendre les avancées et les aléas, inattendus, lors de la création de la Sécurité Sociale.

Des petites histoires très émouvantes, celle d'Athacia au Gabon et celle de Carole et Angela à l'hôpital.

La note de lecture de ce numéro est consacrée à un livre de notre cher Étienne Liebig!

Et une initiative moins futile qu'il n'y parait: faire chier les entreprises lors de leurs AG...
http://www.fakirpresse.info/Denoncez-votre-patron,468.html

Et dans les citations de bas de page, j'ai bien aimé celle ci des frères Goncourt: "Les enfants sont comme la crème: ce sont les plus fouettés qui sont les meilleurs!"
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Une mise au point:

L'association Kokopelli ne cautionne strictement pas la page "Kokopelli" sur Facebook. Facebook, et autres "réseaux sociaux" virtuels, constituent des instruments privilégiés pour la CIA et autres agences de surveillance globalistes (...) Et nous ne cautionnons pas plus la page Wikipedia sur Kokopelli: un chef d'oeuvre de désinformation, de mensonges, de références à de pseudo-journalistes au service de la mafia de l'agro-chimie... et de fautes d'orthographe (...) Nous réitérons notre avertissement quant aux pétitions qui circulent sur internet : Kokopelli n'en cautionne aucune (...) Avaaz est une organisation de l'opposition contrôlée, contrôlée et créée par Ricken Patel qui fut consultant pour l'ONU, la Fondation Rockefeller, la Fondation Bill Gates... et qui a, par exemple, fait campagne en 2011 pour la "no-fly zone" au-dessus de la Libye et qui est donc complice des criminels qui ont "libéré" la Libye en massacrant 50 000 civils Libyens sous les bombes "libératrices" à uranium appauvri. Ces organisations ne sont que des usines à pétitions dont la mission est de collecter des adresses e-mails et, tout comme Facebook, de ficher les militants. Restons vigilants.
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Agenda:

Samedi 27 Octobre 15h Place du Palais Royal: Marche des réquisitions, à l'appel du Droit Au Logement, de Albert JACQUARD, Mgr GAILLOT et Josiane BALASKO, pour demander à Cécile Duflot et au gouvernement le lancement en urgence d’un plan de mobilisation/réquisition de 100 000 logements vacants appartenant à l’état, aux HLM, aux sociétés et aux riches particuliers, afin de loger 300 000 personnes sans logis, prioritaires DALO et mal logées.
http://droitaulogement.org/marche-des-requisitions-samedi-27-octobre-2012/

Vendredi 2 novembre à partir de 20.45 sur France O: Nuit de la soul Spéciale Soul Train. Aline Afanoukoé fait revivre les grandes heures de Soul Train, suivies des live de Charles Bradley (La Cigale), de Melody Gardot (Jazz à Vienne) et de James Brown (Live at Montreux).
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Musique:

Un super rap de Mokless avec Olivier Besancenot en guest, On s'habitue à tout, paroles tout en bas:


Wade in the Water par Kicca en acoustique sur France Inter:


Ya Thalama El Sijni (L'Obscurité de la Prison), un très beau morceau interprété par la Jordanienne Macadi Nahhas, sur des paroles de 1922 du prisonnier Syrien Najib al-Rayye (mis en prison à l'époque par... les Français!).

Un morceau au titre intrigant: I Hate You. C'est en fait une chanson d'amour, écrite et interprétée par Dan Penn en 1973.

Le mois dernier au Cirque d'Hiver de Paris étaient organisés trois concerts en hommage à Cesaria Evora, avec Mayra Andrade, Camané, Teofilo Chantre, Angélique Kidjo, Ismael Lo et Bonga. En voici un résumé d'une heure en basse qualité...

Un documentaire d'une heure (en anglais) sur Stax, là:


Le 30 août 1972, en pleine guerre du Vietnam, John Lennon donnait au Madison Square Garden, à New York, son premier grand concert depuis l'éclatement des Beatles. Appelé "One To One" ou "Live In New York City", il comporte en première partie Stevie Wonder et Roberta Flack. Ensuite, Lennon, avec Yoko Ono et son groupe, chante "Sisters O Sisters" (de Yoko Ono), "Instant karma", "Come together", "Imagine", "Cold turkey", "Hound Dog", et en final, "Give peace a chance" avec Stevie Wonder, Roberta Flack, Yoko Ono, les membres de Sha Na Na etc. Ca dure 40 minutes. Sur Arte samedi 27 octobre à 15:20. Ou ici:
http://videos.arte.tv/fr/videos/john-lennon--6996294.html

Une heure de Bonnie Raitt et Mavis Staple au Texas:
http://video.klru.tv/video/2280491424

Et 1h20 de Lee Fields avec un bon groupe à Nancy la semaine dernière:
http://liveweb.arte.tv/fr/video/Lee_Fields_and_the_Expressions_Nancy_Jazz_Pulsations/
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On s'habitue à tout
Mokless avec Olivier Besancenot

Mais comment on peut s’habituer à tout ?
On s’habitue aux licenciements, aux suicides au travail,
On s’habitue aux sans-logis, aux bonus des traders,
On s’habitue à la police dans les écoles, qui traquent les enfants sans papier,
On s’habitue au racisme, à la haine, à la guerre,
On s’habitue à tout.

Habitué à tout, à voir les dealers passer siste-gros,
À l’Europe, à l’euro, à n’plus fumer dans les bistrots,
À la drogue dure, en vente libre dans mon barrio,
Le crack est à la Goutte d’Or c’que le Carnaval est à Rio,
Habitué à l’abus, aux arrestations en série,
Habitué à s’faire serrer un peu comme Sami Nacéri,
Habitué au recel, à la flambée des taros,
Ou pire au pipe à crack ou piquousés aux garots.

On s’habitue à tout, faut juste un petit temps d’adaptation,
On s’relève après coup, la prochaine on fera attention,
On s’habitue à tout même aux trucs les plus claqués,
C’est comme la clope tu commences par une et tu finis par l’paquet,
Habitué à semer de la mauvaise graine,
À se contredire, à côtoyer les extrêmes,
Habitué à trouver les portes closes,
À l’exagération, la pluie, l'excès les fortes doses.

À faire le dur, et qu’on m’prenne pour une teigne,
À faire l’argent facile sous pour lequel je risque une peine,
Habitué, à la street, c’est pas une affaire à s’prix,
À la misère mais depuis quand la crasse prie à la défaite,
À la perte, on a connu pire on en a vu des pas mûres et des vertes,
Habitué à roder, à croiser les mêmes pestes,
Tous n'est que routine, habitude on répète les mêmes gestes,
Habitué au stress en tout genre et à la nique-pa,
À la société française et ses dictats,
À faire l’autruche quand on n'est pas concerné,
Pff habitué à s'faire berner,
Aux injustices dans l’monde et à tout ce bazar,
Quand sans raison israel bombarde Gaza,
Habitué quand l’Amérique en fait trop,
En Irak les invalides c’est pas une station de métro gros..

On s’habitue à tout pourtant sur le coup dit c’est insupportable,
Comme toutes les vidéos qui tournent sur les portables,
Tout l’terrain, habitué à voir de tout,
Habitué aux vieux coups, aux mecs qui partent en ye-cou,
Habitué, à la haine, oui l'amour c’est délicat,
Habitué au célibat, si on s’aime pas on n’se lie pas,
À être des machos, à jeter l’argent par la fenêtre,
J’te raconte pas si vous avez vu celle qui nous a fait naitre,
Habitué, aux disputes, et aux mésententes,
À nous faire duper sans cesse par les représentants,
À fermer nos gueules, nous contenter du minima,
Mais, un jour ça va péter comme à Madinina,
Habitué, aux coups, vas-y tu peux y aller même pas mal,
Ça y est c’est bon l’insupportable est devenu banal,
Habitué, à se serrer la ceinture, à taffer pour des centimes,
À finir les mois sans thunes,
On a pas grandi dans des couvents oui on connait bien le boulevard,
M’habitue à voir des culs à la télé à tout va,
Habitué aux scènes hots, à voir les mêmes têtes,
Habitué aux mêmes potes, à fumer sur les même pètes,
Habitué aux flics, et à leur abus d’pouvoir,
Ouais de là où elle est la justice ne peux pas tout voir,
Habitué aux radios, au matraquage incessants,
À écouter d’la merde donc on sait bien ça se sent,

Habitué depuis môme à la bêtise humaine,
Au type qui fait l’aumône,
Habitué à voler d'une aile
Habitué au placard, à l’univers carcéral,
On a pas attendu les reportages d’envoyé spécial,

Le chacun pour soi, l’individualisme,
S’habituer à la loi de la jungle, capitaliste,
L’exploitation, l’oppression, c’est accepter l’inacceptable,
Et vous, vous vous habituez à tout ?

Y’a que les poissons morts qui suivent le courant ! Point !

mercredi 17 octobre 2012

ELO#123 - Suppléments aux chroniques précedentes


Mercredi 17 octobre 2012

Il y a quelques semaines je vous parlais de Bettye Lavette, son nouveau livre, son nouveau disque et sa prochaine tournée de concerts en France. Pour ceux qui n'ont pas l'intention d'aller la voir en concert (le 5 décembre à Paris, à l'Alhambra; le 7 décembre à Bordeaux, au Casino Théâtre Barrière; le 8 décembre à Conflans Sainte Honorine, au Théâtre Simone Signoret; le 9 décembre à Lille, à l'Hôtel Casino Barrière), voici un concert entier (1h30) filmé la semaine dernière à Los Angeles.

En début d'année mourait Etta James. Je viens seulement de réaliser que le dernier titre de son dernier album, donc le dernier titre avant sa mort, est Let Me Down Easy (pas le même que celui de Bettye Lavette, justement), ce qui est une assez jolie apostrophe à la vie, non?!

La semaine dernière je vous montrais des vidéos de Otis Redding et James Brown en 1966 à l'Olympia. Même date, même endroit, Dionne Warwick (11 minutes):


Mercedez Benz, chanson de Janis Joplin, par Mouss et Hakim (en concert ils font aussi La Teigne, La Isla Bonita, Celebrate, Gimme The Night etc., mais je ne les ai pas encore trouvés sur youtube):



Demain en librairie sort une nouvelle édition du fameux livre de Siné sur les chats, augmenté de 50 nouveaux chats inédits...


Je suis tombé sur le Charlie Hebdo de cette semaine par hasard, et il est bourré de dessins islamophobes, bien pires que ceux du fameux numéro décrié. Ils sont vraiment incurables...
Mieux vaut lire cet émouvant témoignage:
Enfant d’immigrés, né en France, je me sens arabe
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Quelques articles

On rappelle l'assassinat du président burkinabé Thomas Sankara il y a 25 ans, par les services secrets de Mitterrand:
http://www.afrik.com/il-y-a-25-ans-tombait-thomas-sankara
http://www.afriqueexpansion.com/depeches-afp/5440-burkina-des-deputes-francais-reclament-une-enquete-sur-la-mort-de-sankara.html

On rappelle la sanglante répression d'une manifestation d'Algériens il y a 51 ans, par Papon, le copain de Mitterrand:
http://www.20minutes.fr/politique/1024388-manifestation-17-octobre-1961-francois-hollande-reconnait-sanglante-repression
http://lmsi.net/17-octobre-1961-cheque-en-blanc-a
http://www.metropolitiques.eu/La-police-et-les-Algeriens.html

Un peu d'humour dans le Monde Diplomatique, ça fait du bien... A propos, si vous voulez faire un don au Diplo, ils en ont besoin: L'art des grands projets inutiles

Soutenez Kokopelli, le musée vivant de conservation et reproduction de toutes les plantes, contre le lobby des semenciers et des grands groupes agroindustriels:
http://kokopelli-semences.fr/juridique/proces_perdu_2012

Netanyahou à l'ONU: au nom du choc des civilisations

Tous les jeudis à 20h au Bab Ilo, 9 rue du Baigneur, P18 (M° Jules Joffrin): Jack Vadrouille en Palestine
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Quelques chansons
Ry Cooder participe à la campagne présidentielle américaine en sortant un disque intitulé Election Special, dont le premier titre s'appelle Mutt Romney, ou Ce Bâtard de Romney...

Sandra Nkaké joue du ukulélé et chante sur le très beau morceau de Prince, The Cross.

Et justement, un nouveau single pour Prince, Rock and Roll Love Affair.

Un concert d'une heure avec Daryl Hall, Sharon Jones et Allen Stone. Vous pouvez sauter les premiers morceaux, mais écoutez et regardez 100 Days And 100 Nights, I Learned The Hard Way, et un final sympa sur Everytime You Go Away, morceau de Daryl Hall qui avait été repris par Paul Young dans les années 1980, ça vaut le coup.

L'an dernier, Sly Stone sortait un "nouveau disque". En fait une espèce de best of avec des invités. Pas génial. Seuls 3 nouveaux morceaux. Et seul un qui vaut le coup, Plain Jane.

En 1982 Aretha Franklin commence une nouvelle carrière dans la soul commerciale. Elle revient quand même de temps en temps à ses premières amours funk et soul, comme avec cette reprise de It's Your Thing, des Isley Brothers...

En 1964, Eric Von Schmidt, un copain de Bob Dylan, écrivait une chanson intitulée Joshua Goes Barbados, à propos de la répression sanglante et de la fuite du gouverneur pendant une manifestation d'ouvriers agricoles dans les Antilles...

jeudi 11 octobre 2012

ELO#122 - Otis Redding et James Brown à l'Olympia


Jeudi 11 octobre 2012

Otis Redding Olympia 1966 (40 minutes)



Contrairement aux indications sur la vidéo, la première partie du concert (une demi heure) est filmée à l'Olympia le 10 septembre 1966, avec Otis Redding et son pantalon moulant, présenté par Hubert d'Europe 1. Ce n'est pas sa meilleure tournée, les musiciens jouent parfois faux, mais c'est un document ultra rare. La seconde partie en revanche est disponible en DVD et c'est un extrait du concert du 7 avril 1967 à la Njardhallen, Oslo, Norvège.

James Brown Olympia 1966 (une demi heure, extraits):


James Brown Olympia 1967 (une heure et quart en deux parties):



James Brown Olympia 1971 (une heure):

C'est LE MEILLEUR CONCERT DU MONDE, j'en avais parlé dans Siné Hebdo...
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Le morceau de Zebda sur Gaza, Une Vie de Moins, dont un extrait était passé sur France Inter, est enfin disponible sur youtube, avec un joli dessin animé

La Palestine étant un sujet sensible, pour une fois ce n'est ni Magyd qui a écrit les paroles, ni qui chante. Le texte est de Jean Pierre Filiu (professeur d'histoire à Science Po, spécialiste de l'islam contemporain et auteur d'une récente "Histoire de Gaza"), et c'est Hakim qui chante. Le dessin animé est de Ali Guessoum et Natacha Bigan.

Et sinon, Zebda en 2003 rendait hommage à Renaud en reprenant La Teigne:


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Cinq caméras brisées, le documentaire palestinien d'Emad Burnat et de Guy Davidi (2011, 52 minutes) diffusé sur France 5 le mardi 9 octobre à 20h35, est visible pour quelques jours là:
http://www.pluzz.fr/cinq-cameras-brisees-une-histoire--2012-10-09-20h35.html

Revue de presse:
Cinq Caméras brisées contre le mur du silence en Palestine
Cinq caméras brisées, un film d'Emad Burnat et de Guy Davidi
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Solidarité-Syrie: Une nécessité
Une déclaration de Tadamon! Montréal
11 octobre 2012
http://www.tadamon.ca/post/10337/langswitch_lang/fr
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Des nouvelles du Front (à quand des nouvelles de la Moelle?), mais Siné est à l'hosto pour encore au moins 3 semaines:
http://www.sinemensuel.com/zone-de-sine/

Retour sur l'affaire Charlie Hebdo dans le dernier numéro de Siné Mensuel:

Je suis content que Siné condamne l'opportunisme de Charlie Hebdo qui ne vise qu'à se faire du fric, quitte pour cela à se mettre sous la protection des flics de Guéant ou Valls, et à jeter de l'huile sur un feu qui chauffe déjà suffisamment aux fesses des musulmans de France...

Je n'ai pas trouvé les chroniques d'Alévêque et de Laclavetine particulièrement passionnantes, mais j'ai été agréablement surpris par celle d'Isabelle Alonso qui fait bien la différence entre le courage de se moquer d'une religion quand elle est dominante et la lâcheté de taper dessus quand elle est déjà à terre.

Willis From Tunis explique que ces débats incessants sur la religion arrangent tout le monde en cachant la forêt des sujets sociaux autrement plus importants. Je suis bien d'accord... mais chaque mois Willis From Tunis a une tribune dans Siné Mensuel, et chaque mois c'est de... religion et non de sujets sociaux dont elle nous parle...

Je suis en partie d'accord avec l'analyse de Michel Warschawski sur la dérive de Charlie Hebdo, cohérente dans son philosémitisme, son islamophobie et son soutien à un ordre mondial étasunien et de plus en plus réactionnaire. En revanche, je crois qu'il se trompe lorsqu'il dit que Charlie Hebdo ne pourrait pas, aujourd'hui, se moquer de la religion juive comme il le fait de l'islam. Il pourrait le faire, et il le fait d'ailleurs, mais ça n'a pas la même portée, ni le même intérêt... Attaquer l'islam aujourd'hui c'est rejoindre l'entreprise de bipolarisation entre un occident néolibéral dominateur "blanc" (qui inclue les juifs) et ses vassaux basanés. Attaquer la religion juive n'est pas, aujourd'hui, ce qui "gêne" les juifs. S'il fallait chercher de l'intouchable, du symbolique, du sacré chez les juifs, ce ne serait pas chez un prophète mais probablement dans des choses qui auraient trait à l'existence de l'Etat d'israel par exemple ou, encore pire, à la Shoah. Ca, c'est des tabous auxquels Charlie Hebdo ne s'attaquerait pas, même par humour, par peur de procès ou de choquer tellement qu'ils perdraient des lecteurs. A l'inverse, en choquant les musulmans, non seulement ils ne prennent aucun risque, mais en plus ils gagnent plein des lecteurs... de droite! Charb et les dessinateurs de Charlie Hebdo répètent les mantras islamophobes (et les cris effarouchés d'appels à la liberté d'expression!) en croyant les avoir inventées, sans se rendre compte que c'est la droite qui les leur a soufflées et qui se frotte les mains d'avoir si bien réussi à laver les derniers cerveaux qui étaient censés assurer leur critique...

NB: la playlist de Jeanne Folly est un peu trop classique pour moi, sauf Miriam Makeba et la chanson Mohamad Bouya Mohamad, dont l'auteur est Ilham Al Madfai...

NB2: le texte de Philippe Lespinasse sur les forçats de la mer est magnifique!
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Chansons

Au début des années 1960 c'est le jeune Oscar Mack qui fait la première partie des concerts d'Otis Redding. Du coup, il invite le Big O à faire la deuxième voix dans la chanson Dream Girl de 1964...

Meshell Ndegeocello rend à son tour hommage à Nina Simone et, comme on pourrait s'y attendre, c'est assez original, et c'est en écoute ici:
http://www.funku.fr/2012/audio-meshell-ndegeocello-pour-une-ame-souveraine-album-streaming/
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Agenda

12-14 octobre les Blancs Manteaux (48 rue Vieille du Temple, P4): Le 22ème Salon de la Revue

18-20 octobre Maison de la Culture du Japon à Paris: Le Kimpun Show de Dairakudakan présente Crazy Camel, du butô burlesque. Reportage Tracks sur Akaji Maro filmé à la MCJP en 2011.

16-30 octobre Ateliers du Tayrac (66 rue Julien Lacroix, P20): exposition de Fernando Puig Rosado

3 novembre Institut des Cultures d'Islam: Sous la Peau, de Camel Zekri, théâtre musical autour de Frantz Fanon


samedi 6 octobre 2012

ELO#121 - Angelica


Samedi 6 octobre 2012

Un petit ajout à ma chronique sur Chico Buarque...

Sous la dictature brésilienne, dans les années 1970, Chico Buarque fréquente plusieurs opposants politiques, dont Zuzu Angel, styliste et mère d'un étudiant, militant du MR-8, et "disparu" en 1971. Elle se bat sans relâche, au Brésil et dans le monde entier, pour que la dictature lui rende le corps et reconnaisse sa responsabilité dans l'assassinat (et la torture) de son fils Stuart. Fil à la patte des autorités brésiliennes, sa vie est aussi en danger et elle prévient son ami Chico Buarque en 1976 que si elle meurt d'un accident, les responsables seront à chercher du côté des assassins de son fils. C'est ce qui lui arrive une semaine plus tard dans un accident de voiture. Chico en tirera une chanson, Angelica, qui sortira en 1981, dans l'album Almanaque.

Cette chanson est aussi un hommage à toutes les mères d'enfants "disparus", et plus particulièrement en Amérique du Sud dans les années 1970 et 1980. Sur ce sujet, en 1983 on trouve également des chansons des Rolling Stones (Undercover of the Night), de Little Steven (Los Desaparecidos) et de l'argentin Charly Garcia (Dinosaurios), le panaméen Ruben Blades écrira Desapariciones en 1984 (repris en France par Sergent Garcia en 2001), U2 écrira Mothers of the Disappeared en 1987, et Sting They Dance Alone en 1988. Ce n'est qu'en 1998 que le gouvernement brésilien reconnaîtra la responsabilité de ses services secrets de l'époque dans l'"accident" de Zuzu Angel...
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Rare apparition de Bobby Womack en live à la télévision française, cette semaine avec entre autres Damon Albarn et Lana del Rey :
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3303-c-le-live-du-grand-journal.html?vid=737793
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3303-c-le-live-du-grand-journal.html?vid=737720
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3299-c-album-de-la-semaine.html?tab=2&vid=742239

Avant de rencontrer Damon Albarn et la musique électronique, Bobby Womack essayait encore de sortir un album de vraie soul en 2001 dont ce morceau inédit (qui date en fait de 1972) est issu: Left Handed Upside Down.
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Paul Kelly vient de mourir. C'est l'un de ces soulmen dont on ne comprend pas bien pourquoi il n'a connu qu'une gloire éphémère alors qu'il est à la hauteur des autres, comme en témoigne l'un de ses seuls succès, le gentiment anticlérical Stealing in The Name of The Lord, publié en 1970 et repris en 1985 par un groupe post-punk anglais, Yeah Yeah Noh... Pour en savoir plus, y a toujours le site de Sir Shambling...

Un nouveau DVD va sortir sur Ike et Tina Turner en 1971, au sommet de leur gloire, en voici la bande annonce :

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Une petite pensée anti-leu-cémite pour Siné, hospitalisé pour une leucémie soudaine, mais qui ne perd ni inspiration, ni volubilité, ni humour, ni ses amis:
http://www.sinemensuel.com/zone-de-sine/
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Revue de presse:

-On peut être anarchiste, athée militant... et islamophobe, comme Michel Onfray.
-On peut aussi être anarchiste, athée militant... et s'élever contre l'islamophobie.
-L'ordinaire de l'ordure policière franssaise
-A propos des arrestations au faciès du samedi 22 septembre au Trocadéro, Libé en parle avec juste une semaine de retard.
-Sous les yeux de la police qui n'a arrêté (dans le double sens du terme) personne, de bons français de 2012 ont ratonné des Roms et mis le feu à leurs logements.
-Le boycott de la Palestine à la télé fait maintenant l'objet d'articles dans le Nouvel Obs.
-"Le 6 octobre 2008, les trois grandes banques islandaises faisaient faillite, provoquant une grave crise dans ce petit pays. Mais à présent, l'économie va beaucoup mieux grâce à une méthode inverse de celle suivie dans la zone euro." Qui dit ça? Le Front de Gauche pour dénoncer la politique bêtement ultra libérale de François Hollande? Non, un journal de droite, La Tribune.

mercredi 26 septembre 2012

ELO#120 - Bettye Lavette


Mercredi 26 septembre 2012

Bettye Lavette, dont Siné est un grand fan, fête ses 50 ans de carrière, de la soul confidentielle, au blues et enfin au succès récent (2005). C'est donc un nouvel album qui sort, une tournée qui passe par la France, mais aussi une autobiographie où elle raconte sa vie... et ce n'est pas triste, au point qu'elle a demandé à sa petite fille de ne pas lire son autobiographie avant l'âge de 50 ans, et à son petit fils de ne jamais la lire!

Elle enregistre son premier disque à 16 ans, et c'est un succès, My Man, He's a Loving Man, malheureusement, suivi d'aucun autre, malgré d'innombrables tentatives dans des maisons de disques de plus en plus petites, de tournées de concerts, de changements de styles etc. Elle garde quand même quelques fans, dont Siné qui l'a connue en concert à New-York à cette époque là!

Ses malheurs la rendent plus crédible quand elle chante le blues et son morceau le plus connu (relativement) est sa version poignante de Let Me Down Easy (Largue moi en douceur...), ici en 1999.

Comme beaucoup d'autres, elle tombe enceinte, se marie et se prostitue très jeune, consomme des litres de cocaïne, de marijuana et d'alcool... Mais au contraire de beaucoup d'autres, elle ne fréquente jamais d'église et porte même un T-shirt sur lequel est écrit "Everybody has to believe in something. I believe I'll roll another joint" (Chacun doit croire en quelque chose. Je crois que je vais me rouler un autre joint). Une athée dans la soul aux USA? C'est assez rare pour être signalé...

Au passage, elle avoue avoir couché avec nombre d'hommes mariés: Otis Redding (soi disant fidèle...), Ben E. King, Ted White (alors mari d'Aretha Franklin), regrette de n'avoir jamais réussi à se taper Marvin Gaye, et raconte qu'on lui a même proposé de dépuceler Stevie Wonder... Elle défend Ike Turner contre un grand nombre d'allégations de Tina, et raconte la haine qu'elle et la plupart de ses collègues vouaient à Diana Ross!

Aujourd'hui, elle obtient enfin le succès en versant dans une musique pas très originale, mais avec une belle voix et de bons musiciens, en se spécialisant dans les reprises très personnelles d'un répertoire pop. Par exemple, cette magnifique version de la chanson de George Harrison, Isn't It A Pity?

Sacré bonne femme, qu'on pourra voir:
le 5 décembre à Paris, à l'Alhambra
le 7 décembre à Bordeaux, au Casino Théâtre Barrière
le 8 décembre à Conflans Sainte Honorine, au Théâtre Simone Signoret
le 9 décembre à Lille, à l’Hôtel Casino Barrière

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Mashrou' Leila, The Professor, Gorillaz Sound System et Qassem Al-Najar

Rendons hommage aux artistes qui ne vont PAS en Israël se faire de l'argent sur la souffrance des Palestiniens, qui comprennent la situation sur place et le pouvoir qu'ils ont entre leurs mains lorsqu'ils décident de s'y rendre ou de ne pas s'y rendre.

En particulier, rappelons le courage du groupe de rock libanais Mashrou' Leila qui a annulé sa participation au concert des Red Hot Chili Peppers à Beyrouth au début de ce mois, pour protester contre leur concert à Tel Aviv. Donnons tort à tous leurs détracteurs et réservons leur notre meilleur accueil le 3 octobre à la Cigale, à Paris.

Parmi les artistes qui s'intéressent au sort des Palestiniens, on trouve également The Professor, Harrisson Stafford, chanteur du groupe de reggae Groundation avec lequel il avait déjà composé le titre Hebron. Il revient maintenant d'un voyage en Cisjordanie et il publie un premier album solo, Madness, qui parle énormément de l'occupation israélienne, comme en témoigne le titre Intifada. Il sera:
le 2 octobre à Paris au Divan du Monde
le 4 octobre à Mâcon à la Cave à Musique
le 5 octobre à Pagney chez Paulette
le 6 octobre à Bagneux au Théâtre Victor Hugo
le 7 octobre à Bruxelles à l'Ancienne Belgique
le 9 octobre à Rillieux La Pape à la MJC O Totem
le 10 octobre à Ramonville au Bikini
le 11 octobre à Bordeaux à la Rock School Barbey
le 12 octobre à Alençon, à La Luciole


Enfin, le 23 novembre au Centquatre à Paris, le groupe Gorillaz Sound System viendra participer à un festival de musique électronique, le Télérama Dub Festival. Il avait annulé sa participation à un tel festival à Tel Aviv en juin 2010 pour protester contre l'attaque meurtrière de l'armée israélienne contre la Flottille de la Liberté pour Gaza.

A propos de Palestine, vous savez que le Printemps Arabe commence à s'y développer, c'est à dire des protestations des Palestiniens contre leurs gouvernants (l'Autorité Palestinienne), principalement sur des revendications sociales. Une chanson a même été écrite à l'occasion, Dabber Halak Ya Fayyad (Débrouille-toi Fayyad) par Qassem Al-Najar...
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Archie Shepp

Chaque année on retrouve Archie Shepp au Festival de Jazz de La Villette et je commençais à me lasser de voir ce saxophoniste, pourtant bien engagé politiquement, excellent dans tous les styles de jazz, des chants de coton au rap en passant par le be bop et le free jazz. Mais cette fois ci, la reprise de son chef d'oeuvre de 1972, l'album Attica Blues (en réponse aux 39 morts lors de l'émeute de la prison d'Attica après le meurtre du Black Panther George Jackson à San Quentin), me faisait craindre du "réchauffé"...

Et puis la disponibilité de son concert sur internet m'a poussé à le regarder encore une fois, et encore une claque. C'est génial, même a 75 ans, et avec Amina Claudine Myers, 70 ans, au piano. Toujours aussi politisé et plus funky que jamais, pendant plus de deux heures!

Interview sur Fip le 9 septembre 2012

Jazz à la Villette: Archie Shepp's Attica Blues Big Band le 9 septembre 2012

Setlist:
01) Quiet Dawn (Cal Massey, au chant: Marion Rampal)
02) Come Sunday (Duke Ellington, au chant: Cécile McLorin Salvant)
03) Blues For Brother George Jackson (Archie Shepp)
04) Steam (Archie Shepp, au chant: Cécile McLorin Salvant, à la trompette: Ambrose Akinmusire)
05) Arms (Amina Claudine Myers)
06) The Stars In Your Eyes (Archie Shepp, au chant: Marion Rampal)
07) The Cry of My People (Cal Massey, à la trompette: Ambrose Akinmusire)
08) Mama Too Tight (Archie Shepp)
09) Ballad for a Child (Archie Shepp, au chant: Amina Claudine Myers)
10) Goodbye Sweet Pops (Cal Massey)
11) U-Jaama (Archie Shepp)
12) Déjà Vu (Archie Shepp, au chant: Cécile McLorin Salvant)
13) Attica Blues (Archie Shepp)
14) Encore: Mama Too Tight (Archie Shepp)

Le texte de Jean Genet, dont Archie Shepp parle lors du concert:

Il est de plus en plus rare en Europe qu’un homme accepte d’être tué pour les idées qu’il défend. Les Noirs en Amérique le font chaque jour. Pour eux, « la liberté ou la mort » n’est pas un slogan de mirliton. En entrant dans le Black Panther Party, les noirs savent qu’ils seront tués ou qu’ils mourront en prison. Je vais parler d’un homme célèbre maintenant, George Jackson, mais si le tremblement provoqué en nous par sa mort n’a pas cessé, nous devons savoir que tous les jours de jeunes noirs anonymes sont abattus par la police ou par des blancs dans la rue, d’autres sont torturés dans les prisons américaines. Morts, ils survivront parmi nous – ce qui est peu – mais ils vivront parmi les peuples écrasés par le monde blanc, grâce à la voix retentissante de George Jackson.

Au contraire des Américains, partis victorieux au Vietnam faire la guerre par manque d’idées, qui en reviennent cassés, les noirs entrent dans la prison ou la mort, pour en resurgir vainqueurs. Des multiples tueries de noirs, de la prison de Soledad au massacre d’Attica, assassiné par des tueurs d’élite – d’élite ! -, George Jackson se relève, s’ébroue, maintenant illustre, c'est-à-dire lumineux et porteur d’une lumière si vive qu’elle le désigne et désigne tous les Américains noirs.

Qui était George Jackson ? Un noir de dix-huit ans emprisonné pendant onze ans pour complicité de vol de soixante-dix dollars. Ecrivain magnifique, un des plus grands écrivains noirs, auteur de lettres éparses qui rassemblées, donnent un livre révolutionnaire. Frère de Jonathan Jackson, qui à dix-sept ans, entra dans le prétoire de San Rafael, libéra trois noirs en se saisissant d’un otage ; le juge. Enfin, le martyr décidé, c’est-à-dire conscient, assassiné le 21 août dans la cour – ou dans la cellule – de la prison de San Quentin la veille de son jugement.
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Charlie Hebdo, suite

Alain Gresh vient de publier sa chronique sur l'affaire Charlie Hebdo. A croire qu'il a tout pompé sur ma chronique de la semaine dernière: il compare la liberté de caricaturer et la liberté de manifester, à géométrie variable, minimise l'effet si terrible de cette manifestation "non autorisée", la compare avec les manifestations contre la guerre au Viet Nam ou avec celles du FN, déplore l'abus du terme islamiste qui ne veut plus rien dire... Il franchit le point Godwin en fin d'article, ce qui n'était pas indispensable, mais c'est comme toujours une excellente chronique...

Il est difficile, je suis bien placé pour le savoir, de faire vivre un journal satirique hebdomadaire en France. On ne trouve pas facilement 40.000 personnes prêtes à débourser 2 Euros chaque semaine pour acheter un journal qui va les faire rire sur une base politique de gauche. C'est pour ça que Siné Hebdo a fermé, et c'est pour ça que Charlie Hebdo galère.

J'ai vu les fameuses caricatures de la semaine dernière dans Charlie Hebdo, et ce qui me frappe avec la quasi totalité d'entre elles (entre autres celles qui ont fait scandale), est qu'elles ne sont PAS directement anti musulmans, ni même des représentation "du prophète", puisqu'elles décrivent et se moquent de scènes du film islamophobe. On y voit donc dessiné l'acteur qui joue Mahomet, pas Mahomet lui même. L'objet de la moquerie, voire de la critique, est donc surtout le film, et à la rigueur on pourrait presque dire que les caricatures de Charlie Hebdo sont pro-musulmanes!

C'est là que ça devient intéressant, parce que Charlie Hebdo pourrait se défendre en disant ça, en disant "nous, on ne se moque pas des musulmans, mais du film". Mais s'ils faisaient ça, ils ne gagneraient pas autant de thunes en vendant 75.000 exemplaires en quelques heures, à 75.000 beaufs islamophobes qui n'achètent pas Charlie Hebdo en temps normal!

Pire que les dessins de Charlie Hebdo est donc la fange dans laquelle ils se vautrent pour survivre, en séduisant un lectorat abondant, donc beauf, raciste, de droite, voire d’extrême droite, mais qui les sauve de la faillite. Un lectorat probablement très éloigné non seulement de leur lectorat naturel, mais peut-être même de leurs propres idées, s'il leur en reste un peu...

Mais même chez ceux qui soutiennent l'islamophobie opportuniste de Charlie Hebdo, certains ont été choqués, samedi dernier place du Trocadéro, par le comportement des flics de Valls:
-Au Trocadéro, des arrestations au faciès au prétexte de la lutte contre l'islamisme - Valls, Guéant, même combat
-Vidéo du Parisien
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Archives

Textes disponibles dans l'excellent Manières de Voir sur l'Histoire des Gauches au Pouvoir, un peu ardu mais très instructif sur le nauffrage de la Gauche européenne dans ce que le Diplo appelle le Triangle des Bermudes des idées économiques néo-libérales, et dont François Hollande n'a pas l'air de vouloir sortir...

L'utopie réalisée de la Commune
Par Christophe Voilliot, Monde Diplomatique, décembre 2011

Léon Blum, décembre 1927, congrès extraordinaire de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO): « Il est vrai que, pour toutes sortes de raisons, des formes nouvelles du capitalisme sont apparues, et des formes qui prennent (...) un caractère de plus en plus dictatorial ; il est vrai que l'extrême concentration des entreprises industrielles, que l'introduction, corrélative à cette concentration, de nouvelles méthodes industrielles, que la création et le développement, par-dessus la concentration industrielle, de (...) la super-concentration bancaire, il est vrai que tout cela a donné au capitalisme nouveau une forme nouvelle, et que ce capitalisme impose maintenant sa dictature même aux Etats, mêmes aux institutions politique, et que nous le voyons commettre chaque jour de nouvelles usurpations de souveraineté. »

Discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, le 4 octobre 1984
Par Thomas Sankara

Comme le dit Ernesto "Che" Guevara: "le capitalisme est le génocide le plus respecté au monde"


Au lieu de s'exciter sur de pseudo atteintes à la liberté d'expression de Charlie Hebdo, à tous ceux qui nous ont enjoint de voter Hollande, et de voter plutôt que de s'abstenir, à tous ceux qui nous ont promis que la lutte ne s’arrêterait pas là, qu'on exigerait de Hollande qu'il applique le changement tant attendu, à tous ceux qui s'impatientent que des mesures soient prises, quelles excuses et quelles diversions allez-vous trouver pour ne pas venir dimanche prochain à la manifestation nationale qui va exiger que Hollande respecte sa promesse de campagne et se lance dans une autre façon de gérer la crise financière en Europe en ne signant PAS le traité d'austérité européenne?

Dimanche 30 septembre, 13h30, Nation - Place d'Italie (Paris):
Manifestation nationale, non à l'austérité permanente,
refusons le Pacte budgétaire, ouvrons le débat en Europe !

http://www.demosphere.eu/node/31603
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Autres musiques


Le dernier album live de Maceo Parker (des reprises de standard de soul) en écoute

Spike Lee sur Michael Jackson et sur Prince

Et Juan Rozoff, le Prince français, en interview barrée (avec cette blague: Comment on fait pour devenir millionnaire en faisant du Jazz ? Ben, il faut être milliardaire avant...)

mercredi 19 septembre 2012

ELO#119 - Encore un bateau pour Gaza


Mercredi 19 septembre 2012

Un bateau suédois, l'Estelle, est en route pour essayer, encore une fois, de briser le blocus illégal de Gaza, sans pour une fois (!) susciter le moindre intérêt dans la presse française alors qu'il va accoster dimanche prochain, le 23 septembre, à Ajaccio.

En Espagne un grand concert a été organisé ce week-end avec des groupes locaux, mais Manu Chao et Rabah Donquishoot se sont incrustés. Manu Chao a chanté trois chansons que voici, Clandestino, Rumba de Barcelona et La Vida Tómbola:




N'oublions pas, il y a 30 ans, le massacre de 2000 civils palestiniens dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila au Liban, raconté dans Le Monde par Sylvain Cypel.

Joli reportage dans le Monde aussi sur l'exposition actuelle de la palestinienne Larissa Sansour à Paris.

Un rappeur syro-américain, Omar Offendum, récite en arabe et en anglais le poème Sur Cette Terre du palestinien Mahmoud Darwich dont voici la traduction en français:

Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : l'hésitation d'avril, l'odeur du pain à l'aube, les opinions d'une femme sur les hommes, les écrits d'Eschyle, le commencement de l'amour, l'herbe sur une pierre, des mères debout sur un filet de flûte et la peur qu'inspire le soulèvement aux conquérants.
Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : la fin de septembre, une femme qui sort de la quarantaine, mûre de tous ses abricots, l'heure de soleil en prison, des nuages qui imitent une volée de créatures, les acclamations d'un peuple pour ceux qui montent, souriants vers leur mort et la peur qu'inspirent les chansons aux tyrans.
Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : sur cette terre, se tient la dame de la terre, mère des préludes et des épilogues. On l'appelait Palestine. On l'appelle désormais Palestine. Ma Dame, je mérite la vie, car tu es ma Dame.



Mais aujourd'hui, c'est plutôt la Syrie qui accapare nos colères et nos peines et, à propos de "la peur qu'inspirent les chansons aux tyrans", voici un beau clip de ce même rappeur, pour la résistance syrienne, avec des extraits d'une énorme manifestation à Hama le 22 juillet 2011 (quel courage de ce peuple pour qui manifester revient à mettre sa vie en danger pour une hypothétique liberté) et un hommage à Ibrahim Qashoush, chanteur protestataire assassiné par l'armée de Bachar el Assad:


Le rappeur irako-canadien The Narcicyst, quant à lui, rend hommage à sa ville, Montréal, pour ses manifestations étudiantes, mais pas seulement:


On a parlé du chanteur algérien Slimane Azem plusieurs fois ici. Un beau portrait est sorti dans Télérama cet été.
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Manifestation nationale

La gauche qui n'a plus aucune idée de gauche s'accroche à l'idée d'Europe comme à une bouée de sauvetage, sans se rendre compte que cette bouée est plombée par une idéologie ultra-capitaliste que seul un mouvement de masse pourra la convaincre de lâcher pour revenir à de vraies ambitions de justice sociale pour touTEs les européenNEs...

Dimanche 30 septembre, 13h30, Nation (Paris): Manifestation nationale, non à l'austérité permanente, refusons le Pacte budgétaire, ouvrons le débat en Europe !
http://www.demosphere.eu/node/31603

Voici par exemple une bonne idée qui montre, si besoin, la mansuétude des syndicats français qui n'exigent ni de décapiter Bernard Arnault, ni de lui prendre tout son argent pour qu'il devienne pauvre. Solidaires propose juste qu'on lui laisse UN milliard d'euros. Et qu'on lui prenne les VINGT autres qu'il a, sans compter qu'il doit avoir le triple planqué dans des paradis fiscaux. Sympa, non? Trop peut-être, mais c'est notre dernière offre...
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Jouets fascistes

Pour préparer les futurs adultes au fascisme dans lequel ils vivent, Playmobil fabrique scandaleusement des jouets "éducatifs" et complices de l'autorité étatique. A quand une version Playmobil du Taser ou des instruments de torture de la prison d'Abu Ghraib ou de celle de Guantanamo...


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Manifestation ou caricature?

Alors que selon RFI, "il n'y a eu aucun dégât matériel occasionné, aucun slogan ou geste réellement haineux relevé ou encore aucun affrontement sérieux signalé", alors que de nombreux pays tels que le Canada, autorisent les manifestations sans autorisation préalable, on assiste à un florilège d'exagérations, de stéréotypes racistes, de confusions volontairement entretenues entre manifestation politique anti-impérialiste et manifestation religieuse anti-démocratique, d'amalgames entre les musulmans et les quartiers, les révolutions arabes et les gouvernements qui en sont issus, la prière, le voile, l'intégrisme et la folie de Mohamed Merah et, enfin, avec la violence d'une organisation comme Al Qaida qui est en guerre ouverte avec les USA...

En ce sens, les éditorialistes révèlent enfin leur pensée profonde: loin des félicitations chaleureuses et admiratives envers les peuples qui se sont courageusement débarrassés de leurs dictateurs, ils se lâchent et avouent enfin qu'ils les haïssent (la "dictature des foules" comme dit l'humoriste Hillary Clinton!) comme ils les ont toujours haï, parce qu'ils sont arabes et musulmans, et ils aimaient leurs dictateurs, parce qu'ils les opprimaient...

Mais le pire est quand même Valls: "Je ne permettrai pas que des slogans hostiles à des pays alliés à nos valeurs puissent se faire entendre dans nos rues". Ah oui? Il n'est plus possible de dire "USA impérialiste?" ou "israel colonialiste?" alors il est temps de dire "France fasciste!".

Que Charlie Hebdo publie des caricatures de Mahomet, je n'y vois aucun inconvénient. Au pire je les trouve mauvais, surtout quand ils s'accompagnent, comme c'est souvent le cas, de préjugés racistes sur les arabes qui frappent leurs femmes etc. Bien sur, c'est opportuniste (ils viennent encore une fois d'épuiser leur stock), mais il en va en effet de la liberté d'expression.

Là où ça devient choquant c'est quand cette liberté d'expression est à géométrie variable puisque, le même jour, des associations musulmanes se voient interdire de manifester en France. La encore, je ne suis probablement pas d'accord avec leurs slogans, mais leur liberté d'expression doit être défendue autant que celle de Charlie Hebdo. Les fachos et les ultra cathos ont le droit de manifester, pourquoi pas les musulmans, fussent-ils "radicaux", du moment qu'ils préviennent les flics, qu'ils manifestent calmement (et encore, aussi peu calmement que les autres serait également acceptable), en gros qu'ils respectent la loi?

Et les arguments pour le leur interdire sont grotesques. "On ne peut pas manifester sur des conflits qui ne concernent pas la France": le film islamophobe ne concerne pas la France? Il n'y a pas de musulmans français? Et la guerre du Viet Nam en 1968, est-ce qu'elle concernait la France? Et la Palestine? Et les manifestations de soutien aux Américains le 11 septembre? "En France est garantie la liberté de caricature": et pas celle de manifester? Et pas celle de la "manifestation qui viserait à caricaturer"?

Des arguments parfaitement opposés sont utilisés pour défendre les caricatures et interdire les manifestations et c'est, encore une fois, ce "deux poids - deux mesures" qui est scandaleux et qui participe d'une islamophobie officielle.

Florilège islamophobe:

Manuel Valls: "Parmi les manifestants de la Concorde, il n'y avait pas que des jeunes, mais aussi des petits groupes agissant, que nous connaissons, dans nos quartiers, qui prônent un islamisme radical (...) N'oublions pas au mois de mars ce qui s'est passé à Toulouse, avec les tueries de Mohamed Merah commises au nom d'Al Qaïda. A travers internet, à travers des déplacements dans des pays comme l'Afghanistan ou le Pakistan, il y a des jeunes dans nos propres quartiers qui peuvent être touchés par cette idéologie de la haine. La menace est là (...) Je ne permettrai pas que des femmes voilées entièrement, que des prières de rue, que des slogans hostiles à des pays alliés, à nos valeurs, puissent se faire entendre dans nos rues. Je serai extrêmement ferme (...) Notre société a besoin d'apaisement. Regardons ce qui se passe dans le monde. A partir de ce film insignifiant, insupportable, caricatural, vulgaire, on en vient à tuer des gens, assassiner l'ambassadeur des Etats-Unis en Libye qui avait fait beaucoup pour la libération de ce pays".

Manuel Valls
encore: "La liberté d'expression c'est un droit fondamental, la liberté de caricature fait partie de ce droit fondamental (...) Aucune manifestation qui viserait à troubler l'ordre public, à attiser, provoquer, à caricaturer ne sera tolérée".

Jean-Marc Ayrault: "Une déclaration de manifestation a été déposée, cette déclaration sera suivie d'une interdiction (...) il n'y a pas de raison qu'on laisse venir dans notre pays des conflits qui ne concernent pas la France (...) Ceux que heurtent les caricatures de Mahomet publiées mercredi par Charlie Hebdo ont la possibilité de saisir les tribunaux, dans l'État de droit qu'est la France où est garantie la liberté de caricature."

Pierre Fréhel (Le Républicain lorrain): "Cette fois, ce n'est plus là-bas que ça se passe, c'est chez nous. La France se croyait-elle à l'abri d'un tel déchaînement de haine? Ne nous y trompons pas, pour l'islam radical l'ennemi n'a pas seulement le visage de l'Amérique. C'est tout l'Occident... parce qu'il est porteur de valeurs universelles et d'une modernité incompatibles avec les vieilles lunes du fondamentalisme. Les violentes manifestations de samedi à Paris ont constitué un choc pour l'opinion française. Mais également, semble-t-il, pour les responsables musulmans de France dépassés par les événements... Face à un tel défi -car c'est bien un défi phénoménal qui est lancé à nos démocraties tolérantes- les autorités publiques ne peuvent tergiverser à la recherche d'un quelconque compromis. Manuel Valls a eu les mots justes en qualifiant d'inacceptable la manifestation. Ce genre de démonstrations n'appelle aucune concession de la part de nos vieilles démocraties dont la fragilité repose précisément sur leur propension à croire aux vertus du dialogue."

Patrice Chabanet (Le Journal de la Haute-Marne): "La manifestation des islamistes devant l'ambassade des Etats-Unis à Paris est grave parce que la capitale d'un grand Etat laïc se voit voler une partie de son espace public pour une démonstration de force religieuse... inquiétante parce qu'elle constitue un symptôme de plus de ce fascisme intégriste qui s'infiltre dans les failles de notre système... il y a une continuité stratégique entre les manifestations qui ont eu lieu dans les pays du Sud de la Méditerranée et celle de Paris... les salafistes mettent tout en oeuvre pour vampiriser les révolutions arabes à leur profit. L'avènement de la démocratie leur est insupportable... Dans les deux cas, l'objectif est identique: affaiblir tout ce qui peut représenter la liberté de penser et pousser au primat de la religion sur la démocratie... Le gouvernement, comme l'aurait fait le précédent, a affiché sa très grande fermeté... L'interdiction de tout ce qui est salafiste sur notre territoire paraît donc s'imposer. Mais comment interdire des mouvements dont les racines plongent au Qatar et en Arabie saoudite? Trop d'intérêts sont en jeu..."

Dominique Garraud (La Charente Libre): "Qui oserait reprocher au ministre de l'Intérieur Manuels Valls d'avoir haussé le ton après la manifestation de quelques dizaines d'islamistes militants devant l'ambassade des États-Unis ?... Depuis la semaine dernière, les manifestations suscitées par le film "L'innocence des musulmans" sont devenues un test grandeur nature de la capacité des régimes issus des révolutions arabes à maîtriser les débordements d'un islamisme radical dont ils prétendent incarner la face respectable... Comme nombre de ses homologues occidentaux, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton veut encore croire que "les peuples d'Égypte, de Tunisie, de Libye, du Yémen n'ont pas troqué la tyrannie d'un dictateur pour la dictature des foules". Mais tous s'alarment chaque jour davantage des conséquences sociétales planétaires de la légitimation de l'islamisme radical sanctionnée par les urnes dans la foulée des révolutions arabes... C'est pourquoi la vigilance doit être absolue... et dans tous les lieux du "vivre ensemble" face aux surenchères des fondamentalistes de tous bords."
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Musique

Un groupe de stars de la soul (Otis Clay, Howard Grimes, les frères Teenie et Charles Hodges...) visite le Japon en 1983 et passe dans un bar où un groupe local joue leur musique. Du coup ils s'incrustent pour une superbe jam:


Un chouette duo dont la chanteuse est une ancêtre des rappeuses d'aujourd'hui. Il s'agit des obscurs Bobby & Deborreh Williams, dans The Pusher's Thang, probablement les années 1970 à la Nouvelle Orléans...

Diago Strong, star ivoirienne des années 80 chante en anglais yaourt la chanson Awana (I wanna...).