Le musicien de hip-hop et militant antifasciste Pavlos Fyssas (Killah P) est mort. Avant de juger trop sévèrement Georgios Roupakias, le fasciste du parti grec Aube Dorée qui vient de le poignarder à mort, peut-être faut-il s'assurer qu'il n'est pas moins bien "doté de capital scolaire, intellectuel et culturel" que sa victime, et que leur altercation meurtrière n'est pas simplement "une rencontre sociale qui s’est très mal terminée"? Qu'en pense l'ami Pierre Carles?
La semaine dernière, l'armée israélienne la plus morale du monde a lancé des grenades assourdissantes sur un groupe de diplomates qualifiés de provocateurs parce qu'ils accompagnaient des travailleurs humanitaires. Parmi eux, Marion Castaing, une diplomate française, a été extraite de son camion et jetée à terre sans ménagement...
C'est loin d'être la première fois: en 2000, le journaliste Jacques-Marie Bourget est touché par un tir volontaire de l'armée israélienne qui refusera toute enquête et toute coopération judiciaire avec la France. En janvier 2008, Alain Rémy, consul de France, est retenu 3h au check-point de Bethléem par l'armée israélienne. Les mêmes tracasseries sont subies par d'autres diplomates et par le bus scolaire consulaire, mais le record est atteint en juin, lorsque Catherine Hyver, consule adjointe, est retenue 17 heures (sans boire ni manger) à la frontière de Gaza, et fouillée contre les règles du droit international! En janvier 2009, les domiciles de l'agent consulaire français à Gaza, Majdi Chakkoura, et d'une professeure palestinienne du centre culturel français sont ravagés par l'armée israélienne, leurs affaires détruites (ou volées) et le drapeau français souillé d'excréments! Alain Rémy, qui est souvent bloqué par l'armée israélienne lors de ses déplacements en Palestine occupée, est arrêté six heures à la frontière de Gaza, par pure mesure de rétorsion. En juin, la directrice du centre culturel français de Naplouse est sortie de son véhicule portant des plaques diplomatiques, jetée à terre et rouée de coups par des militaires israéliens. Le lendemain c'est le directeur du centre culturel de Jérusalem qui est insulté par des policiers israéliens!
Aujourd'hui, des Palestiniens se retrouvent en rade après leurs vacances à Paris parce qu'israel ne les laisse pas rentrer chez eux!!! Un article et une pétition à signer.
Selon Manuel Valls, lesRoms "ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation avec les populations locales". Il va donc prochainement falloir réformer la constitution française (qu'on appellera plutôt la "Constitution Blanche") pour y définir quels est le mode de vie qui est autorisé. On sait déjà qu'il sera interdit de se couvrir la tête et d'habiter dans une caravane, qu'il est mal vu d'être chômeur ou pauvre et qu'il est préférable de porter une Rolex quand on a plus de 50 ans, mais on est impatient de connaître les autres préceptes, pour pouvoir s'y conformer au plus vite...
Akhenaton, du groupe IAM, a écrit son autobiographie, La face B, dont Thomas-Léopold Axelroud veut bien nous faire partager son excellente note de lecture.
Deux extraits:
Akhenaton a pris goût à la musique en étant très jeune grâce à son parrain. «J'ai surtout découvert la musique soul. Il écoutait beaucoup James Brown, Joe Tex, les Supremes... Le premier morceau de soul que j'ai entendu devait être du Solomon Burke; j'étais trop jeune pour me souvenir du titre de la chanson, mais je me revois tenant le disque dans la main, et je me rappelle la pochette orange avec son portrait. Je garde en revanche un souvenir précis de la chanson A change is gonna Come de Sam Cooke, sur l'histoire, dans le sud des États-Unis ségrégationniste, d'un gamin qui raconte son quotidien, le racisme, les humiliations, sans jamais perdre foi dans la vie et dans l'avenir de son pays. […] La soul possède cette particularité d'élever l'auditeur; même quand elle exprime une tristesse sans fond, elle tire vers le haut, et l'on en sort toujours grandi. […] Toutes ces chansons m'ont accompagné et inspiré le long de ma vie. Dès nos premiers enregistrements en 1986, j'ai intégré la musique soul dans les premiers morceaux d'IAM. Plus largement, la soul, grâce au rap et à l’émergence du sampling, a connu une seconde vie, près de dix ans après avoir été balayée par le disco»
Akhenaton fait également part de différentes rencontres et plus particulièrement celle avec James Brown. «Peu de temps après Madonna, nous avons assuré la première partie du "Godfather of Soul" à Marignane puis à Biarritz, alors qu'il sortait tout juste d'un séjour dans un pénitencier de Géorgie. Nous avons voyagé dans l'avion avec les JB's, les danseuses et les choristes... la classe! James, lui, avait son jet privé. Le soir, on squattait le bar avec ses musiciens jusqu'à 3h00 du matin. Un rêve éveillé: ouvrir pour James Brown, l'artiste que nous avions samplé dans quasiment tous nos morceaux. Ils nous avait grillé d'ailleurs. A la fin du premier concert, il alpagué Imhotep: "Dis-moi, tu m'as piqué tel rythme, tel riff de guitare..." Il aurait pu taper le scandale, mais non. Il avait déjà traîné en justice tous les rappeurs américains coupables d'avoir pillé ses classiques sans autorisation. Alors ça le faisait plutôt marrer de voir de petits Français lui emprunter ses rythmes et chanter en français dessus. Très cool, franchement, James, et d'une simplicité étonnante! Il nous avait invités dans sa loge, il avait débouché des bouteilles de champagne, nous avait félicités pour notre prestation et avait pris le temps de dédicacer tous les albums de Kheops. Il était avec sa femme et nous avait présentés en ces termes: "Tu vois, chérie, ce sont mes enfants" Et il s'est souvenu de nous. Sur l'album Saison V, nous voulions sampler un extrait de son classique Take Me Just As I Am pour notre morceau Tu le sais. Il nous a donné son accord sur son lit de mort, le 23 décembre 2006. Deux jours après, il disparaissait.»
--------------------------------- Vidéos
Suzanne, de Leonard Cohen, dans une version très originale de Meshell Ndegeocello:
Une demi heure de Irma Thomas en Suisse en 1996:
Un concert entier de Lee Fields d'une heure, cet été, dans un festival en Allemagne.
------------------------- Musique
La version originale de Storybook Children du couple "inter-racial" (à l'époque c'était exceptionnel!) Billy Vera et Judy Clay (1967) et la reprise d'un vieux groupe de reggae, The Pioneers (1972). La version originale de None of us are free de Ray Charles (1993) et la reprise de Solomon Burke (2002).
The Pioneers est aussi le groupe qui avait écrit Starvation en 1971,
repris en 1985 par un super groupe de rastas anglais réuni par UB40, au
profit de l'Ethiopie. Au verso du titre, on trouvait Tam Tam Pour l'Ethiopie,
un morceau écrit par Manu Dibango qui avait, lui aussi, rassemblé un
super groupe de musiciens africains de Paris pour cette même cause...
La soul nous parle de tout puisque voici Ollie Nightingale qui s'inquiète, en 1995, de savoir ce que sa femme fait le soir avec sa copine Louise... Et en 2012, toujours le même vieux groupe de reggae, The Pioneers, s'inquiète de la guerre sur Terre, et en particulier au Moyen-Orient...
Quatre émissions de Sébastian Danchin diffusées le mois dernier sur France Musique: La voix de l'Amérique noire
Loin de créer l’électrochoc antifasciste salutaire qu'on espérait, la mort de Clément Méric fut vite oubliée, ou alors évoquée le plus souvent pour chercher des excuses à son assassin. Quelle surprise de voir que même Pierre Carles, et même dans les colonnes de Siné Mensuel, ajoute ses doutes à ceux de RTL.
De nombreuses réactions à l'article de Pierre Carles ont heureusement été publiées, et je les ai postées ici, mais la polémique a malheureusement pris plus d'importance que la mort de notre camarade...
Et elle continue encore, et Siné Mensuel de septembre 2013 (disponible en kiosque) vient d'ouvrir ses colonnes aux réponses à Pierre Carles, que ce soit des amis de Clément, de Serge Quadruppani, de Jean-Jacques Rue, de Yannis Youlountas ou de... moi même!
Rappel des autres polémiques de l'été, qui continuent aussi:
Le 14 août dernier, nous publiions ici même une tribune pour dénoncer l'Israfrique, soit les efforts de séduction déployés par le gouvernement israélien auprès des Africains, espérant qu'il ne parviendrait pas à convaincre le chanteur malien Salif Keita de se rendre pour la première fois en Israël (1). Techniquement, le concert prévu le 23 août au musée de la Tour de David ne se déroulait d'ailleurs pas en Israël mais dans la partie palestinienne de Jérusalem, c'est-à-dire dans un territoire occupé qui n'est reconnu comme faisant partie d'Israël par aucun Etat au monde. La population palestinienne y est quotidiennement harcelée par les colons, la police et l'armée, et des quartiers entiers sont vidés de leurs habitants palestiniens au profit de l'installation de colons, pour une judaïsation de la ville. D'autre part, le racisme que nous dénoncions ne fait qu'augmenter puisque certaines écoles maternelles et certains hôpitaux israéliens sont maintenant interdits aux Noirs (2,3) et que des dizaines de milliers de migrants africains sont destinés à une expulsion prochaine (4).
Salif Keita a annulé son voyage, mais nous ne pouvons pas nous attribuer à nous seuls la paternité de ce succès. En effet, Salif Keita est un artiste engagé et nous savions qu'il serait sensible aux atteintes aux droits des Palestiniens, aux discriminations, aux démolitions de maisons, aux emprisonnements illégaux et aux assassinats. Nul doute que la rencontre de Salif Keita avec des vétérans de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, tels que Desmond Tutu et Farid Esack, fut tout aussi déterminante pour le convaincre de la justesse de sa décision (5). Il s'est en effet rendu à Johannesburg le 17 août pour un hommage à Nelson Mandela, et a pris sa décision le 22, de retour à Bamako.
Nul doute que la lettre ouverte publiée par Roger Waters le 20 août a également joué un rôle (6). En effet, l'ancien chanteur de Pink Floyd y appelle ses collègues musiciens au boycott culturel d'Israël jusqu'à ce que cet Etat se conforme à la loi internationale et aux principes universels des droits humains. Dans le milieu du rock, cette lettre fait suite au refus du groupe étasunien The Killers à se produire dans un concert auquel il avait été invité le mois dernier. Tous ces artistes ont été informés par la campagne internationale de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) de l'appel palestinien au boycott d'Israël, jusqu'à la fin de l'occupation et du blocus de Gaza, au démantèlement du Mur, à l'égalité des droits pour les citoyens palestiniens d'Israël et au retour des Palestiniens réfugiés dans le monde entier.
La lettre de Roger Waters fait également suite à un incident survenu le 8 août dernier, lors du concert de l'un des plus grands musiciens vivants de musique classique, le violoniste Nigel Kennedy. Invité, avec les cordistes du Conservatoire national palestinien vêtus de leurs keffiehs, à participer au cycle de concerts des Proms au Royal Albert Hall de Londres, il y a déclaré: «Nous savons tous, grâce à cette soirée musicale, que donner les mêmes droits à tous et se débarrasser de l'apartheid rend possible des choses formidables». Le concert a été retransmis à la BBC, mais ses rediffusions ont amputé cet extrait. Il est possible que la BBC tente de déprogrammer Nigel Kennedy, invité à la prochaine grande soirée Last Night of the Proms le 7 septembre prochain, pour éviter tout autre incident. A titre préventif, le violoniste a donc publié sa propre lettre ouverte, beaucoup plus explicite, où il dénonce l'apartheid sioniste, les mauvais traitements réservés aux Palestiniens, les détentions abusives de musiciens, les atteintes aux droits humains, etc. (7)
Bien que peu relatée dans la presse, et au-delà du cas emblématique de Salif Keita, cette coïncidence d'événements - à laquelle on peut ajouter les sept musiciens de jazz ayant annulé leur participation au festival de jazz d'Eilat le mois dernier (8) - incite à penser qu'une nouvelle ère débute dans les relations entres les artistes et l'Etat d'Israël. En effet, bien qu'individuelles, cette série de décisions prises par des artistes d'une diversité de styles musicaux impressionnante, fait l'effet d'une vague qui, d'une part, submerge les efforts de séduction du ministère israélien de la culture, mais qui fait également réfléchir les autres artistes du monde entier: de quel côté de la vague se placeront-ils?
-Un webdocumentaire: Broken Hopes
-Oslo, 20 ans après: il n'y a jamais eu de processus de paix (Julien Salingue)
-Israël, Palestine, la solution à deux Etats est caduque (Jeff Halper)
-Vingt ans après Oslo, regard rétrospectif (Michel Warchawski)
Pour que la Palestine intègre la Cour Pénale Internationale, il suffit que ses représentants officiels, c'est à dire le gouvernement de Mahmoud Abbas (reconnu, même s'il n'est pas légitime, le mandat pour lequel il a été élu étant terminé depuis longtemps...)... en fasse la demande! Mais apparemment c'est déjà trop attendre de lui, ça lui fait peur, alors on va le rassurer en étant nombreux à signer cette pétition lancée par Amnesty International.
A propos des rumeurs de désinformation concernant la Syrie, la presse française n'est pas très riche, mais on trouve quand même du monde qui évoque cette très haute probabilité:
-Article anglais, et cette vidéo du parlementaire britannique George Galloway où il déclare: "Bachar El Assad est peut-etre assez horrible pour gazer son peuple, mais il n'est sans doute pas assez fou pour le faire à Damas, le jour meme où les inspecteurs de l'ONU spécialisés en armes chimiques arrivent à Damas...
La preuve par 9: neuf pays soumis aux dictats du FMI, leur réactions
et les conséquences. La conclusion de Fakir en deux parties est facile à
tirer...
------------------------------- Musique
Une demi heure d'interview de Nile Rodgers, de Chic, sur RFI. Il y évoque son passé avec les Black Panthers.
Et voici une version très sympa du classique de Ben E. King, Stand By Me, par le chanteur Johnny Adams, en 1976 sur l'album éponyme.
Désolé pour la pause de la semaine dernière, tout à coup le boulot revient en masse, et m'empêchera probablement de vous écrire la semaine prochaine...
Depuis ma dernière chronique, et comme je l'espérais, Salif Keita a annulé son voyage en israel, mais la presse n'a que très peu relaté ces dernières victoires de la campagne de boycott culturel d'israel (Roger Waters, Nigel Kennedy, Salif Keita et d'autres).
Et sur le sujet, encore une exposition qui risque de faire scandale auprès des connards du CRIF:
Du 12 septembre au 2 octobre 2013 à l'Espace Central Dupon, 74 rue Joseph de Maistre, P18: Keep Your Eye On The Wall: Paysages Palestiniens, avec entre autres des photos de Kai Weidenhofer, celui dont l'expo avait été attaquée et temporairement fermée par les fachos de la LDJ, mais aussi de Taysir Batniji, Rula Halawani, Raeda Saadeh, Steve Sabella...
---------------------------- Humour arabe, glané dans la presse, et traduit par moi:
Egypte (sous Moubarak):
Quand Nasser est devenu président, il voulait une vice-président plus bête que lui-même, pour éviter un challenger, il a donc choisi Sadate. Quand Sadate est devenu président, il a choisi Moubarak pour la même raison. Moubarak n'a pas de vice-président, car il n'y a pas un Egyptien plus stupide que lui.
Quand Moubarak a consolidé sa puissance, qu'il a commencé à gagner les élections avec plus de 90 pour cent des voix, et à purger ses rivaux dans l'armée, il envoya ses conseillers politiques à Washington, pour aider à la campagne pour la réélection de Bill Clinton en 1996, après que le président américain ait déclaré admirer la popularité de Moubarak. Lorsque les résultats sont arrivés, c'est Moubarak qui était élu président des Etats-Unis.
Dieu convoque Azrael, l'archange de la mort, et lui dit: "Il est temps d'aller chercher Hosni Moubarak."
"Etes-vous sûr?" Azrael demande timidement.
Dieu insiste: "Oui, son heure est venue ; va et apporte moi son âme."
Alors Azrael descend du ciel et se dirige droit vers le palais présidentiel. Une fois là, il essaie d'entrer, mais il est capturé par la Sécurité d'Etat. Ils le jettent dans une cellule, le tabassent et le torturent. Après plusieurs mois, il est finalement libéré.
De retour au ciel, Dieu le voit tout meurtri et brisé et demande: "Qu'est-il arrivé?"
"La Sûreté de l'Etat m'a battu et torturé," dit Azrael à Dieu. "Ils viennent juste de me renvoyer."
Dieu pâlit et d'une voix effrayée dit: "Tu leur as dit que c'est moi qui t'ai envoyé?"
Dans une autre scène de lit de mort, Azrael revient à Moubarak et lui dit: "Vous devez dire au revoir au peuple égyptien." Moubarak demande: "Pourquoi, où vont-ils?"
Moubarak, sur son lit de mort, se lamente: "Que feront les Egyptiens sans moi?" Son conseiller tente de le réconforter: "Monsieur le Président, ne vous inquiétez pas, les Egyptiens sont un peuple résilient qui pourraient survivre en mangeant des pierres". Moubarak fait une pause pour réfléchir et dit à son conseiller: "Accorde à mon fils Alaa le monopole pour le commerce des pierres".
Hosni Moubarak, Barack Obama et Vladimir Poutine, lors d'une réunion, sont ensemble quand soudain, Dieu apparaît devant eux.
"Je suis venu pour vous dire que la fin du monde sera dans deux jours", dit Dieu. "Prévenez votre peuple."
Ainsi, chaque dirigeant remonte à sa capitale et prépare une allocution télévisée.
A Washington, M. Obama dit: "Mes chers compatriotes, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle est que je peux vous confirmer que Dieu existe. La mauvaise nouvelle est qu'il m'a dit que la fin du monde était dans deux jours".
A Moscou, M. Poutine dit: "Gens de Russie, je regrette de devoir vous informer de deux mauvaises nouvelles. Premièrement, Dieu existe, ce qui signifie que tout ce que notre pays a cru pendant la plupart du siècle dernier était faux. Deuxièmement, le monde se termine dans deux jours".
Au Caire, Moubarak dit: "O Egyptiens, je viens à vous aujourd'hui avec deux bonnes nouvelles! Tout d'abord, Dieu et moi venons de tenir un important sommet. Ensuite, il m'a dit que je serai votre président jusqu'à la fin des temps."
Syrie (pendant la guerre civile):
Deux Syriens font la mendicité dans la rue Hamra, à Beyrouth. Après un moment, ils se rencontrent et comparent leurs revenus. L'un d'eux a gagné beaucoup, l'autre presque rien. L'homme qui n'a pas beaucoup gagné demande: "Qu'est-ce que tu leur dis? Moi je dis toujours que je suis un pauvre syrien qui a dix enfants à nourrir...". L'autre homme répond: "Moi, je leur dis que je suis un Syrien pauvre aussi, et que je n'ai pas assez d'argent pour mon voyage de retour."
Un Américain, un Français et un Syrien arrivent en enfer. Le diable les accueille, leur montre un téléphone et leur donne l'occasion de parler à leurs familles. Tout d'abord, l'américain parle pendant un certain temps à ses proches. Après avoir fini, le diable exige de lui mille dollars pour l'appel. L'américain se plaint - mais en vain. Il doit payer. Le Français pense être plus sage, et parle à sa famille pendant seulement une minute. Mais le diable exige de lui mille euros. Le Français est furieux - mais il doit payer. En fin de compte, c'est au tour du Syrien. Il parle pendant longtemps parce qu'il doit saluer tous les membres de sa grande famille. Après sa conversation, le diable ne lui fait payer qu'une livre syrienne. L'Américain et le Français sont scandalisés et demandent au diable: "Pourquoi?". Il répond: "C'était un appel local."
Liban (pendant l'occupation syrienne):
Question: Pourquoi Emile Lahoud (le président libanais 1998-2007) utilise seulement du papier hygiénique à deux épaisseurs?
Réponse: Parce qu'il doit envoyer une copie de chaque document à Damas.
Moyen-Orient (en août 2013):
L'Iran soutient Assad. Les Etats du Golfe sont contre Assad.
Assad est contre les Frères musulmans. Les Frères musulmans et Obama sont contre le général Sisi. Mais les pays du Golfe sont pro-Sisi! Ce qui veut dire qu'ils sont contre les Frères musulmans.
L'Iran est pro-Hamas. Mais le Hamas est derrière les Frères musulmans.
Obama soutient les Frères musulmans, mais le Hamas est contre les Etats-Unis.
Les Etats du Golfe sont pro-US. Mais la Turquie est avec les Etats du Golfe contre Assad, pourtant la Turquie est pro-Frères musulman contre le général Sisi. Et le général Sisi est soutenu par les pays du Golfe!
Bienvenue au Moyen-Orient et passez une bonne journée.
Mr. Al-Sabah, London EC4, UK, Financial Times...
-----------------------
Rap arabe
Un texte d'Yves Gonzalez-Quijano (en anglais et en français)
qui tape sur les journalistes qui prennent leur désir pour des réalités
et prétendent qu'il n'y a eu QUE le rap comme musique révolutionnaire
dans les pays arabes.
----------------------- Célébrations
On célèbre les 50 ans du discours le plus célèbre de Martin Luther King et les 40 ans du coup d'Etat de Pinochet.
Alors plutôt que de vous ressortir "I Have a Dream", voici "Pourquoi nous ne pouvons pas attendre, lettre aux Blancs modérés à propos de la légitime impatience des Noirs, de la geôle de Birmingham, 1963"
Et pour le Chili:
-Jusqu'au 22 décembre, à la Fondation Cartier Bresson (2 impasse Lebouis, P14): exposition du photographe chilien Sergio Larraín
-Jusqu'au 12 novembre, à Science Po (27 rue St Guillaume, P7): exposition consacrée au Chili de la dictature
Et à la télé et en rediffusion sur internet:
-Le 3 septembre
à 23h50 sur Arte: CHILI, LE JUGE ET LE GÉNÉRAL, documentaire
d'Elizabeth Fansworth et Patricio Lanfranco, suivi de CHILI, OU LA
DICTATURE DE LA PRIVATISATION, documentaire de Diana Seiler
-Le 14 septembre à 15h20 sur France 3: VICTOR JARA, N° 2547, documentaire d'Elvira Díaz
-Le 27 septembre sur France 3: Y VOLVERÉ, un autre documentaire d'Elvira Díaz
------------------------- France
A tous ceux qui se demandent si la réforme proposée par les
"socialistes" n'est pas si mauvaise et si les arguments rabâchés par la
presse "libre" ne sont pas si faux que ça... un petit guide d'autodéfense en temps de réforme des retraites, par Attac France
Le site web de La-Bas Si J'y Suis évoque et répond à la polémique de cet été autour de Daniel Mermet.
------------------------------- Musique
Emission d'une heure, enregistrée en 2004 avec Boz Scaggs, issue de l'émission Piano Jazz, animée par Marian Mc Partland,
pianiste de jazz, qui interview ses invités intelligemment et joue
parfois un peu de piano avec eux, en direct à la radio. Cette même
Marian Mc Partland vient de mourir, à 95 ans! Elle faisait partie des 4
derniers survivants des 57 musiciens de jazz apparaissant sur la photo "A Great Day in Harlem" prise en 1958.
Prenez le train entre Paris et Perpignan, entre le 4 septembre et le 1er octobre, et soyez accompagnés par Juan Rozoff!
Crazay, duo de 1986 entre Jesse Johnson (à l'époque ami et concurrent de Prince) et Sly Stone.
James Brown en mars 1971 est passé par l'Olympia et son concert qu'on a longuement relaté ici (du temps de Siné Hebdo) a donné lieu à un superbe CD (Love, Power, Peace),
ainsi qu'à des images inédites fantastiques. Le mois suivant, il est
passé par Bologne et a été filmé par la télé italienne. Plus
modestement, il est aussi passé sur France Info pour confirmer une autre théorie développée dans Siné Hebdo...
Trois concerts de Al Green à la télé dans les années 1970:
Une heure et quart, Soul 1973:
Quarante minutes, Midnight Special 1974:
Trois quarts d'heure, Soul Train 1975:
Le Roi, une chanson de George Brassens (dont Hexagone, de Renaud, semble être une adaptation moderne), ici interprétée le 19 décembre 1979, avec Georges Moustaki et Maxime Le Forestier dans les choeurs, et avec Cavanna et Coluche dans la salle!:
Une heure et demi de Van Morrison à New-York en 1989, rejoint (à 1h16 et pour 10 minutes et deux morceaux seulement) par John Lee Hooker. Et un quart d'heure de plus avec ce duo dans une émission de télé:
Un quart d'heure d'hommage à Bobby Bland avec Otis Clay, Gerald Alston, Stevie J, Willie Clayton, Bobby Rush, Sweet Angel et Sheba Potts Wright, le mois dernier à Memphis:
L'invitation faite ce mois-ci à plusieurs artistes maliens, Salif Keita et le couple Amadou et Mariam, de se produire au Festival de musique sacrée de Jérusalem (du 20 au 23 aout) a fait couler beaucoup d'encre. Inévitablement, comme nous l'avions fait en début d'année avec Erik Truffaz ou Jacky Terrasson, ces artistes ont reçu des courriers émanant de la campagne internationale de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), les appelant à ne pas se produire dans un pays qui pratique l'apartheid, la colonisation et refuse le droit au retour de millions de réfugiés palestiniens (1). En attendant que ces musiciens prennent leur décision en conscience, nous nous posons également quelques questions.
En effet, ces invitations mettent en lumière la nouvelle politique de séduction que l'Etat israélien mène depuis peu, à l'attention de certaines communautés d'Afrique. La politique israélienne à l'égard de l'Afrique, ou Israfrique, tente d'abord de faire oublier sa longue collaboration avec l'Afrique du Sud du temps de l'apartheid. En dehors des discrets contrats de ventes d'armes et de matériel d'espionnage passés avec de nombreux gouvernements africains, elle s'est singularisée par son engagement dès 2007 aux côtés des rebelles au Darfour, et aujourd'hui avec le Sud Soudan et ses ressources pétrolières et minières, contre le régime de Khartoum. Pour ce faire, l'Etat israélien emprunte une rhétorique simpliste et trompeuse, opposant des "Africains" soutenus par Israël, contre des "Arabes" qu'on imagine proches des Palestiniens. Cette description volontairement raciste passe sous silence le fait que tous les protagonistes sont africains et noirs et qu'ils sont pour la plupart arabophones et musulmans.
Ces liens avec l'Afrique occultent la situation des Africains en Israël. D'abord, il faut rappeler que tous les citoyens ne bénéficient pas des mêmes droits et du même accès aux services publics, selon qu'ils sont juifs ou d'une autre religion, chrétiens ou musulmans. Une soixantaine de lois ont été identifiées comme clairement discriminatoires, et pas moins de 14 obstacles administratifs rendent plus difficile aux non juifs l'accès à l'université, pour ne prendre que cet exemple. Par ailleurs, les juifs d'origine éthiopienne y sont notoirement discriminés et un scandale récent vient de révéler que les femmes ont subi des campagnes de contraception forcée pendant de nombreuses années. Quant aux autres immigrés africains, non juifs, illégaux ou supposés tels, plusieurs douzaines d'entre eux ont récemment été blessés lors de pogroms racistes dans les rues de Tel Aviv. On a même entendu la députée Miri Regev qualifier l'immigration africaine de "cancer de la société israélienne". Le gouvernement israélien n'est pas en reste puisqu'il les qualifie d'"infiltrés", leur interdit d'envoyer de l'argent dans leurs pays, arrête hommes, femmes et enfants et les entasse dans le camp de Saharonim, près d'Eilat, avant de les expulser, parfois en accord avec leur pays d'origine et en échange de nouveaux contrats d'armement!
C'est dans ce contexte que la politique israélienne à l'égard de l'Afrique passe aussi par la musique. Plusieurs officiels israéliens l'ont reconnu, la politique culturelle israélienne est partie intégrante de sa stratégie politique internationale, et en particulier de ses efforts de propagande pour améliorer son image. Sans l'aide du gouvernement, comment un promoteur israélien pourrait-il inviter des musiciens africains, sachant qu'Israël est un petit marché et qu'il n'est pas sur la route des tournées habituelles? Ainsi, il n'est pas étonnant que des instances étatiques israéliennes, comme celle qui organise le Festival de musique sacrée de Jérusalem, cherchent à s'associer à un pays africain, le Mali en l'occurrence, qui fait la une des journaux pour une guerre présentée également comme un conflit entre "Africains" et "Arabes". Alors que des artistes maliens ne s'étaient que très rarement produits en Israël auparavant, depuis deux ans, les invitations pleuvent: Oumou Sangaré, Vieux Farka Touré, Amadou et Mariam, Fatoumata Diawara, Tinariwen, et maintenant Salif Keita.
Dans les années 1970, marquées par des décennies de lutte contre la colonisation, les artistes africains se rangeaient spontanément du côté des Palestiniens et auraient refusé de telles invitations. Aujourd'hui, pour des raisons contractuelles, il est plus difficile pour les artistes de mettre en avant la motivation politique de leurs annulations, et ils vont prétexter un conflit d'agenda, la fatigue ou la crainte pour leur sécurité personnelle. Malgré tout, de plus en plus d'artistes africains s'engagent publiquement dans des actions de boycott culturel de l'Etat d'Israël: la Malienne Oumou Sangaré, l'Egyptienne Natacha Atlas ou les Sud-africains Ladysmith Black Mambazo, Andy Kasrils ou Ewok, par exemple, mais aussi les Sud-africains du comité Artists Against Apartheid ou les Kenyans du Palestine Solidarity Committee, récemment engagés contre un festival du film israélien organisé à l'Alliance française de Nairobi (2). C'est en effet quand les Etats se mêlent de culture que les artistes, mais aussi les spectateurs, se rendent compte du rôle politique qu'ils jouent, et sinon qu'on leur fait jouer...
Par ailleurs, la Campagne BDS, en France et en Afrique du Sud, a également publié plusieurs communiqués, une page facebook et une pétition sur "l'affaire Salif Keita", avec ses revirements et sa difficulté d'assumer une décision:
Au lendemain de l'assassinat du jeune Trayvon Martin et de l'acquittement de son meurtrier Zimmerman, Stevie Wonder a déclaré, durant son concert, qu'il ne se produirait plus jamais dans l'État de Floride tant que ce dernier n'abrogera pas sa loi « Défendez Votre Territoire » (« Stand Your Ground Law »).
Il a, en fait, décidé d'un boycott, guidé par sa conscience. J'applaudis sa prise de position, et la soutiens totalement. Cela m'a rappelé ce que j'avais écrit dans une lettre que j'ai commencé à rédiger en février dernier, à laquelle j'ai déjà fait référence, mais que je n'ai jamais publiée.
Le moment est venu, alors la voici.
Ça fait longtemps que cette lettre mijote sur le feu de ma conscience. Voilà sept ans que j'ai rejoins le BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions), un mouvement non-violent qui s'oppose à l'occupation israélienne de la Cisjordanie, ainsi qu'aux violations de la loi internationale et des droit du peuple Palestinien commises par Israël.
L'objectif du BDS est de porter à l'attention du monde les politiques mises en place par Israël et, nous l'espérons, de pouvoir y mettre fin. Toute la population de cette région mérite mieux que la situation dans laquelle elle se trouve.
Pour faire court, Israël a été reconnu coupable par les organisations internationales des droits de l'homme, les officiels des Nations Unies et la Cour Internationale de Justice de sévères violations de la loi internationale.
Parmi ces violations, j'en nommerai deux :
1. Le crime d'apartheid :
L'oppression systématique d'un groupe ethnique par un autre.
Le 9 mars 2012, par exemple, le comité pour l'élimination de la discrimination raciale a appelé Israël à mettre un terme à ses politiques racistes et à abroger ses lois contrevenant à l'interdiction de la ségrégation raciale et de l'apartheid1.
2. Le crime de nettoyage ethnique:
Le déplacement forcé de populations indigènes de leurs terres dans le but d'y installer des occupants.
Par exemple, à Jérusalem Est, les familles non-juives sont régulièrement expulsées de manière violente de leurs maisons pour faire la place aux occupants juifs.
Il y a d'autres exemples.
Étant donnée l'incapacité, ou le manque de volonté, de nos gouvernements et du conseil de sécurité des Nations Unies à faire pression sur Israël afin que cessent de telles violations, et que les victimes soient indemnisées, il incombe à la société civile et aux citoyens de conscience du monde entier de prendre leurs responsabilités et d'agir.
Je vous écris maintenant, mes frères et mes soeurs de la famille du Rock and Roll, pour vous demander de vous joindre à moi, et aux milliers d'autres artistes du monde entier, pour déclarer un boycott culturel d'Israël afin d'exposer cette situation et de soutenir tous nos frères et soeurs palestiniens et israéliens qui se battent pour mettre fin à toutes formes d'oppression de la part d'Israël. Nos frères et soeurs qui veulent vivre en paix, qui veulent la justice, l'équité et la liberté.
Deux événements récents m'ont poussé à vous écrire à tous.
1. Stevie Wonder.
J'ai entendu dire que Stevie Wonder allait donner un concert pour la soirée de gala des Amis des Forces de Défense Israéliennes (Friends of The Israeli Defense Forces) à Los Angeles le 6 décembre 2012.
Pour récolter des fonds pour les forces armées israéliennes, comme si les 4 300 000 000 de dollars que les contribuables américains leur donnent chaque année ne suffisait pas ?
Et cela, juste après que les Forces de Défense Israéliennes aient achevé une nouvelle attaque sur Gaza (opération Pilier de Défense) que l'association Human Rights Watch a qualifiée de crime de guerre contre les 1.6 millions de Palestiniens assiégés là-bas.
J'ai écrit à Stevie, pour essayer de le convaincre d'annuler. Ma lettre disait à peu près ceci : « Aurais-tu pu jouer au bal des policiers de Johannesburg, la nuit suivant le massacre de Sharpeville en 1960 ou à Birmingham, Alabama, pour récolter de l'argent pour les officiers qui tabassaient à coups de matraque, aveuglaient au gaz lacrymogène et dispersaient au canon à eau, ces enfants qui essayaient de s'intégrer en 1963 ? »
L'archevêque Desmond Tutu a également adressé un appel passionné à Stevie, et 3000 autres ont inscrit leurs noms au bas d'une pétition de change.org.
Et Stevie, c'est tout à son honneur, a annulé sa prestation.
2. Plus tôt cette année, j'ai tenu un discours aux Nations Unies.
Si cela vous intéresse, vous pouvez le trouver sur youtube.
Il est remarquable qu'aucun de ces deux « événements » n'ait été mentionné, pas même une fois, dans les médias de masse aux États-Unis.
Il est clair que cette attitude des médias étasuniens reflète un désintéressement total envers le problème du peuple palestinien, et celui du peuple israélien.
Nous ne pouvons qu'espérer qu'ils finissent par s'y intéresser, comme ils ont fini par s'intéresser à la politique d'apartheid Sud Africaine.
À l'époque de l'apartheid en Afrique du sud, seul un petit groupe d'artistes a refusé d'y jouer dans un premier temps. Seuls quelques-uns pratiquaient le boycott culturel. Une goutte d'eau. Qui est devenue une rivière, qui est devenue un torrent, qui est devenu un ras-de-marée.
(Vous souvenez-vous de Steve van Zandt, Bruce et tous les autres ? « Nous ne jouerons pas à Sun City ! »)
Pourquoi ? Parce que comme les Nations Unies et la Cour Internationale de Justice, ils avaient compris que l'apartheid était mauvais.
Puis la communauté sportive a rejoint la lutte. Aucune équipe n'allait jouer au rugby ou au cricket en Afrique du Sud. Et la communauté politique a fini par se joindre à nous. Ensemble, dans un mouvement global, nous, musiciens, sportifs, politiques avons élevé nos voix comme une seule, et le régime d'apartheid Sud Africain est tombé.
Nous atteignons peut-être le point de basculement en ce qui concerne Israël et la Palestine. Ces deux peuples sont bons, et ils méritent une solution juste à leur problème. Chacun d'entre eux mérite la liberté, la justice, l'égalité des droits.
Dernièrement, le Congrès National Africain (ANC), le parti qui est à la tête de l'Afrique du Sud, a affirmé son soutien au BDS.
Nous y sommes presque. Je vous prie de nous rejoindre, moi et tous nos frères et soeurs de la société civile, pour clamer notre refus de l'apartheid en Israël et en Palestine occupée. Engageons-nous à ne pas nous produire en Israël, à n'accepter aucune récompense, aucune subvention provenant d'institutions liées au gouvernement d'Israël, jusqu'à ce qu'Israël se conforme à la loi internationale et aux principes universels des droits de l'Homme.
----------------------------------------
Pour ceux qui ne le connaissent pas, Nigel Kennedy est un virtuose anglais du violon classique, extrêmement populaire partout dans le monde, connu aussi pour ne pas respecter le cérémonial classique, et venir habillé en punk lors de concerts où il est premier violon...
Le 8 août, il a été invité à donner un concert au Royal Albert Hall de Londres, avec le conservatoire national palestinien Edward Said. Entre deux morceaux, il a précisé: "c'est peut-être un peu facile à dire, mais nous savons tous par l'expérience de cette soirée de musique que de donner l'égalité à tous et de se débarrasser de l'apartheid donne une chance magnifique pour que des choses formidables se produisent". Le concert a été retransmis à la BBC, mais les rediffusions ont amputé cet extrait...
Il a donc publié la déclaration officielle ci-dessous...
Déclaration officielle au nom de Nigel Kennedy, contre sa censure par la BBC
Nigel Kennedy estime incroyable, et assez effrayant, qu'au XXIe siècle, il y ait toujours un tel problème insurmontable pour dire les choses comme elles sont. Il pense qu'une fois que nous aurons réussi à faire face aux problèmes pour ce qu'ils sont réellement, nous aurons enfin une chance de trouver les solutions à des problèmes comme les droits humains, les droits à légalité et même, peut-être, la liberté d'expression. Sa première réaction à la censure par la BBC et à son manque impérial d'impartialité a été de refuser de jouer pour un employeur qui est influencé par des forces extérieures si contestables.
Mr Kennedy a toutefois rappelé que son principal objectif est de donner au public la meilleure musique qu'il peut produire. Retirer ses services ce serait comme si un chauffeur de taxi refusait de conduire ses clients parce qu'ils seraient politiquement incorrects. Par conséquent, il ne retire pas les services qu'il doit au public, mais il s'attend à moitié à être remplacé par quelqu'un jugé plus conforme en vertu de son opportunisme débordant et de ses ambitions professionnelles.
Cependant, Mr Kennedy est heureux que, en le censurant, la BBC ait créé une si immense plate-forme pour débattre de sa propre impartialité, de son respect (ou non-respect) de la liberté d'expression et pour débattre du lamentable apartheid imposé au peuple palestinien par le gouvernement israélien soutenu par tant de gouvernements du monde extérieur.
Pour Mr Kennedy, sa très petite déclaration durant son concert était purement descriptive, et en aucune façon politique.
----------------------------- Jazz
Ce mois ci, les musiciens de jazz Chris "Daddy" Dave, Pino Palladino, Kebbi Williams, Isaiah Sharkey, Matt Schofield, Jonny Henderson et Kevin Hayes ont annulé leur participation au festival de jazz d'Eilat! http://tinyurl.com/k7rg3dz
----------------------------- Palestine / France
La campagne BDS France a pu se réjouir quelques jours de la relaxe de 3 de ses militants de Perpignan dont les actions de boycott n'ont PAS été jugées comme incitant à une quelconque haine raciale... Néanmoins, comme le veut la circulaire Alliot-Marie, le procureur a fait appel...
------------------------------ La Gauche française
Après la polémique autour de Daniel Mermet, puis celle autour de Clément Méric, voici celle autour d'Agone. Moins détaillée, il est plus difficile de prendre parti, mais la gauche, comme toujours, se déchire:
Un vieux blues redécouvert par la génération folk, au premier rang desquels Dave Van Ronk (qui a tout appris à Bob Dylan) en 1967, une version reggae-dub par Dillinger en 1976, et un retour à une version blues dépouillée, par Keith Richards en 1994. Ce n'est pas le country de Roy Hogsed et Johnny Cash, ni le blues de J.J. Cale et Eric Clapton, mais c'est un thème qui inspire apparemment...
------------------------------ Vidéos
Trios sans guitare: Morphine, basse, batterie et saxophone baryton, dans les années 1990:
Elyas Khan, basse, batterie et des cloches, en 2013:
Un peu plus d'1h avec Bettye Lavette, soul bluesy le mois dernier au North Sea Festival de Rotterdam.
Au même endroit, 1h15 de blues avec Mud Morganfield, le fils de Muddy Waters, qui imite bien feu son père.
40 minutes d'un concert inédit de Bobby Bland, le 8 octobre 1975 au Boarding House de San Francisco, avec Wayne Bennett à la guitare.
Je n'ai pas encore écouté ce Dictionnaire du Rock'n'Roll, 26 émissions de radio consacrées au racines du rock, avec rythm and blues, boogie woogie, bebop, rock n'roll, old school, mais ça a l'air sympa...